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Présidentielle : Des noms, des néophytes et des lièvres

1er février 2019 | 16:30
Bouteflika Djamel Zerrouk


La précampagne pour les présidentielles 2019 bat son plein. Cela d’autant que l’Alliance, soudée comme elle ne l’avait jamais été, annonce aux Algériens que Bouteflika rempile pour un 5ème mandat. Les « autres » rempliront-ils le rôle du lièvre, ou bien seront-ils pris au sérieux comme candidats résolus à gagner ?
Les dirigeants des partis de l’Alliance présidentielle, réunis hier, ont annoncé que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sera leur candidat pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain.
La réunion a été sanctionnée par un communiqué final dans lequel ces partis ont annoncé que "le moudjahid Abdelaziz Bouteflika sera notre candidat pour l’élection présidentielle du 18 avril 2019", saluant, par la même occasion, les acquis liés à la paix, à la stabilité et au développement réalisés sous sa direction.
Le 5ème mandat commence à dessiner ses contours avec tous les aspects que cela comporte et qui sont surtout d’ordre logistique. On parle de l’imminente mise en branle des comités de soutien à travers les 48 wilayas du pays. Les observateurs n’omettent pas de souligner que l’écrasante majorité des comités de soutien à la candidature du président Bouteflika existe depuis des années. « Les plus récents d’entre eux sont nés en 2013 en soutien à un 4ème mandat, et ce, plusieurs mois avant la tenue des élections d’avril 2014. Il n’est guère difficile de les ressusciter, et d’ailleurs ils n’attendent que le coup de sifflet pour se mettre au travail », souligne-t-on dans les milieux proches d’un parti de membre de l’Alliance.
Ahmed Ouyahia que l’on désigne de porte-parole « formel » des « Quatre » (FLN, RND, TAJ, MPA), pour ce qui de la « Gestion de la candidature de Bouteflika », a encore affirmé ce samedi que le président Bouteflika « est à 99 % candidat à un cinquième mandat ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse au siège de son parti, Ouyahia s’est même emporté lorsque des journalistes l’interpellèrent sur la santé du président, jugée fragile, s« Vous êtes malade, Madame », a rétroqué le commis de l’Etat, fidèle parmi les fidèles du chef de l’Etat depuis l’accession de ce dernier à la magistrature suprême.
Le Premier ministre persiste et signe : « Il n’y a point de maladie invalidante chez le président de la République. M. Abdelaziz Bouteflika est doté de toutes ses facultés mentales pour pouvoir continuer sa noble mission. » « Insinuer le contraire c’est en faire une maladie. La continuité est l’unique solution pour notre pays », souligne le très proche collaborateur du chef de l’Etat, critiquant sans le nommer le général à la retraite Ali Ghédiri, un candidat potentiellement gênant à l’ordre établi qui appelle à chaque sortie médiatique à la rupture avec le système actuel. 



Les « ruptures » de Ali Ghédiri
« Sorti de nulle part », pour paraphraser certains milieux hostiles à sa candidature, Ali Ghédiri n’omet pas de crier à qui veut l’entendre qu’il est le « seul général de l’ANP à être bardé de diplômes ».
Dans une déclaration à la presse, l’ex-directeur central des Ressources humaines au MDN rappelle qu’il a derrière lui 42 ans d’une carrière empreinte de « loyaux services ». « Je suis le seul Algérien dont le nom est gravé à l’entrée de la célèbre académie militaire de Moscou. Mon cursus universitaire est auréolé d’un doctorat en Sciences politiques obtenu à Alger », rappelle-t-il à ses détracteurs. Militaire de carrière, Ali Ghédiri tient à mettre en avant le profil d’un intellectuel présidentiable en présentant les grandes lignes de son programme. Ses priorités ont été publiées sur sa page Facebook. « Rompre avec l’autoritarisme, le système rentier et les oligarques ; édifier une IIème République réellement démocratique et moderne ; bâtir un Etat de droit reposant sur les libertés individuelles et les valeurs communes nationales, où le citoyen sera le déterminant central dans l’équation sociale, politique et économique ». « Restaurer l’autorité de l’Etat en renforçant son assise démocratique à travers l’érection d’institutions nationales démocratiques, élues au suffrage universel où la séparation des pouvoirs entre exécutif, législatif et judiciaire serait une réalité tangible ». « Rompre avec l’instrumentalisation de notre identité nationale : l’islam, l’histoire, la langue arabe et la langue amazigh ».
Et, entre autres, « consolider l’unité et la cohésion nationales dans le respect de la diversité et des libertés individuelles ». Tout compte fait, l’observateur averti ne saura pas avec exactitude ce que le mot « Rompre » veut dire réellement. Ghédiri fait-il allusion à un projet de société nouveau qui serait à même de plaire à la « Communauté internationale » ? Est-il question de se soustraire de ses valeurs ancrées dans la mémoire collective du peuple algérien et qui sont rappelés en grandes lignes dans la Déclaration de Novembre : « République démocratique et sociale selon les principes islamiques » ? 



