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Pétrole : Le forcing d’Alger

8 octobre 2016 | 19:58
H. R.

Pour les experts, le marché est entré dans une phase stratégique. Après l’entente gagnée au sein de l’OPEP, « on va vers un accord OPEP-non OPEP, ce qui était impensable il y a quelques mois ».

Les analystes surveillent et écoutent ce que dit le ministre algérien de l’Energie, Noureddine Boutarfa, qui a déclaré que l’OPEP avait « la marge pour abaisser encore plus sa production » et que « l’occasion est propice lors de la rencontre informelle à Istanbul avec des discussions entre les Saoudiens, les Iraniens, les Irakiens et les Russes ».

Une simple petite phrase aura suffi pour remuer le monde des affaires et le marché de l’énergie. Pratiquement, les analystes surveillent et écoutent ce que dit le ministre algérien de l’Energie, Noureddine Boutarfa.

Dans une récente interview à une télé locale, Boutarfa a annoncé que l’OPEP avait « la marge pour abaisser encore plus sa production », après l’accord de réduction réalisé dans la capitale algérienne il y a dix jours.

Pour lui, l’occasion est propice lors d’une rencontre informelle qui aura lieu à Istanbul en marge d’un événement international sur l’énergie, avec des discussions entre les Saoudiens, les Iraniens, les Irakiens et les Russes. Autrement dit, il y aura des pourparlers entre un bloc membre de l’OPEP et un gros producteur non affilié au cartel.

C’est cette perspective qui vient de relancer des spéculations sur des mesures ambitieuses du cartel pour éponger la surabondance du brut et le surstockage lors du sommet prévu le 30 novembre prochain dans la capitale autrichienne.

Boutarfa aura donné ainsi de l’espoir aux investisseurs et fait miroiter aux marchés l’éventualité d’une hausse conséquente des cours du brut. Pour les experts, on est entré dans une phase stratégique.

Après l’entente gagnée au sein de l’OPEP, on va vers un accord OPEP-non OPEP, ce qui était impensable il y a quelques mois. La Russie a montré sa disponibilité à soutenir l’accord d’Alger et à coopérer pleinement dans l’optique d’une hausse des cours et de la fermeté des prix à moyen terme. 

Une disponibilité russe qui s’est matérialisée déjà lors du sommet du G20 en Chine, le mois dernier, quand il y a eu un accord saoudo-russe sur les questions énergétiques, applaudi par les autres monarchies de la péninsule arabique.

C’est ce qui explique la persistance algérienne à maintenir la "pression" et à poursuivre ses efforts pour réussir le pari d’une fourchette acceptable des cours du brut. Rappelons que le congrès mondial de l’énergie, qui s’ouvre aujourd’hui à Istanbul, verra la participation des grands acteurs internationaux dans le monde du pétrole, des finances, des affaires et des universités.

Il y aura des sessions plénières et des tables rondes, et des débats sur les différentes options de système pour une « fourniture durable d’énergie au niveau national, régional et mondial », selon les termes d’un communiqué du ministère algérien de l’Energie.

Durant quatre jours, et en marge des activités, il y aura des tractations et des négociations informelles que Boutarfa a confirmées lors de ses dernières déclarations.

Pour les observateurs, en dépit de la suspicion et des incertitudes, voire du pessimisme ambiant des marchés qui ne décolle pas rapidement, il existe un bon espoir de voir un rapprochement entre les gros producteurs OPEP et non OPEP.

Ils citent des facteurs essentiels, qui dépassent largement les soucis géopolitiques, mais surtout mettent en exergue le fait que l’accord d’Alger fut une grande surprise et un événement inattendu par beaucoup d’experts. Cependant, ce qui retient l’attention, c’est cette réunion du haut comité technique installé à Alger par les pays signataires de l’accord.

Elle est prévue à la fin du mois et servira de tremplin au prochain sommet de Vienne. On le sait, c’est ce comité qui va faire des recommandations, des rapports, des analyses et des propositions, voire des mécanismes pour la réalisation de la réduction de la production et la répartition des quotas pour chaque pays membres du cartel.

Dans cette optique, il faudra attendre que l’Iran parvienne à son niveau de production d’avant l’embargo occidental, soit quatre millions de barils/jour et que les pays membres règlent leurs robinets pour les mettre à jour avant l’entame de 2017. Car, il faut au moins quatre mois pour éponger les 100 millions de barils de trop, si les producteurs réduisent d’au moins un million de barils/jour.

Au niveau des marchés, on reste attentifs aux phénomènes durables, même si le cyclone qui frappe les Etats-Unis actuellement va ralentir les fournitures. En Asie, les cours reculent en raison de plusieurs facteurs défavorables, mais ne peuvent pas s’effondrer.

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