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Quelle sera la stratégie algérienne ?

15 décembre 2019 | 19:35
Sahel G5 Sahel Sofiane Abi


Un sommet extraordinaire des chefs d’Etat des pays du G5 Sahel s’est ouvert ce dimanche à Niamey, avec pour objectif de mieux coordonner les efforts et la coopération militaire dans la région, qui continue de subir les affres des attaques terroristes.


La réunion des dirigeants du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad), discutera, selon le président malien Boubakar Keita, "des problèmes de sécurité dans l’espace".


Le sommet extraordinaire de Niamey intervient dans un contexte de deuil dans la région après l’attaque d’Inates au Niger, a déclaré le Président malien. "Ce dimanche notre voisin le Niger enterrait 71 de ses soldats tombés sous les balles de ceux qui veulent installer le chaos. Notre solidarité ne fera pas défaut au Niger, demain avec mes frères du G5 Sahel, nous irons à Niamey et nous allons nous concerter", a déclaré Keïta à l’ouverture du dialogue national malien à Bamako.


L’attaque au Niger s’ajoute à une série d’attaques terroristes tout aussi violentes et meurtrières dans la région du Sahel au cours de ces derniers mois. Le 1er novembre dernier, 49 militaires avaient été tués lors d’une attaque contre la garnison située à Indelimane (Mali). Au mois d’octobre, 38 autres ont trouvé la mort à Boulikessi (Burkina Faso).


Le Burkina Faso avait perdu 24 militaires en août dans une attaque contre la base de Koutougou, près de la frontière malienne.


Selon la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, Bintou Keita, le Burkina Faso a enregistré 489 incidents contre 150 à la même période en 2018, tandis que le Niger connaissait 118 attaques contre 69 en 2018.


Dans la région du Sahel, la zone dite des "trois frontières", où se rencontrent sans délimitation physique les territoires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a connu ces dernières années une série d’attaques meurtrières.


Ces attaques sont le fait de trois groupes terroristes distincts, affirme-t-on. Le plus visible reste l’organisation terroriste autoproclamée Etat islamique (EI/Daech) au Grand Sahara (EIGS).


Les terroristes s’en prennent aussi aux richesses des pays du Sahel. Au Burkina Faso, beaucoup de mines se trouvent sous leur emprise, selon des sources médiatiques.


Nonobstant la bonne volonté qui anime les chefs d’Etat du G5 Sahel en vue d’imposer ce mécanisme en tant que force capable de garantir la stabilité dans la région, ce mécanisme peine toujours à atteindre les résultats escomptés, et continue ainsi à solliciter des aides et appuis de l’ONU.


L’ONU, qui avait accueilli favorablement la mise sur pied de ce mécanisme, a dénoncé récemment le manque criant des moyens et de financement nécessaires. A ce propos, beaucoup de pays ayant promis des aides au profit du G5, à l’instar des pays de l’Union européenne (414 millions de dollars), n’ont pas tenu leur promesse, a dénoncé l’ONU. Impuissant face à la recrudescence des attaques armées, le G5 Sahel (une force militaire de coalition créée par la France et cinq pays du Sahel) est totalement isolé. L’Algérie, qui est considérée comme un Etat majeur dans la région, mais également un pivot dans la lutte contre le terrorisme, va-t-elle changer sa politique et sa vision au Sahel ?


L’Algérie, qui vient d’élire son huitième président de la République, devrait opérer des ruptures et connaître de grands changements notamment politique, économique, géopolitique et stratégique.


Le nouveau président de la République va-t-il ajuster la position de l’Algérie sur le plan régional, notamment dans sa politique sahélienne ?


Les conflits armés qui tournent autour du Sahel, la recrudescence du terrorisme dans cette vaste partie de la région, la montée très inquiétante de la criminalité organisée, notamment du trafic de drogue, d’armes, d’humains et de la contrebande, sont des défis majeurs. Ces fléaux menacent également la stabilité de la région tout entière et constituent un grand danger sur les Etats et leurs institutions.


L’Algérie est, certes, déjà présente dans la lutte contre le terrorisme et ses réseaux et le grand banditisme au Sahel ; cela est fait à travers l’échange des renseignements et l’aide logistique pour les pays sahéliens démunis et non préparés.


L’Etat algérien a déjà créé le Conseil des chefs d’état-major des pays membres du Comité d’état-major opérationnel conjoint appelé le (CEMOC), dont le siège se trouve à Tamanrasset.


Le Cemoc a pour objectif d’unir les rangs des pays du Sahel sous une même coupe et pour une même cause, à savoir lutter contre la menace du terrorisme sans ingérence étrangère.


Le Cemoc agit aussi sur le plan du développement socioéconomique des pays du Sahel en analysant les besoins des populations locales, tout en adoptant une stratégie commune contre les défis économiques de la région.


La doctrine algérienne en matière de défense est nette et claire sur ce plan. Pas d’intervention militaire au-delà de nos frontières. Elle ne pourrait intégrer ni ce bloc créé par les français, ni s’attendre au succès de son action.


Sur ce plan, il est clair que le nouveau Président ne dérogera pas à la règle et maintiendra la ligne initiale de l’Etat algérien.


Toutefois, le mécanisme algérien du Cémoc a été presque abandonné par les pays du Sahel qui se sont rabattus sur l’offre de la France, à savoir la création du G5 Sahel.


Cette nouvelle force militaire composée donc de six pays, dont la France, n’a pas réussi à endiguer le terrorisme.


Incapable même de venir à bout des groupes armés, la France, par la voix de son président de la République Emmanuel Macron, a déjà fait savoir que "toutes les possibilités sur l’avenir du G5 Sahel sont possibles", ce qui anticipe une certaine dissolution de cette alliance morte-née.


Lors de la création, en août 2017, de cette force de coalition militaire à Bamako, capitale du Mali, le président français Emmanuel Macron et les chefs d’Etat de cinq pays africains (Mali, Burkina Faso, Tchad, Niger et Mauritanie), ont promis aux populations locales la fin du terrorisme dans cette région et un développement socioéconomique plus rigoureux, plus efficace et plus juste.


Toutefois, sur le terrain, la situation sécuritaire s’est amplement dégradée. Pis encore, la région du Sahel est, actuellement, submergée par le terrorisme allant du Mali en passant par le Niger, le Burkina Faso et en arrivant au Tchad et en Libye, où les attaques terroristes sont devenues intenses, annonçant la naissance d’une nouvelle ère du terrorisme dans la région.

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