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Nacer Djabi : « Le maintien de la présidentielle est un danger »

8 mai 2019 | 21:45

Il est impossible d’organiser l’élection présidentielle dans les délais prévus, soit le 4 juillet, et son maintien représente un danger pour l’avenir du pays. C’est ce qu’a affirmé ce mercredi le sociologue Nacer Djabi lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III, préconisant son report à l’automne. Il a signifié que le gouvernement lui-même commence à réaliser « l’infaisabilité » de cette présidentielle. Il a fait allusion au dernier discours du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah la veille du ramadan où il dit : « Les élections vont se dérouler dans leurs délais », sans autres précisions.

Selon le professeur Djabi, le problème se pose sur la légitimité des personnes censées représenter le gouvernement dans les négociations, préconisant un dialogue avec l’institution militaire détentrice du pouvoir, selon ses dires.

Les Algériens sont résolus, répète-t-il, à ne pas faire machine arrière ni rentrer chez eux avant la satisfaction de leurs revendications, car ils sont conscients que le sort de leur pays est en jeu et que ce mouvement populaire est en train d’instaurer de nouveaux rapports. Cela fait que nous vivons des moments vraiment historiques et d’éthique collective, juge-t-il.

Il souligne que les Algériens expriment des revendications exclusivement politiques, à savoir la rupture totale avec le système politique en place et réclament des institutions légitimes pour construire une Algérie nouvelle. Il a déclaré : « Les Algériens et depuis plus de deux mois manifestent dans toutes les wilayas et à l’étranger par millions et sans se lasser, en vue du changement radical du système et d’une nouvelle Algérie avec un pouvoir légitime. Ils restent unanimes et constants sur les revendications clairement exprimées. »

Pour le sociologue, il ne relève pas de l’impossible de transformer les revendications du peuple exprimées dans des slogans en des actes concrets sur le terrain. Le mouvement se structure au fil des semaines et propose une pléthore de « personnalités intègres et très légitimes » aux yeux du peuple pour la gestion de la période de transition. Et de préciser : « Le peuple est d’accord sur le fait que la transition est négociable en termes de durée. Il est aussi pour des élections sous la houlette d’une commission nationale autonome à même d’organiser des élections et un gouvernement de compétences nationales ».

Sur le rôle de l’élite l’intervenant considère qu’elle fait la force de ce « Hirak », compte tenu de la présence de plusieurs corporations, tels les universitaires, les médecins, les journalistes, les syndicalistes, les avocats et les magistrats, dont 37 % sont des femmes.

Essayant de décrypter la réalité politique actuelle, l’invité de la radio nationale fait état de deux scénarios : travailler sur ce qui est positif dans le mouvement populaire, dans la mesure où l’on arrive à des structures légitimes et construire un contre-pouvoir solide via de vrais partis politiques, des syndicats autonomes et des associations. Le deuxième scénario est le ratage du « grand virage », c’est à dire casser la révolution populaire pacifique et dans ce cas-là, la situation aura des conséquences très lourdes pour l’Algérie de demain.

Pour Djabi, il est possible d’écarter tous les oligarques du pouvoir, car la politique est un rapport de forces.

Sur les arrestations de plusieurs personnalités accusées d’être impliquées dans des affaires de corruption et autres délits, le sociologue insiste sur l’impératif de libérer la presse et la justice pour que les choses se fassent dans la transparence et la clarté, loin des « règlements de comptes et ventes concomitantes » visant à plaire à la foule.

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