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Paresse et nonchalance : les mots du mois sacré

20 juin 2016 | 18:22
Aïssa Hadj Daoud

A Ghardaïa, comme ailleurs, les différents services administratifs sont les plus représentatifs du laxisme enregistré durant le ramadhan. Ce mois sacré est en effet devenu pour de nombreux fonctionnaires un prétexte pour être paresseux et manquer à ses obligations professionnelles, d’où un relâchement de l’activité à tous les niveaux.

Tolérance, solidarité, honnêteté et piété devraient être les principales qualités des jeûneurs pendant le ramadhan. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Durant ce mois sacré, nous sommes plutôt habitués à ressentir une mauvaise humeur générale dans tous les bureaux où l’on pénètre.

Le phénomène du train-train quotidien fait son apparition dès les premiers jours du mois de jeûne et le comportement des gens changent de façon brusque. Les nerfs à fleur de peau, ils sont très irritables et tout aussi paresseux.

Partout où l’on se rend, l’activité est au ralenti (directions, administrations communales, hôpitaux...) et tout le monde affiche un visage fatigué et ne cesse de se lamenter (soif, faim, manque de sommeil…) : « Je ne comprends pas pourquoi les gens deviennent aussi désagréables et paresseux pendant le mois du ramadhan. Dans tous les lieux de travail, les gens somnolent.

Les absences, les retards et les erreurs battent tous les records durant ce mois, comme si le fait de jeûner justifiait ce genre d’attitude, loin de l’honnêteté et du professionnalisme », regrette Bakir, 51 ans, très indigné par une erreur qu’une fonctionnaire de l’APC de Ghardaïa vient de commettre sur son acte de naissance : « Les démarches administratives sont déjà très pénibles en temps normal mais durant le ramadhan, elles deviennent presque impossibles.

Même dans les hôpitaux, où la santé du citoyen doit être prioritaire, on retrouve ce genre de comportement aberrant », poursuit-il.
Certains décident même de prendre leur congé annuel pendant ce mois pour éviter de travailler et passer ainsi leurs journées à dormir. « Le travail durant le mois du ramadhan devient très compliqué.

D’abord, il y a les longues journées de jeûne, qui sont très difficiles en été, et surtout le manque de sommeil. C’est pourquoi, cela fait 5 ans que je prends mon congé pendant ce mois pour me reposer », confie Si Messaoud, 59 ans, à une année de la retraite.

« Ce mois sacré, censé être celui de la piété, de la solidarité, de la paix et de la tolérance, se transforme en un mois de paresse, de dépenses excessives, de gaspillage et parfois même de rixes dans les rues, voire dans les bureaux. Le mois de ramadhan devient souvent une échappatoire, voire une excuse pour glisser du sensé vers l’absurde.

Par contre, les soirées sont plus animées, grâce à cet esprit qui pousse à faire la fête. C’est aussi un grand chamboulement concernant l’alimentation et le sommeil, les gens faisant de ce mois une occasion de se faire plaisir.

Loin de notre société le sens religieux et le souhait véritable de faire de ce mois une occasion de purifier l’âme et de renforcer les liens sociaux. Heureusement que les dourous des mosquées sont là pour sensibiliser, inculquer les bonnes manières et ramener les jeûneurs à l’évidence. 

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