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Il y a 94 ans nésssait cet intellectuel libre

Relire Fanon, une urgence

21 juillet 2019 | 22:42
M’hamed Khodja

Qui se souvient de Frantz Fanon ? Le psychiatre martiniquais qui a épousé la cause algérienne est né le 20 juillet 1925. Il y a 94 ans donc que le médecin, journaliste, diplomate et penseur a vu le jour à Fort-de-France en Martinique. Très tôt, le jeune étudiant prend conscience de sa condition de « nègre ». Cette « négritude », non pas comme l’a théorisé Léopold Sedar Sanghor et Aimé Césaire, mais comme miroir du « blanc », du « colon », bref de « l’occidental », maitre du monde, est une clé que Fanon utilise pour démonter les « clichés » de la pensée dominante, jadis colonialiste, aujourd’hui néocolonialiste.
C’est ainsi que tout légitimement, l’œuvre de Frantz Fanon ai inspiré de nombreux intellectuels, penseurs et révolutionnaires à l’instar de l’écrivain afro-américain Toni Morrison, du palestinien Edward Saïd, ou même le bissau-guinéen Amilcar Cabral et l’argentin Ernesto Che Guevara. Le legs fanonien est immense : la déconstruction de la psychologie du racisme, de la condition du colonisé, de sa violence pour contrer celle du colonisateur, du rôle de la paysannerie dans le processus révolutionnaire, le rôle des intellectuels, la bourgeoisie nationale et la domination impérialiste. Cette liste de concepts est la matrice à laquelle ont puisé de nouvelles disciplines post-modernes à l’instar des Cultural Studies et des Post-Colonial Studies, nées dans le champ académique et intellectuel anglo-saxon. 
Et l’Algérie ? Pour Fanon, l’expérience révolutionnaire algérienne a été un déclic qui lui a permis de décoder de nombreuses pratiques du colonialisme dans l’asservissement psychique, social, politique et culturel des peuples. Aussi, son passage à l’hôpital psychiatrique de Blida a été déterminant pour rompre avec le système intellectuel « colonial ». Cette rupture doublée d’une expérience journalistique à El-Moudjahid, sur insistance d’Abane Ramdane, nous a légué de nombreux articles et écrits dans Résistance Algérienne puis El-Moudjahid. Après l’assassinat D’Abane, il est envoyé à Accra dans le Ghana de N’Krumah, anticolonialiste et anti-impérialiste comme ambassadeur du GPRA en 1960, un an après sa participation à la conférence panafricaine d’Accra.
Atteint d’une leucémie, Omar Ibrahim Frantz Fanon décède dans un hôpital américain près de Washington le 06 décembre 1961, à l’âge de 36 ans. Occulté en France, oublié en Algérie, c’est à travers du monde anglo-saxon que Fanon revient. Un deuxième « moment » qui coïncide avec la vague du Printemps arabe depuis 2011 et le Harak algérien à partir du 22 février 2019. Cette révolte contre les bourgeoisies nationales connectées à l’impérialisme financier international, contre les gouvernants qui ont paupérisé leurs peuples interpelle à nouveau l’œuvre de Fanon. Saurions-nous la relire ? 
M’hamed Khodja

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