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Sahara Occidental : Rabat au pied du mur

28 avril 2018 | 23:02


C’est grâce aux pressions américaines que la question sahraouie pourrait prendre un autre cap dans les mois prochains. Washington a pesé de tout son poids pour faire changer la donne en proposant un mandat de six mois à la mission de la Minurso.


C’est une indication de taille qui va obliger Rabat à réviser complètement sa position basée sur l’entêtement et le soutien de ses alliés français. C’est ainsi que le Conseil de sécurité s’est fixé rendez-vous en octobre prochain pour évaluer l’avancée du processus de paix au Sahara occidental occupé, mettant le cap sur une nouvelle démarche visant à ramener les parties en conflit à la table des négociations dans un délai de six mois.


Les Etats-Unis, agacés par le blocage persistant du processus de paix, ont déclaré ce vendredi, à l’issue du vote prorogeant le mandat de la Minurso, qu’ils s’attendaient à une reprise des pourparlers au cours des six prochains mois.


Amy Tachco, la coordinatrice politique auprès de la mission américaine à l’ONU, a précisé que son pays a adopté cette année une approche différente en ramenant la durée du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) à six mois au lieu d’une année.


"Notre objectif est d’envoyer deux messages : Le premier est qu’il ne peut plus y avoir de statu quo concernant la Minurso et le Sahara occidental.


Le deuxième est qu’il est maintenant temps d’apporter notre appui, notre plein appui à l’envoyé personnel Kohler dans ses efforts pour faciliter les négociations avec les parties en conflit", a-t-elle précisé.


"Les Etats-Unis soulignent la nécessité d’avancer vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantit l’autodétermination du peuple du Sahara occidental", a ajouté la diplomate américaine, affirmant qu’"il "était temps de voir des progrès vers une solution politique après 27 ans de statu quo".


La représentante américaine a relevé que la Minurso est une mission de maintien de la paix (chargée d’organiser le référendum d’autodétermination) qui aurait dû finir son travail il y a longtemps. "C’est une mission qui a commencé il y a 27 ans presque jour pour jour", a-t-elle rappelé.


Pour autant, elle a estimé que la responsabilité incombait au Conseil de sécurité qui a laissé "le Sahara occidental devenir un exemple typique de conflit gelé ".


"Avec le renouvellement d’aujourd’hui, le Conseil de sécurité a fait un pas en avant pour mettre fin à ce cycle. La prochaine étape sera pour nous de soutenir l’envoyé personnel (du SG de l’Onu), M. Kohler, et de voir enfin la reprise de discussions réelles et substantielles", a-t-elle dit.


Amy Tachco a prévenu que le Conseil de sécurité serait appelé en octobre prochain à "examiner attentivement son travail et ses


responsabilités si cet objectif n’est pas atteint".


La nouvelle démarche met directement le Maroc devant ses responsabilités. Ayant entravé le travail de deux émissaires onusien, le Maroc s’attèle à chercher des prétextes pour ne pas retourner à la table des négociations.


La France, seul soutien du Maroc au Conseil de sécurité parmi les membres permanents, a indiqué que "ce renouvellement pour six mois, qui vise à maintenir la mobilisation du Conseil en appui au processus politique, doit rester une exception".


 


Des débats du Conseil de sécurité il s’est dégagé un consensus important sur la nécessité d’accélérer le règlement du conflit et de soutenir l’émissaire Horst Kohler à cet effet.

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