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Mezrag, une histoire d’incohérence

6 octobre 2015 | 19:41
Mansari K. M.

Après avoir été élevé au rang de personnalité nationale durant l’été 2014, Madani Mezrag, l’ex-émir de l’Armée islamique du salut (AIS) endosse aujourd’hui l’habit de persona non grata. L’ange déchu et répudié.

La raison ? Le pouvoir ne veut plus entendre parler de son ambition de lancer son FARS, le Front algérien de réconciliation et de salut, le vœu qu’il chérit depuis 15 ans. Aux yeux des autorités, Mezrag a les mains « tachées de sang » et ne peut occuper une case dans l’échiquier politique.

L’article 26 de l’ordonnance relative à l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale lui fait barrage. Il dispose que « l’exercice de l’activité politique est interdit, sous quelque forme que ce soit, pour toute personne responsable de l’instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale ».

Cela d’autant que le président Bouteflika lui a coupé les jarrets dans un message à l’occasion du 10e anniversaire de l’adoption de la Chartre par voie référendaire. Bouteflika, g en lui a signifié son opposition franche au retour politique des anciens du FIS-dissous.

Or, les hautes autorités du pays qui s’étaient attelées, au lendemain de la présidentielle d’avril 2014, à créer un large consensus autour de la révision de la Constitution avaient battu le rappel de Mezrag quand l’opposition a tourné le dos à Ahmed Ouyahia, le chef de cabinet d’El Mouradia, chargé de rassembler le maximum d’adhésion. La Présidence avait invité Mezrag aux consultations sur la Constitution, en lui attribuant le statut de personnalité nationale.

La Présidence a sollicité sa contribution à une loi qui préside aux destinées des Algériens, qui dessinera les prochaines institutions de l’État, ses structures et servira de feuille de route au projet de société, mais en parallèle s’est empressée de lui dénier tout droit politique.

Le leader islamiste n’a pas forcé la porte de la Présidence, n’a pas demandé audience ni offert ses services. Il a été invité au même titre qu’Amar Saâdani, SG du FLN, Bensalah alors leader du RND, en étant bardé d’un titre supérieur à celui d’un responsable partisan. Qu’il soit considéré comme terroriste ou ange descendu du ciel, Mezrag est devenu un associé dans la Loi fondamentale.

On lui a ouvert, à deux battants les portes de la Présidence, pour qu’il apporte sa pierre à l’élaboration de la Constitution qui décidera justement du paysage politique, de la loi sur les partis et des droits civiques. La Constitution est au-dessus de toutes les lois, y compris la Charte sur la réconciliation nationale.

Qui peut prétendre que la prochaine Constitution ne comportera pas les propositions de Mezrag soumises à Ouyahia et expliquées face à la caméra à l’issue de l’audience ? Toute l’Algérie a vu et entendu les organes officiels couvrir et reprendre intégralement ses propos. Force est de constater que Mezrag peut se targuer d’être l’un des artisans de la nouvelle Constitution, mais ne peut faire valoir son « droit « à un parti politique.

Une situation kafkaïenne induite par les incohérences de la démarche de l’Etat à l’égard de « l’émir » repenti.

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