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Plaidoyer à Tizi-Ouzou pour la culture vinicole

20 mars 2017 | 20:53
Saïd Tissegouine

Le professeur Nourredine Abdi, ancien directeur de la recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et ex-enseignant à l’université de la Sorbonne (France), a plaidé, hier à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, pour la relance de la culture vinicole en Algérie.

Ce scientifique de renommé mondiale, aujourd’hui à la retraite, et qui a fait une communication dans le cadre du colloque international de deux jours organisé par l’association « Femme Active » autour du thème : « L’économie solidaire dans la wilaya de Tizi-Ouzou : quelles possibilités pour en faire un atout ? », a assuré que la culture vinicole ne peut être qu’un grand atout économique en Algérie dans la mesure où, non seulement les vins d’Algérie sont très bien cotés sur le marché international, mais aussi nous avons le savoir-faire de la production vinicole.

Le Pr Nourredine Abdi, qui de 87 ans mais qui continue à assurer une production scientifique et intellectuelle, a souligné, dans un point de presse, que la production vinicole actuelle en Algérie est de 627 000 hectolitres.

De cette production, 610 000 hectolitres sont consommés localement ; soit donc seulement une quantité de 17 000 hectolitres est destinée à l’exportation. Au Maroc, la production vinicole annuelle est de 333 000 hectolitres et seulement 54 000 hectolitres sont exportés.

En Tunisie, la production annuelle est de 244 000 hectolitres et 37 000 hectolitres sont destinés à l’exportation. « Ces données chiffrées, souligne le Pr Nourredine Abdi, indiquent d’une façon on ne peut plus claire que les Maghrébins consomment le vin « . A notre question de savoir si les islamistes ne peuvent pas constituer un frein à l’économie vinicole, le Pr Nourredine Abdi apporte cette réponse cinglante : « Peut-on être plus musulman que l’Emir Abdelkader qui avait et exploitait des vignobles ?

Ce grand homme était aussi un sommelier. L’histoire nous renseigne que l’Emir Abdelkader prenait part aux dégustations. Par ailleurs ses caves étaient très appréciées par des chefs d’Etat et des souverains de nombreux pays étrangers, occidentaux notamment. » le Pr Nourredine Abdi n’a pas caché son aversion pour le concept de prohibition de la production vinicole par l’islam. Sur la même trajectoire, le conférencier a cité la renommée du Château de Télagh (Médéa).

« Moi, personnellement, dit-il, je prise le vin de Médéa, ma région natale. « Toujours à la lumière des données fournies par ce grand scientifique de chez nous, la production vinicole en Algérie durant l’occupation française était de I8 000 000 d’hectolitres par an. A la question de savoir à quand remonte la tradition algérienne de la culture vinicole, le Pr Nourredine Abdi a indiqué qu’elle remonte à une époque très lointaine.

Les Romains, en envahissant la Numidie, y ont déjà trouvé des vignobles. « Cependant, les Romains y ont introduit à leur tour des cépages et en même temps leur savoir-faire en la matière.

A leur tour, les Français ont encore développé cette culture en Algérie lors de leur arrivée « , a encore expliqué le conférencier. Fidèle à son profil de scientifique, le Pr Nourredine Abdi a assuré que les Algériens n’ont aucunement le droit de se contenter de la production pétrolière dans la mesure ou cette énergie fossile est appelée un jour où l’autre à s’épuiser.

« Et, par conséquent, poursuit cet éminent scientifique, je plaide avec toute ma rigueur scientifique pour le développement de la ressource végétale, notamment oléicole et vinicole, cette ressource végétale est garante d’une économie sûre et rentable. « 

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