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Rabat n’a pas sollicité Alger pour un retour à l’UA

20 juillet 2016 | 19:44
Hocine Adryen

Le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel a indiqué hier, sur les ondes de la radio nationale, que la visite récente à Alger de l’envoyé spécial du roi du Maroc, Mohamed VI, « portait sur les relations bilatérales et la situation dans la région, et non sur une demande du Maroc du soutien de l’Algérie pour son adhésion à l’Union Africaine (UA) ».

Dans le même temps, le ministre a vivement répliqué aux allégation du roi du Maroc et à ses relais diplomatiques et médiatiques, principalement français, qui tentent de faire accréditer la thèse selon laquelle le Maroc compte revenir par la grande porte, tout en exigeant l’exclusion de la RASD. Messahel a levé le voile sur la question de la demande de retour du Maroc au sein de l’UA.

Il a souligné que l’adhésion du Maroc à l’UA « ne peut être conditionnée qu’en respect de l’article 29 de l’acte constitutif de l’Organisation africaine. Dans cet article, un pays qui veut adhérer à l’UA doit présenter une demande qui doit être notifiée au président de la Commission de l’UA, lequel la distribue à tous les Etats membres », a-t-il ajouté.

« Si cette demande reçoit l’accord de 28 pays (majorité simple), ce pays est admis, mais sans conditions », a-t-il poursuivi.L’UA a ses critères. Il y a adhésion d’un Etat. Il n’y a pas retour » a-t-il dit. « Vous voulez rentrer, vous rentrez, mais sans conditions. Il n’y pas de conditions ni de gel ni de retrait ni de suspension.

La suspension ne se fait que dans un seul cas, c’est lorsqu’il y a changement anticonstitutionnel dans un pays » a-t-il encore précisé, mettant ainsi fin aux spéculations des diplomates marocains qui tentent désespérément de convaincre certains Etats. Que dit le droit international ? Quand un pays subit un changement forcé, coup d’Etat ou autre, ce même pays est suspendu pour cause de violation d’ordre institutionnel. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui de la RASD.

Selon les explications avancées par la diplomatie marocaine à certaines délégations africaines, il suffit juste de rédiger une motion permettant d’obtenir la majorité des deux tiers, pour espérer suspendre les activités de la RASD ainsi que son adhésion à l’UA. Or, cette règle n’existe pas dans les statuts de l’UA et Messahel l’a bien expliqué. En effet, l’acte constitutif de l’UA comprend un vide qui ne permet pas à ses membres de suspendre directement un autre membre.

Le ministre marocain délégué au ministère des Affaires étrangères Bourita se trompe en avançant l’idée que « la suspension est prévue ». Pour lui, il est important de garder à l’esprit que la liste des 28 pays qui ont signé la motion demandant l’exclusion de la RASD « est loin d’être représentative. 

Selon lui cetteliste « n’est pas une liste fermée, ni exhaustive. Il s’agit d’un bloc beaucoup plus large », a-t-il précisé. Il faut s’attendre donc à une autre offensive diplomatique du Maroc à l’approche du sommet de janvier 2017, qui aura lieu à Addis-Abeba en Ethiopie.

Le prochain sommet devra acter l’élection du nouveau président de la commission de l’UA ou le Sénégal proche des thèses du Maroc veut placer leur compatriote Abdoulaye Bathily, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique centrale, comme alternative possible.

Les autorités marocaines souhaitent éviter que Mme Zuma soit remplacée par quelqu’un proche des thèses d’Alger. L’Algérien Smaïl Chergui, désigné en 2013 à la tête du Conseil de la paix et la sécurité (CPS) de l’UA, est mal passé du côté de Rabat.

Sous son impulsion, l’organe qu’il préside votait, le 27 mars 2015, une résolution recommandant le « boycottage des produits des compagnies impliquées dans l’exploitation illégale des ressources naturelles au Sahara occidental ».

Cette résolution a sonné le glas de la politique de la chaise vide.Par ailleurs, Abdelkader Messahel a annoncé la tenue à Alger, du 4 au 6 décembre 2016, d’un forum économique africain. Pour lui, « l’Algérie qui y est très présente politiquement, doit aussi l’être économiquement ».

Comme il a souligné que deux conditions majeures sont déjà réunies pour booster les échanges interafricains, qui ne dépassent actuellement pas les 4%, à savoir le parachèvement de la route transsaharienne et la volonté des opérateurs algériens (publics et privés) d’exporter leurs produits et investir en Afrique.

 Et sur le premier aspect, le ministre a précisé que l’Algérie sera reliée à l’Afrique de l’Ouest d’ici fin 2017.S’agissant de la deuxième idée débattue au plan économique lors de ce sommet, c’est cette zone africaine de libre échange qui devrait se mettre en place dès 2017.

Mais cette rencontre, la première du genre, embarrasse fortement le Maroc qui n’y sera pas associé, dit-on dans les milieux diplomatiques.

Le Maroc y voit un nouveau coup d’Alger pour saborder son entreprise de charme pour préparer son retour au sein de l’UA, exclure la RASD et jouer un rôle moteur dans les décisions futures de l’UA, trente-deux ans après en avoir claqué la porte. La diplomatie algérienne, très vigilante sur cette question, n’a pas encore dévoilé ses cartes maitresses. Elle le fera lors de cette rencontre avec les grands patrons économiques africains.

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