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Pétrole : morosité et incertitudes

29 mai 2017 | 19:08
H.R.

Le pétrole repart à la baisse. Hier, à l’ouverture des séances de cotation en Asie, le baril WTI cédait 12 cents dans les échanges électroniques, valant 49,67 dollars.

Le brent, la référence européenne, pour livraison en juillet, perdait 9 cents pour stagner encore au-dessus de 52 dollars le baril. Il est bien clair que le marché vit encore une certaine morosité et ne répond plus aux différents échos.

Ce n’est point une surprise quand le sommet de l’OPEP n’arrive pas à secouer le marché, en dépit d’une décision stratégique de reconduire pour 9 mois l’accord de réduction de la production de brut. Pour les experts, les investisseurs redoutent que la décision de Vienne ne soit pas suffisante pour soutenir les prix.

Car l’incertitude est là. Comment en neuf mois peut-on attendre un vrai équilibrage des cours, alors que depuis six mois cette réduction n’a pas réussi à éponger le surstock mondial ?.

Des craintes assez justifiées mais qui s’avèrent sérieuses. D’ailleurs, dans la foulée de la décision de l’OPEP et de 10 autres partenaires non affiliés au cartel, les cours du brut avait subi une sévère correction, perdant 2,5 dollars, ce qui est énorme en une seule journée.

La raison principale de ce déclin surprenant est la déception chez les investisseurs de l’issue du sommet. On s’attendait bien sûr à une réduction de la production, selon les termes de l’accord de novembre 2016, mais il existait des espoirs de voir l’OPEP aller vers des coupes plus importantes.

On pensait, comme le suggéraient plusieurs analystes, que l’OPEP allait jouer la pression sur l’offre mondiale et obtenir de nouvelles réductions. Mais tout cela n’a pas eu lieu. Il aura fallu attendre le lendemain vendredi pour que les prix rebondissent légèrement, de quoi compenser les pertes de la veille.

Depuis hier matin, c’est encore la morosité et le pétrole se négocie à la baisse. On craint un impact négatif sur les prix en raison de la hausse de la production américaine. Pour les experts, cette prolongation des réductions risqued’être insuffisante pour tirer le marché vers le haut.

Car les américains produisent massivement. Ils sont devenus des exportateurs. Toutes les réductions de la production obtenues par l’OPEP ont été intégralement compensées par la production américaine de schiste.

Pour des consultants internationaux, les efforts des Saoudiens ou des Russes sont caducs et inutiles. Plus l’OPEP réduit sa production pour faire monter les prix, plus les producteurs américains en profitent pour extraire du brut, vendre ou stocker et arracher des parts de marché.

Le constat est là. L’industrie pétrolière américaine s’est adaptée. Grâce à la technologie, mais aussi au climat des affaires et aux facilitations bancaires et fiscales pour l’investissement, cette industrie a réussi en deux ans à réduire les coûts du schiste et surtout à rentabiliser rapidement les investissements et les placements.

Aujourd’hui, il faut moins de 40 dollars le baril sur le marché pour fermer les milliers de puits de pétrole. Or à ce prix, l’OPEP perd des parts de marché et divise ses bénéfices par trois. D’autres pays monoexportateurs iront vers l’effondrement institutionnel et politique.

Désormais, le schiste US est incontournable. Les compagnies américaines suivent de près le marché. En cas de baisse, elles stoppent leur production et limitent l’engorgement. Elles évitent au maximum de descendre en dessous de la barre des 40 dollars le baril.

Donc, la pérennité de l’accord de Vienne se trouve fragilisée. Et déjà certains s’interrogent : un retour du pétrole à 30 $ le baril est-il envisageable ? Un krach est-il possible ?

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