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Panel du dialogue national : Le front du refus s’élargit

30 juillet 2019 | 21:51
Hocine Adryen

Le front du refus des personnalités invitées à intégrer le panel de dialogue et de médiation s’élargit de jour en jour. Après Mouloud Hamrouche, Taleb El Ibrahimi, Me Mokrane Aït Larbi, Me Mustapha Bouchachi, Ahmed Benbitour, Mme Djamila Bouhired, Drifa, la sœur de Larbi Ben M’hidi, Lyes Merabet le président du syndicat du personnel de la santé publique, c’est au tour du général à la retraite Rachid Benyelles de refuser de faire partie du panel. Benyelles a estimé, dans un communiqué rendu public hier mardi, que la démarche du pouvoir qui consiste à composer un panel pour conduire le dialogue est une « diversion » et une « grossière tentative de racolage ».

Le général Rachid Benyelles, qui avait cosigné un précédent communiqué avec Ahmed Taleb-Ibrahimi et Ali Yahia Abdenour, relève que la dernière démarche de Bensalah a été « élaborée précipitamment dans les officines occultes du pouvoir en place » et que cette « dernière initiative en date a été rejetée par les Algériens ». Pour lui, « les grossières tentatives de racolage de certaines personnalités de qualité (…) ne feront pas changer d’avis » aux millions de manifestants qui battent le pavé depuis le 22 février dernier pour exiger le départ de tous les symboles militaires et civils du système. Pour ce qui me concerne, je considère que la seule solution pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le pays passe par un dialogue direct, franc et honnête entre les détenteurs véritables du pouvoir et des figures représentatives du mouvement citoyen », conclut le général à la retraite.

Initié par la présidence de la République, le dialogue politique risque de faire chou blanc quand on sait que plusieurs partis politiques (FFS, RCD, PT, UFC, PST et MDS) ont d’ores et déjà annoncé leur boycott. Même Abdallah Djaballah, pourtant un fervent partisan du dialogue, refuse celui-ci avec le panel. Dans un long commentaire posté sur sa page Facebook, il qualifie cette initiative (création du panel) de « déception pour le peuple » qui prouve, d’après lui, « la mauvaise foi du régime et sa détermination à ignorer la révolution et à rester aux commande du peuple : « Il apparaît aujourd’hui que le régime fonctionne comme si ce pays ne vit pas une révolution et que le peuple ne veut point de changement global, (…) et que les citoyens ne souhaitent qu’une élection présidentielle honnête ! », s’indigne Djaballah. Il estime que seul le départ de

Bensalah, Bedoui et de leurs ministres, ainsi que tous les symboles de l’arbitraire et de la corruption « peuvent être des signes d’un changement global ». Que reste-t-il alors ? Des partis issus du mouvement des « Forces du changement » Talaie el Hourryet de Ali Benflis, le MSP de Abderrezak Mokri et de petits partis venus s’agglomérer dans ce mouvement, et les quatre partis de l’ex-Alliance présidentielle (FLN, RND, MPA et TAJ) tous rejetés par le peuple. Trop peu pour convaincre les citoyens du bien-fondé de cette démarche.

Karim Younes droit dans ses bottes

Devant tous ces obstacles, le coordonnateur du panel de dialogue et de médiation, Karim Younes, demeure confiant et défend mordicus cette initiative. Dans un texte publié sur son compte Facebook, il a défendu hier son rôle dans le panel et nié être l’émissaire du pouvoir, affirmant être seulement un citoyen appelé à apporter sa contribution au règlement de la crise politique que traverse le pays .

Pour justifier son choix et sa présence dans ce panel malgré les virulentes critiques qu’il essuie depuis peu, Younes met en avant les exigences qu’il a mis sur la table pour la réussite de sa mission : « Tenter d’obtenir la libération de jeunes manifestants pour avoir porté le drapeau de ses couleurs identitaires est une tare ? Faire arrêter les violences policières sur les manifestants est une hérésie ? Faire sauter les verrous qui empêchent l’accès de la capitale les jours de marche, une faute grave ? Appeler à l’ouverture des médias aux opinions qui courent dans la société une ineptie ? Porter la voix de millions d’Algériens pour le départ de l’actuel gouvernement, une lubie ? Que veut-on au juste ? Laisser tous ses leviers de pouvoir au pouvoir que l’on veut abattre ? », s’est-il interrogé. Karim Younes a, par ailleurs, réitéré l’attachement des membres du panel pour des mesures d’apaisement qui sont « des préalables primordiaux pour commencer le processus de dialogue ».

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