Culture

#TITRE

593

Omar Gatlato le retour

1er juin 2016 | 20:07
Mohamed Rediane

Lors de la soirée de ce mardi 31 mai à Alger, à la salle El Mouggar, les cinéphiles apprécieront la version numérisée du film Omar Gatlato, réalisé en 1976 par Merzak Allouache.

Le premier long métrage fiction de Merzak Allouache fait partie des quinze films algériens produits entre les années 1970 et 1980, à être restauré et numérisé.

Une opération qui convertit les vieilles bobines (35mm) vers le format Dcp (Digital cinéma package), ce qui permet une exploitation de l’œuvre dans des conditions optimales tout en en garantissant la conservation.

Au-delà de cette nouvelle projection à caractère officiel, en présence de personnalités culturelles et du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, ce film interpelle, une fois de plus, sur la libre expression d’une nouvelle vague du cinéma algérien, de cinéastes qui, comme Merzak Allouache, ont affirmé une rupture avec une vision rompue à la propagande, aux films sur la guerre de libération notamment. Distribué dans le contexte difficile des années 1970, Omar Gatlato aura les faveurs de la critique au niveau international.

Il est venu bousculer un ordre établi dans la production nationale, s’annonçant comme l’une des créations du néo-réalisme algérien. Un cinéma qui est certes influencé par la vague italienne de Cinecittà de Rome, mais qui a ses propres référents et repères socioculturels.

Ce n’est pas tant le personnage Omar Gatlato (celui qui incarne par son attitude la redjla, la droiture à l’extrême – tuante – d’un homme à principes) qui fait le succès national et international du film, mais cette volonté du cinéaste d’exposer en toute désinvolture des sujets sur la réalité de la société.

Par conséquent, le spectateur s’y identifie aisément, sachant que l’une des caractéristiques de ce film réside dans la démythification d’un personnage qui existe encore un peu. Livré à la magie du grand écran, il ne sera que plus apprécié et bien ancré dans la mémoire collective.

D’autant que la mise en scène n’est pas dénuée d’intimisme, de lyrisme, d’humour et d’action. Omar Gatlato, autant que Les vacances de l’inspecteur Tahar de Moussa Haddad sont certainement des œuvres incontournables pour le cinéphile.

Une nouvelle vie les attend, leur sous-titrage en français, anglais et espagnol et leur disponibilité sur d’autres supports facilitera leur diffusion en salle et à la télévision. Leur numérisation, celle de treize autres comme Hassan Terro de Mohamed Lakhdar Hamina, La citadelle de Mohamed Chouikh, Patrouille à l’est d’Amar Laskri, Beni Handel de Lamine Merbah, L’aube des damnés d’Ahmed Rachedi (une dizaine d’autres films est en cours de restauration sur les 120 prévus), permettra une meilleure visibilité de ce cinéma référentiel. 

Ils seront à l’affiche à Alger durant le mois de ramadan, selon Mourad Chouihi, le directeur du Centre national du cinéma et de l’audiovisuel (CNCA), l’institution appelée par le ministre de la Culture à « poursuivre » cette restauration. Aussi, ce dernier a-t-il affirmé que son département compte « récupérer les archives du cinéma algérien » auprès de laboratoires de plusieurs pays européens. 

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter