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Mohamed VI sollicite Bouteflika

16 juillet 2016 | 18:57
Hocine Adryen

Le roi du Maroc Mohamed VI a envoyé vendredi dernier une délégation à Alger composée du ministre délégué aux Affaires étrangères Nacer Bourita et du patron de la Direction générale des études et de la documentation, (DGED) Yacine El Mansouri pour obtenir l’appui de l’Algérie afin de réintégrer les rangs de l’UA trente-deux ans après l’avoir quittée.

Le Maroc avait pris cette décision en reprochant à l’Organisation africaine (OUA) à l’époque de reconnaître la souveraineté du Sahara occidental.

La délégation marocaine a été reçue par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, auquel elle a transmis un message du souverain marocain au président Bouteflika.

Lors de cette audience, la discussion entre les deux parties a porté sur la sécurité régionale, notamment la lutte contre le terrorisme et le crime transnational organisé, les questions liées à la migration et la problématique du développement, indique un communiqué de la chefferie du gouvernement. 

Du côté algérien, on notera la présence du ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, mais surtout du conseiller auprès du président de la République, chargé de la coordination des services de sécurité Athmane Tartag.

La présence aux côtés du ministre du n° 1 de la sécurité intérieure marocaine, la première du genre depuis plus de vingt ans, se veut comme un gage de bonne volonté de la part des autorités marocaines pour désamorcer la crise qui envenime les relations entre les deux pays depuis 1994 à la suite de l’attentat de l’hôtel Atlas Asni perpétré par trois Franco-Marocains. 

Le Maroc avait accusé alors l’Algérie d’être derrière cet acte terroriste et a tout de suite institué le visa d’entrée pour les Algériens. En réaction, l’Algérie avait instauré les mêmes mesures et fermé les frontières avec ce pays.

Depuis, les relations bilatérales cheminent au gré des circonstances. Le pic de la crise a été atteint dans l’affaire du Sahara occidental. Le Maroc accuse toujours l’Algérie d’instrumentaliser l’affaire du Sahara occidental pour porter atteinte à son intégrité.

L’Algérie, pour sa part, soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui selon les recommandations de l’ONU qui exige, depuis sa première résolution, un référendum d’autodétermination.

La presse marocaine tait volontairement cette visite

La presse marocaine, plus prompte à tomber à bras raccourcis sur l’Algérie, a superbement ignoré cette visite aux allures de « capitulation ». Aucune trace et aucun écrit sur cette visite en Algérie, comme si le fait de rapporter cette information était un aveu d’impuissance.

Les Marocains, qui ont toujours refusé le rôle de leadership de l’Algérie en matière de lutte antiterroriste, se sont finalement résolus à travailler avec leurs homologues algériens en matière de lutte antiterroriste. Et reconnaissent de facto le rôle de leadership des services de sécurité algériens sur la brèche depuis plus de vingt ans. 

Ayant accumulé une expérience considérable qui fait rougir même les pays les plus développés, les services de sécurités algériens sont aujourd’hui courtisés par les fins limiers du monde entier.

En dépêchant une délégation à Alger, pour obtenir son aval pour faciliter son retour à l’UA, le roi du Maroc reconnait implicitement la place et l’influence de l’Algérie dans le continent africain. Mieux encore, il admet involontairement que rien ne pourra se faire sans l’aide de l’Algérie qu’il a, des années, provoquée par des discours belliqueux.

Aujourd’hui le roi du Maroc est-il revenu à la raison et admis une fois pour toutes que sa « stratégie de tension » soufflée par quelques va-t-en-guerre est contre-productrice et ne fait qu’aggraver l’isolement de son pays, lui qui veut faire de l’Afrique son tremplin pour l’Europe ? Mais sa réadmission à l’UA n’est pas encore chosée aisée. La commission africaine, l’une des instances-clés de l’UA, a indiqué vendredi dernier que le Maroc ne siègera pas à l’occasion du sommet de Kigali.

La capitale rwandaise Kigali accueille, depuis le 10 juillet, les travaux du 27e Sommet de l’Union africaine, qui sera clôturé avec le très attendu sommet des chefs d’État les 17 et 18 juillet. Le Maroc ne participe pas aux travaux, même si une délégation se rend à chaque édition pour des rencontres bilatérales. Il pourrait toutefois y assister en tant qu’invité.

Le Maroc a récemment envoyé un émissaire au président kényan, dans le cadre d’une démarche menée par le royaume pour rejoindre l’Union africaine. Une délégation marocaine a entrepris des négociations avec des délégués d’autres pays du continent au sommet de l’Union africaine du 10 au 18 juillet à Kigali, dans le but de sceller le retour du Maroc au sein de l’organisation. 

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