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Quel rôle pour l’élite ?

7 juin 2019 | 20:05
Aziri Mohamed Nazim Aziri


D’après les commentaires qui ont suivi le dernier discours télévisé du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, nombreux sont ceux qui ont été déçus par le contenu, dont le temps de lecture n’a pas dépassé quelques minutes. Car, hormis l’appel au dialogue lancé encore une fois à la classe politique, comme seule voie de sortie d’une crise très complexe, le discours très attendu n’a pas fait mention d’aucune volonté de départ, ni pour le chef de l’État ni pour le très contesté gouvernement de Bedoui, que la rumeur annonçait malgré tout partant depuis quelques jours.


Premières lectures, en attendant d’éventuels rebondissements pour alimenter la donne, en début de semaine et probablement aussi lors du prochain discours du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, le pouvoir semble maintenir le cap de l’option constitutionnelle, jugée plus prudente et moins encline à la pression de la rue qui a déjà obtenu plusieurs acquis.


En réaffirmant aussi l’impératif d’aller, au plus vite, vers de l’élection présidentielle comme premier pas vers un retour à la normale, en laissant toutefois la voie du dialogue ouverte aux bonnes initiatives, le pouvoir réitère également son choix de la vigilance face à un mouvement qui a pris de court, par sa forte mobilisation, aussi bien les décideurs que la rue qui n’a cessé, depuis le 22 février, d’augmenter le seuil de ses revendications.


Dans le même ordre d’idées, il est important de signaler que le fait de ne fixer aucune date pour le prochain scrutin présidentiel est perçu par des observateurs comme un gage de bonne « volonté » et une manière de laisser le débat ouvert, loin de la contrainte du temps , dans le but d’atténuer le poids de l’antagonisme qui existe entre le pouvoir et le « harak » depuis le début de la crise.


Mais est-ce suffisant ? Peut-on, pour autant, dire que la balle est maintenant entre les mains du mouvement populaire qui tarde à se faire représenter, faute de volonté ou de consensus sur les personnalités à choisir ? En tous les cas, il y a en plus du pouvoir, qui campe sur ses choix, une élite formée par les médias et les faiseurs d’opinions. Cette "intelligentsia" qui a certainement un grand rôle à jouer pour canaliser un élan qui cherche encore la porte de sortie. Car force est de constater qu’un certain nombre d’intellectuels et d’universitaires, très présents sur les réseaux sociaux, semblent avoir cédé à la charge émotionnelle que suscite naturellement l’élan populaire dans la rue. Ne faut-il pas s’inquiéter en tant que citoyen de ne pouvoir consommer que des états d’esprit et des jugements de valeur à défaut d’une analyse profonde qui fait avancer les choses ?
Ou faut-il peut-être se poser des questions sur les capacités de cette élite à pouvoir imaginer un plan de sortie salutaire à moindre coût pour le pays et loin de toute « surenchère révolutionnaire » dont on connaît les résultats sous d’autres latitudes ?

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