Benflis et Makri, deux « lièvres » majors ?
Malheureux candidat aux dernières élections de 2014, Ali Benflis ne lâche pas prise. Il tient coûte que coûte à présider les destinées du pays tout en insistant qu’il ne sera jamais le lièvre du « candidat du pouvoir ». « Prenant acte de la publication au Journal officiel du décret présidentiel numéro 19-08 du 17 janvier 2019 portant convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle fixée au jeudi 18 avril 2019, et conformément à la législation en vigueur en matière d’élection présidentielle, j’ai adressé, ce jour, dimanche 20 janvier 2019, à M. le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire une lettre annonçant mon intention de constituer un dossier de candidature à l’élection à la présidence de la République », indique le président de Talaie El-Hourriyet, dans un communiqué parvenu à la presse. Avant la convocation du Collège électoral, l’ancien Premier ministre de Bouteflika préférait attendre et voir. Connu comme étant un homme qui n’a pas froid aux yeux, le natif de Batna n’a pas pour autant mis en avant son « courage politique ». Point d’ambition présidentielle sauf pour s’abattre sur « la probable révision de la Constitution » dont on parlait durant la période dite d’incertitude et qui avait, selon Benflis, « pour objectif de permettre la prolongation du mandat actuel du président de la République ». « L’avenir du pays n’est pas un problème d’homme. Nous ne croyons pas à l’homme providentiel.
La présidence actuelle est devenue un facteur d’instabilité et un frein au développement. Le pays, en panne, a besoin de passer à autre chose. A rattraper le retard en termes de processus de démocratisation, d’instauration de l’État de droit, de relance de l’entreprise de développement économique et social ». Pour la présidentielle d’avril prochain, le président de Talaie El-Houriate ne voit que deux scénarios : « L’organisation d’un scrutin honnête, à son échéance constitutionnelle, donnant la parole au peuple souverain (…) » ou « une reconduction irresponsable du système politique en place par la fraude et la confiscation de la volonté populaire qui plongera notre pays dans l’inconnu ». Makri, l’homme qui appelait de tous ses vœux à reporter les élections, revient sur ses paroles sans la moindre crainte d’être pointé du doigt. « La philosophie du MSP est connue. On ne tranche pas dans ce parti, on dit la chose et son contraire dans un laps de temps qui en laisserait pantois plus d’un », relèvent les observateurs.
Et c’est dans cet esprit que le MSP continue son bonhomme de chemin. Et c’est également sans surprise que Makri a décidé de participer à l’élection présidentielle du 18 avril. Croit-il en ses chances de gagner le fauteuil d’El Mouradia ? « Jamais ! », martèle-t-on dans les milieux qui connaissent bien ce parti d’obédience ikhwaniste.
Convaincu d’être un « lièvre de première classe », le versatile président du MSP se met néanmoins dans la peau d’un candidat « qui pèse » et qui pense au peuple. « Vous nous dites, où êtes-vous ? Et bien nous sommes partout sur le terrain, à travers nos meetings et nos militants. Nous refusons le marchandage et nous luttons contre la corruption. Nous faisons partie de ce peuple », a-t-il écrit sur son compte Facebook.



 


Hanoune et Ghares, la « Gauche » qui cherche une tribune
Déjà candidate par le passé, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, se dit partante pour le 18 avril. « Vu l’expérience qu’elle a acquise tout au long de son long parcours militant, vu son combat constant pour la paix, la souveraineté nationale, la consécration des principes de la démocratie, les libertés et les droits de l’homme, l’égalité entre l’homme et la femme et contre l’ingérence et l’impérialisme, on a choisi Mme Louisa Hanoune. Elle va s’engager avec force dans la bataille », a indiqué récemment devant les cadres du parti réunis à la salle de cinéma Sierra Mestra, à Alger, le député Ramdane Taâzibt. Accueillie par des youyous devant un parterre de militants, mais aussi de personnalités, à l’image de Mme Zohra Drif et des représentants des factions palestiniennes, Mme Hanoune s’est dite « honorée » d’être choisie par son parti. « Il est temps de construire la deuxième République et l’État démocratique », a-t-elle plaidé. Ses chances ? « Seule Louisa sait… », ironise un ancien militant du PT, comme pour dire que la native de Chekfa (Jijel) ne se contenterait pas plus de la tribune que lui offre cette opportunité pour « vider son sac ». « Pas plus ».
Absent des joutes électorales depuis des décennies, le MDS (Mouvement démocratique et social, ex-PAGS d’obédience communiste) présente un « jeune » de 45 ans. Le candidat propose « un front interne large, représenté par un gouvernement de travail, sous la chapelle de l’Etat de droit garant de l’égalité entre tous les Algériennes et Algériens devant la loi ». Le MDS appelle à la dépénalisation de la consommation du cannabis en Algérie promet de protéger les Ahmadites et autres minorités religieuses. Contre qui ? On n’en saura pas davantage. 

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