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Ouyahia entre griefs politiques et réformes de facilité

3 juin 2016 | 19:57
H. R.

Trois points forts ont dominé l’intervention d’Ahmed Ouyahia à l’ouverture des travaux de la première session du conseil national du RND, un mois après la tenue du 5e congrès. Pour le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, il ne faut pas céder aux appels aux « solutions de facilité pour faire face à la crise économique », notamment le recours à l’endettement extérieur.

Ce dossier a retenu longtemps le patron du second parti du pays, qui pense qu’il ne faut pas négliger les risques qui découlent de l’effondrement brutal des prix du pétrole, comme il ne faut pas tomber dans des solutions simples et faciles.

Ouyahia a averti que cet endettement extérieur, en cas d’excès, « pourrait, dans quelques années, hypothéquer la souveraineté économique du pays et exposer la population à des mesures sociales dramatiques comme ce fut le cas déjà dans le cadre de l’ajustement structurel sous l’égide du FMI, alors que l’Algérie était dans l’incapacité de faire face au remboursement d’une dette extérieure qui culminait à 30 milliards de dollars ». 

Le SG du RND connaît très bien cette situation depuis 1996, quand il fut désigné chef du gouvernement, alors que le pays avait signé un accord très contraignant avec le FMI en 1993. Il était d’ailleurs le premier haut responsable à subir les lourdes conséquences de cet ajustement qui poussa des dizaines d’entreprises du secteur public à fermer et des milliers d’ouvriers à chômer, alors que le pays vivait une conjoncture sécuritaire et politique très délicate.

Sur cette période, Ouyahia souligne que le souvenir de cette « douloureuse expérience, conjugué avec nos difficultés financières actuelles, doit nous encourager à accélérer la mise en œuvre des réformes économiques nécessaires tout en préservant la justice sociale » .

Pour le patron du RND, le pays a besoin d’un baril de pétrole à 90 dollars pour assurer son équilibre budgétaire.
Sur ce point du recours à l’endettement extérieur, il semble qu’Ouyahia vient de revoir sa copie. Il y a un mois, il pensait que cette solution était envisageable ; aujourd’hui il dira qu’elle comporte des risques majeurs.

Cependant, il estime que l’Algérie dispose de plusieurs solutions de rechange comme « l’encouragement de l’investissement public et privé, l’ouverture de l’économie aux nationaux et aux étrangers et lever les obstacles de toutes sortes ».

Il ne dira pas s’il faut réviser l’option de la règle 51/49, ou s’il faut l’aménager davantage pour attirer les IDE dans certains secteurs à forte valeur ajoutée ou susceptibles de booster le taux de croissance du pays et d’améliorer son PIB.

Le second point majeur de son intervention a trait à la situation politique du pays, notamment quand il évoqua avec des termes tranchants la « main étrangère » pour expliquer des tentatives de déstabilisation dans deux régions algériennes, la Kabylie et Ghardaïa.

Pour Ouyahia, deux pays sont derrière ces complots ; sans les citer directement, il implique la France et le Maroc : « La première n’a jamais accepté l’indépendance de l’Algérie, alors que le deuxième reproche à notre pays ses positions pour l’autodétermination du peuple sahraoui ».

Ces parties « s’appuient sur des mercenaires politiques internes », ceux qui revendiquent l’autodétermination de ces deux régions, comme le MAK. A une question sur un possible consensus avec l’opposition, le chef du RND dira qu’il « est encore loin » mais que cela n’est pas impossible, laissant ainsi la porte ouvertes pour un éventuel dialogue politique.

Enfin, Ouyahia n’a pas manqué de relever les résolutions ayant sanctionné les travaux du cinquième congrès, en réaffirmant le soutien de son parti au président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

« Le succès de ce rendez-vous a constitué un nouveau départ pour conforter notre famille politique et la mettre au service du pays » a-t-il indiqué. Pour Ouyahia, il faut consolider le dialogue, la démocratie et la stabilité dans les rangs du parti, en précisant que le projet de règlement intérieur et le statut, déjà adopté par le congrès, constituent ensemble la charte canalisant la conduite de chaque militant.

Rappelons que plusieurs points sont à l’ordre du jour de cette première réunion du conseil national, dont l’élection du nouveau bureau national du parti, qui va accompagner Ouyahia, le SG et néanmoins directeur de cabinet à la Présidence, dans les préparatifs aux prochaines élections législatives et municipales de mai et octobre 2017.

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