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Pourquoi le faire passer par Annaba et non par Alger ?

5 juillet 2017 | 22:47
Hocine Adryen

Le navire câblier Raymond-Croze d’Orange marine a été, une fois de plus, dépêché en Algérie, plus à Annaba, pour procéder à la réparation du câble sous-marin. Le Raymond-Croze, basé à La Seyne-sur-Mer, assure la permanencee Méditerranée, mer Noire et mer Rouge, et ce pour le compte du consortium MECMA (Méditerranéen Câble Maintenance Agreement).

La gêne occasionnée et les perturbations constatées sur le réseau Internet dans la nuit du dimanche au lundi sont dues aux travaux de maintenance effectués sur le câble sous-marine SMW-4. L’opérateur de la téléphonie fixe Algérie Télécom (AT) a indiqué, lundi dernier, que les travaux de maintenance effectués dans la nuit de dimanche à lundi sur le câble sous-marin SMW-4 « n’ont duré qu’une trentaine de minutes ».

Dans un communiqué rendu public, AT a expliqué que « des perturbations, notamment une coupure de 30 minutes, ont affecté la bande passante Internet nationale suite à des travaux de maintenance sur le câble sous-marin SMW-4 dans la nuit de dimanche à lundi ».

Les travaux de maintenance sur, entre Alexandrie (Egypte) et Palerme (Italie), ont engendré des perturbations sur la bande passante Internet nationale lundi, notamment une coupure qui a duré trente minutes, de 00h33 à 01h03, a précisé la même source.

Toujours selon AT, durant cette coupure, « la bande passante internationale restante a été réservée pour les opérateurs mobiles et les clients professionnels », tout en soulignant que les clients d’Algérie Télécom « ont également partagé la capacité disponible sur les caches installés au niveau d’Alger, d’Oran et de Constantine (d’une capacité de 110 Gbps) ».

Le 4 mars dernier, le même câble international reliant la France à l’Algérie avait été endommagé. Le long câble international South East Asia-Middle East-Western Europe-4, qui relie Marseille à Singapour en traversant la Méditerranée, la mer Rouge puis l’océan Indien, avait été fragilisé le 4 mars dernier. Son premier tronçon avait subi des dommages au niveau de sa chambre d’atterrissement ; dégâts causés par les fortes intempéries subies ce jour-là sur les côtes d’Annaba.

Le sable dans lequel était enfoui le câble avait été emporté par la tempête, laissant le câble à l’air libre, visible depuis la plage de Sidi Salem. Une intervention avait alors été faite en urgence pour sécuriser le câble et prévenir tout risque de rupture.

Mais celui-ci, ayant déjà subi une grave avarie en 2015, est une infrastructure très critique.
En effet, avec une capacité de 330 Gb/s sur les 425 Gb/s gérés au total par Algérie Télécom, ce câble assure à lui seul le transit de 80 % du trafic Internet algérien. Dès lors, une solution plus pérenne devait être trouvée pour lever, à long terme, le risque d’une coupure.

Elle consistait en « l’aménagement d’une nouvelle chambre d’atterrissement sécurisée et assurant la protection optimale du câble, en remplacement de l’infrastructure située actuellement à proximité de la plage ». Ce chantier a été confié à la société italienne Elettra, ex-filiale de Télécom Italia spécialisée dans la pose et la maintenance des câbles sous-marins et désormais détenue à 100 % par Orange.

Pendant l’intervention, et pour assurer la continuité du service à ses clients, Algérie Télécom avait prévu de re-router le trafic Internet vers le câble sous-marin Al-Pal 2 reliant Alger et Palma de Majorque puis Barcelone, ainsi que vers le câble en fibre optique terrestre d’une capacité de 40 Gb/s qui relie Annaba à Bizerte.

Avec 14 pays connectés, See-Me-We 4 et son petit frère Medcab (reliant Marseille à Annaba et Alger), permettent à la cité phocéenne de retrouver dans un nouveau domaine – celui des flux en télécommunications – une pole position de terminal relié au monde entier.

En Méditerranée, environ 2 700 km de câbles ont été posés entre la France (Marseille) et l’Egypte (Alexandrie) avec des liens vers l’Italie (Palermo), la Tunisie (Bizerte) et l’Algérie (Annaba). Avec une capacité maximale de 1.28 terabit par seconde (soit 1 million de conversations téléphoniques simultanées) sur 20 000 km, Sea-Me-We 4 est 32 fois plus puissant que le système précédent, Sea-Me-We 3, installé en 1998.

Il permet d’accroître considérablement les capacités de communication (voix, données et vidéo) au Moyen-Orient et en Inde et représente, pour certains opérateurs de ces pays, la première connexion majeure via un système sous-marin. En ce sens, Sea-Me-We 4 permet de répondre à la demande en pleine explosion des régions connectées, notamment de l’Inde et du Moyen-Orient.

Le fait que l’Algérie soit aussi dépendante du câble Sea-Me-We 4 découle du fait que les tarifs pratiqués par l’opérateur du câble Al Pal-2 sont prohibitifs : le coût de la bande passante sur « Alpal 2 coûte 4 à 5 fois plus cher qu’ailleurs. Alpal2 dispose de 8 fois 10 gigas soit 80 gigabits/s que nous avons divisés pour 3 types d’utilisateurs. »

En octobre 2015, ce même câble entre Annaba et Marseille avait été coupé par un bateau panaméen, ce qui a engendré des perturbations de la connexion ADSL sur l’ensemble du territoire national et a fait perdre à l’opérateur historique 600 millions de DA (5 580 000 dollars).

L’incident avait causé d’importantes perturbations sur le trafic Internet international du pays. Le réseau Med Cable, réalisé en 6 mois pour le compte d’Orascom, relie Marseille à Alger et Annaba en Algérie.

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