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Ramadhan 2018


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Ramadhan à Annaba... La douleur des prix

21 mai 2018 | 22:00
Algérie Ramadhan D’Annaba, Nabil Chaoui


Au cinquième jour du ramadhan, la hausse des prix a touché l’ensemble des produits de consommation à Annaba.
Ces prix font peur aux consommateurs qui, sachant pertinemment que cette situation est traditionnelle et spécifique au mois de ramadhan, finissent par acheter, même peu.
Les gens restent perplexes face à cette frénésie des prix, qui contredisent les représentants de l’ANCA (Association nationale des commerçants et artisans).
Plusieurs produits de consommation, les légumes et fruits abordables avant le Ramadhan à un citoyen de salaire moyen sont intouchables en cette première semaine de Ramadhan. Les carottes qui étaient à 70 dinars s’affichent à 120 chez certains marchands, les courgettes, salades aussi dont les prix sont variables à 100 et 120 dinars.
Lors de notre pérégrination au sein des marchés de la ville d’Annaba, nous avons constaté que les prix vident les poches des consommateurs et n’obéissent à aucune règle commerciale. Lorsqu’un citoyen essaie de comprendre le pourquoi de ces augmentations, les marchands de légumes et fruits inventent souvent des arguments qui ne tiennent pas la route : « Les marchands de gros ont procédé à une hausse, nous ne faisons que suivre la chaîne », expliquent les marchands sans convaincre. Au marché couvert du centre-ville d’Annaba, les prix affichés des fruits et légumes, bien que certains soient des produits de saison, donnent le tournis au citoyen à faible revenu. Cédée, il y a quelques jours, entre 80 et 70 dinars le kilo, la tomate a atteint hier 160 dinars le kilo. Le même prix pour une tomate de piètre qualité. L’oignon vendu entre 40 et 50 DA passe à 80 dinars le kilo au premier jour du ramadhan. Les poivrons s’affichent sous les yeux des contrôleurs entre 150 dinars et 180 dinars. Les haricots verts vendus entre 150 et 180 dinars.
La pomme de terre ne prend pas des ailes ; elle est entre 60 et 70 dinars. Pour ce qui concerne les dattes, elles sont tout simplement hors de portée puisque cédées à 1 300 dinars, une augmentation de 400 dinars sur un seul kilo comparativement à la dernière année. « C’est insensé, dira une ménagère, où sont passés les contrôles promis par le ministre du Commerce (…) c’est scandaleux qu’on laisse ces commerçants vendre leurs produits à des prix exorbitants échappant à toute raison humaine » Les fruits sont intouchables au chef-lieu de wilaya et dans de nombreuses localités : la pomme s’est stabilisée à 600 dinars, la banane 380 dinars, les raisins d’importation 1 200 dinars. Le kilogramme de poulet est cédé à 400 DA et celui de la viande d’agneau a grimpé à 1 600 DA.
Selon des sources administratives locales, les contrôleurs et les inspecteurs de la DCP sont ligotés du fait que les commerçants sont protégés par la réglementation du marché libre de l’offre et de la demande. 
L’action des contrôleurs se limite à un regard sur les défauts d’étiquetage, date de péremption, etc. Des gens nous ont déclaré deux jours avant ramadan : « Le citoyen algérien s’est habitué à ce rythme des prix pendant ce mois. » Un autre ajoute : « Au niveau des divers étals, ce n’est pas le client qui est roi mais les marchands qui font la loi ». Enfin une dame conclut : « Les prix changent selon l’humeur des mandataires à défaut d’une politique et d’une culture de la vente, et nos marchands de légumes et de fruits profitent de ce vide ! ».
Et s’interroge aussi : où sont passées les associations de protection des consommateurs ?

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