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Projets vitaux : les sénateurs approuvent la décision de leur dégel

30 juin 2017 | 22:31
F. N.


Le dégel des projets de haute rentabilité par le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a été largement approuvé jeudi
par les membres du Conseil de la nation.


Bloqués en raison du rétrécissement du budget de l’Etat suite à la chute du prix de pétrole, le Premier ministre avait annoncé, la semaine dernière aux députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), la décision de son gouvernement de relancer quelques projets de haute rentabilité économique.


Les membres du Conseil de la nation ont salué jeudi cette décision, appelant le gouvernement à renforcer les outils de contrôle dans la gestion des deniers publics et la rationalisation des dépenses publiques.


Intervenant à la dernière séance de débat du Plan d’action du gouvernement, tenue au Conseil de la nation sous la président de Abdelkader Bensalah, président du Conseil, en présence du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, le membre Rachid Boussehaba a salué la décision du gouvernement relative à la relance prochaine des projets gelés, « une démarche à même de créer de nouveaux emplois, réduire le taux de chômage et encourager les maîtres d’œuvre », s’est-il réjoui.


L’intervenant a mis en avant d’autres décisions annoncées par le gouvernement, notamment celles inhérentes à la lutte contre l’argent sale, la corruption et le népotisme. « L’argent sale a impacté négativement la politique et ébranlé la confiance du citoyen en son Etat.


Il a entamé la crédibilité des institutions de la République, d’où l’impératif de faire une distinction entre politique et argent sale et de renforcer les outils de contrôle pour garantir davantage de transparence dans la gestion des deniers publics et rationaliser les dépenses publiques ».


« Le gouvernement est appelé, aujourd’hui plus que jamais, à dire la vérité au peuple algérien par le biais de ses représentants au Parlement concernant les faits, notamment économiques afin qu’il y ait une prise de conscience générale de la complexité de la conjoncture actuelle pour y faire face notamment avec la baisse des revenus du pays induite par la chute des cours du pétrole », a-t-il préconisé.


Dans ce contexte, Mohamed Boubtima, du parti du Front de libération nationale (FLN), a salué les réalisations de l’Etat en termes de grandes infrastructures, à l’instar de l’autoroute Est-Ouest, appelant le gouvernement à réaliser d’autres infrastructures au profit des régions du Sud, telle que la relance du projet de réalisation de la route transsaharienne de l’Union africaine, initié par l’Algérie ces dernières années, en vue d’ouvrir des perspectives économiques pour les pays africains, développer les régions du Sud et vulgariser l’investissement agricole dans le Sud.


Par ailleurs, un autre membre du FLN, Ali Djeriaa, a reproché au gouvernement d’avoir accordé de l’importance, dans son plan d’action, à la réforme du système bancaire et du climat des affaires, au détriment du développement local.


« Le vrai problème qui doit être traité réside en la répartition des prérogatives, des décisions et des moyens entre la wilaya et la commune et en l’encadrement humain des collectivités locales pour mener à bien le développement local au titre du programme selon le nouveau modèle économique », a-t-il estimé.


Le même membre s’est interrogé quant aux alternatives possibles que le gouvernement aura à fournir, en vue de remédier au problème de l’insuffisance des moyens financiers pour le financement du développement local.


A ce propos, Ali Djeriaa a cité quelques exemples de projets locaux ayant été gelés en raison de la situation économique auquel le pays est confronté, exprimant par là même son incompréhension vis-à-vis des décisions relatives au gel de projets sociaux vitaux, telles les écoles, appelant également le gouvernement à revoir ces décisions, notamment celles portant sur des projets ayant déjà bénéficié d’enveloppes financières sans toutefois être lancés, en raison d’obstacles administratifs précédant ces décisions de gel.


Mohamed Arbaoui, de la même formation politique, a demandé au gouvernement de fournir toutes formes possibles de soutien au profit du secteur de l’agriculture, en vue de concrétiser l’auto-suffisance et la sécurité alimentaires, en optant pour les surfaces agricoles irriguées, l’élargissement des périmètres irrigués et le dégel de ce type de projets, notamment les barrages, les retenue collinaires et les stations d’épuration.


En matière de logement, il a souligné l’impératif de régler le problème des bidonvilles dans les régions intérieures et empêcher les opportunistes de bénéficier de logements sociaux.


De son côté, Ali Bellout, du Rassemblement national démocratique (RND) a mis l’accent sur le rôle des collectivités locales dans l’aboutissement du Plan d’action, appelant à accélérer la révision des codes communal et de wilaya, dynamiser les mécanismes de contrôle pour lutter contre la corruption, revoir le code des marchés publics et débloquer les projets.


Recenser les couches défavorisées pour une meilleure répartition des aides


 


Malik Khadiri du FLN a salué la teneur du Plan du gouvernement, mettant l’accent sur la nécessité de rationnaliser l’orientation des transferts sociaux à travers le ciblage des catégories démunies, ce qui exige une plus grande coordination entre les ministères concernés.


« Une réflexion sérieuse doit être engagée concernant la subvention accordée par le Trésor à certains produits, en tenant compte des conditions économiques du pays. »


Il a appelé le gouvernement à utiliser, à l’instar de certains pays, les nouvelles technologies pour recenser les catégories démunies et leur créer une carte électronique, proposant l’élaboration d’une étude à moyen et long termes pour calculer les taux de la consommation générale de tous les produits de base, calculer les taux de production et mettre un terme à la spéculation.


Les membres du Conseil de la nation ont salué le souci du gouvernement d’adopter la continuité notamment dans le domaine social, à l’instar de la prise en charge du dossier du logement, de la préservation du pouvoir d’achat et de la solidarité, estimant que la situation économique actuelle « impose aux responsables du pays de trouver des alternatives de développement hors hydrocarbures à travers la diversification des sources de revenus dans le secteur de l’agriculture et de l’industrie, et l’encouragement de l’investissement productif.

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