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Sommet Russie-Afrique à Sotchi

Poutine, chef d’orchestre d’un rapprochement historique

22 octobre 2019 | 15:25
RussiePoutine Par M’hamed Khodja


La Russie rencontre l’Afrique à Sotchi. Le sommet russo-africain, le premier du genre, sera une occasion pour Moscou de reconquérir, diplomatiquement et économiquement, un continent déjà convoité par les grandes puissances, mais surtout par les pays émergents partenaires-concurrents de la Russie. Le président Vladimir Poutine coprésidera ce sommet avec son homologue égyptien, président en exercice de l’Union africaine, qui accueillera au moins 47 chefs d’Etat et de gouvernement du continent noir.

Une première dans l’histoire contemporaine de la Russie et de l’Afrique, les deux parties se rencontreront dans le fief du président Poutine, la station balnéaire de Sotchi. Moscou entend ainsi formaliser des relations historiques, certes distendues, néanmoins depuis la chute de l’URSS en 1991, mais de plus en plus denses ces dernières années.
L’impulsion par le président russe de cette relation avec l’Afrique obéit à une stratégie globale basée sur la primauté du bloc eurasiatique (qui comprend la Russie, la Chine et les pays d’Asie centrale, l’Iran, la Turquie et quelques pays de l’UE), avec comme point d’ancrage la ceinture formée par l’Afrique et le sous-continent indien. Cette vision se pose d’ores et déjà comme un contre-projet par rapport au projet chinois de la Ceinture et de la Route de la soie, et l’Afrique, selon Poutine, est un théâtre important pour la projection de la force russe.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les échanges commerciaux russo-africains, quoiqu’encore loin de ses partenaires et/ou concurrents, placent la Russie à la sixième place avec 17 milliards de dollars d’échanges en 2018, contre 760 millions en 1993. L’UE reste le premier partenaire de l’Afrique avec 275 milliards de dollars, talonnée de près par la Chine avec 200 milliards. Respectivement, l’Inde, les Etats-Unis et la Turquie devancent la Russie avec 70 milliards, 53 milliards et 20 milliards de dollars d’échanges.
Côté coopération militaire cependant, la Russie reste un partenaire majeur du continent africain, dont 25 pays sont liés par des contrats d’armements avec des fabricants d’armes russes. D’ailleurs, entre 2014 et 2018, la Russie détient 28% de parts de marché des pays fournisseurs d’armes à l’Afrique subsaharienne ; au Maghreb, elle détient 49%. Et signe d’un regain d’intérêt russe pour l’Afrique et réciproquement, vingt accords militaires ont été signés entre les deux parties depuis 2017, contre sept entre 2010 et 2017. 
C’est donc le grand retour de la Russie en Afrique. Evgueni Korendiassov, ancien ambassadeur de l’Union soviétique au Mali et au Burkina Faso et actuellement directeur du Centre d’étude des relations russo-africaines et de la politique étrangère des pays africains de l’Institut africain de l’Académie des sciences de Russie, ne va pas par quatre chemins. Selon lui, le retour de la Russie, « c’est le retour du business de Russie qui est encore jeune, dans les affaires sur le continent africain dont le rôle sur le plan géoéconomique devient de plus en plus important » pour l’économie mondiale. 
« Nous (les Russes, ndlr), nous développons nos relations avec l’Afrique sur le plan et dans le cadre des intérêts réciproques et dans le cadre de la solidarité, dans le cadre de la réciprocité, dans le cadre gagnant-gagnant. Et nous avons beaucoup à gagner en Afrique, comme les Africains ont beaucoup à gagner avec la coopération avec la Russie », a-t-il précisé.
Et comme le commerce accompagne traditionnellement la diplomatie, un forum économique Russie-Afrique sera organisé également à Sotchi. C’est fort de cette complémentarité que le chef de l’Etat russe a affirmé dans une interview à l’agence TASS que « notre agenda africain a un caractère positif, orienté vers l’avenir. Nous ne nous faisons pas des amis contre qui que ce soit et rejetons résolument les ‘jeux’ géopolitiques quelconques autour de l’Afrique ».
Ainsi, en fin diplomate, Vladimir Poutine a proposé sa médiation entre l’Egypte et l’Ethiopie autour de la question du barrage de la Renaissance qui empoisonne les relations entre Le Caire et Addis Abeba. D’autres médiations plus discrètes sont à prévoir afin d’assainir le climat des relations entre les pays africains et entre eux et la Russie.
Tel est le pari du président Poutine. Après avoir placé son pays au cœur de l’équation proche-orientale, notamment avec son engagement aux côté de la République arabe syrienne, voilà que le président russe assure à son pays une présence pérenne sur le continent africain. Une présence qui risque d’attiser les convoitises des autres puissances autour des richesses africaines, et l’inimitié envers la Russie, avec comme résultat des conflits de basse intensité et/ou guerre par procuration dans l’étranger proche de Moscou, comme c’est le cas actuellement en Ukraine.
 

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