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Qui est « Gucci », le violeur en série ?

4 avril 2017 | 21:36
Sofiane Abi

Une nouvelle perquisition du domicile du plus grand violeur en série du pays, le surnommé Gucci âgé de 27 ans, a été menée ces derniers jours par les policiers dans un quartier d’Ouled Fayet. 

Des membres de la famille du présumé violeur en série ont été conduits au poste de police, dont le frère cadet, pour y être entendus par les enquêteurs. L’affaire des 165 filles violées est loin d’être close. En fait, elle vient tout juste de commencer.

A bord de son luxueux véhicule JTDI de couleur blanche, « Gucci », comme le surnomment ses amis et voisins du quartier AADL d’Ouled Fayet, fait l’objet d’une vaste enquête de la DGSN et d’une large condamnation de la société civile.

Le présumé violeur en série était recherché depuis un an et demi suite à un mandat d’arrêt lancé à son encontre par le tribunal de Chéraga, apprend-on auprès d’une source judiciaire.

Le Jeune Indépendant était hier au cœur du quartier du plus grand violeur en série qu’a connu le pays.

Ayant perdu ses parents il y a quelques années, Gucci se faisait passer pour un chauffeur de taxi clandestin, à bord de sa voiture haut de gamme de marque JTDI, et ce à des fins purement sexuelles et financières. Il a vécu durant des années avec ses petits frères et sa tante à Ouled Fayet. « Il était très respectueux dans le quartier.

Certes, il faisait parfois des actions stupides, toutefois, c’était une personne respectée par tous avant qu’on apprenne la triste et surprenante nouvelle », confie Mohamed, un jeune voisin de Gucci. Mais pourquoi le surnom de Gucci ? « C’est un jeune homme qui prend beaucoup soin de lui.

En plus de sa belle voiture, Gucci était toujours bien habillé, avec des parfums de marque et des tenues classe. C’est peut-être la raison pour laquelle beaucoup de jeunes filles sont tombées sous son charme avant d’être victimes de sa stratégie diabolique », ajoute Rafik, un autre voisin.

Un mode opératoire diabolique

Comment Gucci a-t-il pu faire autant de victimes ? La stratégie était simple. Il commençait d’abord par gagner la confiance des jeunes filles, dont la plupart sont des étudiantes âgées entre 19 et 25 ans.

Selon quelques voisins, Gucci approchait ses victimes devant les facultés et résidences universitaires de la capitale, leur proposant des déplacements à bas prix, tout en se faisant passer pour un étudiant afin de gagner la confiance de ses proies.

Son périmètre d’activité : Ouled Fayet, Chéraga, Dély Ibrahim et Ben Aknoun. « Il nous racontait parfois ses aventures avec des filles, mais personne n’aurait, à aucun moment, pensé qu’il s’agissait d’agressions suivies de viols », raconte Ahmed, un voisin.

Pour arriver à ses fins, ce présumé violeur proposait ses services à travers des annonces sur Facebook et Instagram. Une fois installées à bord de son véhicule, les victimes étaient conduites dans des lieux isolés. « Elles ne pouvaient rien faire », affirme un policier en charge de cette affaire, car le ravisseur les menaçait avec un revolver factice « .

Il vendait les vidéos à des sites français

Gucci a violé plus de 70 de ses victimes – une liste qui reste provisoire – en filmant la scène avec de son téléphone mobile et celui de ses victimes. Ainsi, des dizaines de vidéos ont été vendues par le présumé violeur en série à des sites pornographiques français.

Lors de leurs investigations, les policiers ont retrouvé dans sa voiture plus de 32 GB de vidéos stockées sur une clé USB en attente d’être vendues. Mais Gucci se servait également des vidéos pour faire chanter ses victimes en les menaçant de mettre en ligne leurs photos et leurs vidéos obscènes prises sous la menace.

Le frère de « Gucci » arrêté

Jeudi passé, les enquêteurs de Dély Ibrahim ont procédé à une seconde perquisition du domicile du présumé auteur des viols. Ils ont procédé à l’arrestation de quelques membres de sa famille, dont le frère de Gucci, selon une source judiciaire chargée du dossier.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’enquête en attendant ce que vont dévoiler les aveux des membres de sa famille, en particulier ceux de son jeune frère qui est très proche de lui.

Il convient de noter que l’avocat du présumé violeur s’est rétracté, refusant de défendre son client. C’est ce qu’a déclaré hier un membre de sa famille. Les enquêteurs de la sûreté de Dély Ibrahim creusent pour obtenir plus de révélations sur cette affaire de viol qui a défrayé la chronique.

Pour rappel, l’affaire a débuté le 10 janvier suite à une plainte déposée par l’une des victimes, qui a affirmé aux policiers de Dély Ibrahim avoir été agressée par le suspect. Les investigations menées par les services compétents pendant plus de deux mois ont permis d’identifier le mis en cause et de l’arrêter le 23 mars dernier.

L’enquête a révélé que le suspect se déplaçait à bord d’un véhicule sous une fausse plaque d’immatriculation. 

Il ciblait en particulier les étudiantes devant les universités de la capitale en se faisant passer pour un chauffeur de taxi clandestin mais sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) aussi. Le mis en cause, qui proposait la course à un tarif abordable en vue d’inciter les étudiantes à monter avec lui, changeait d’itinéraire et conduisait ses victimes dans des endroits isolés en les menaçant avec un pistolet en plastique.

L’enquête a par ailleurs permis la saisie de 22 téléphones portables, 14 appartenant aux victimes et 2 au suspect, munis d’une carte mémoire de plus de 120 gigas sur laquelle étaient téléchargées des vidéos du viol qu’il comptait vendre à des sites pornographiques, tout en menaçant ses victimes de les mettre en ligne.

L’une des victimes a réussi à s’échapper en se jetant du véhicule en marche, a affirmé le commissaire de police Boudraâ, chargé de cette affaire, tout en précisant que les investigations avaient révélé que les agressions de ce jeune homme remontaient au mois d’octobre 2016 mais qu’aucune plainte n’avait été déposée avant le mois de janvier dernier.

Lors de l’interrogatoire, le mis en cause a affirmé n’avoir contraint aucune fille à le suivre, celles-ci l’ayant accompagné de leur propre gré. Le commissaire Boudraâ a souligné la nécessité de sensibiliser les filles, et même les garçons, aux dangers des réseaux sociaux et de l’Internet en général, affirmant que cette affaire, qui a débuté par des délits de vol, d’agression et de coups et blessures s’est révélée par la suite plus grave, appelant toutes les victimes à faire preuve de courage et à se rapprocher des services de sûreté pour déposer plainte contre lui.

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