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Mémorable hommage à Chafia Boudraâ

9 mai 2016 | 19:20
Saïd Tissegouine

C’est un mémorable hommage qui a été rendu, avant-hier après-midi au Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou, à l’icône du cinéma algérien, Chafia Boudraâ.

En sus du directeur de l’institution culturelle ayant abrité la manifestation, Farid Mahiout, ont marqué ce rendez-vous en tant qu’acteurs le wali, Brahim Merred, le président de l’APW, Mohamed Kllalèche, son collaborateur, Mohamed Achid, le premier magistrat de la commune de Tizi Ouzou, Ouhab Aït Menguellet, deux membres du comité central du FLN, Jugurtha Adlane et Mohamed Haddad, le député Saïd Lakhdari, également mouhafedh de Tizi Ouzou et membre du comité central du FLN, le député RND et premier responsable du bureau du parti à Tizi Ouzou, Tayeb Mokadem, ainsi que le neveu de Abane Ramdane, Bousad Ramdane.

Outre le nombreux public parmi lequel se trouvaient de nombreuses personnalités artistiques et amoureux du 7e art, il convient de citer certaines personnalités du monde des arts, cinématographique plus particulièrement, qui ont fait le déplacement d’Alger jusqu’à Tizi Ouzou pour assister à cette manifestation.

Il s’agit, entre autres, de Mourad Yekkour, Mustapha Ghebbache, Messaoud Ramdani, Mohamed Bouchemaâ, Mouloud Fellahi, Meziane Yala, Mohamed Addjaïmi, Kouider Bouziane, Abdelmalek Djerroud, Hassane Benzerari, Anissa Gadiri, Mohamed Ouadah, Smaïn Boudagha, Abdelkader Bouddjadja, Ahmed Ghebouba, Amel Himer.

Les dizaines de témoignages rendus à Chafia Boudraâ étaient d’une éloquence et d’une authenticité certaines. Le président de l’APW a dit « El-Hariq, que nous avons vu et vécu à l’écran, est une référence et un repère pour toute une génération.

Pas seulement le film, mais vous, madame, car vous ne faites pas qu’interpréter un rôle, vous incarnez un personnage réel. C’est comme si l’on n’était pas au cinéma mais dans la vie de tous les jours… ».

Pour sa part, la directrice de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri, Nabila Goumeziane, a mis l’accent, dans un long discours, sur le profil artistique ainsi que sur le côté réellement nationaliste et patriotique de Chafia Boudraâ. Cette grande dame est arrivée à Tizi Ouzou la veille de son rendez-vous au Théâtre régional Kateb-Yacine, pour participer, à M’douha, à la commémoration du 8 mai 1945. 

Brahim Merred a témoigné de l’authenticité patriotique de l’actrice. « La preuve est qu’elle a appris par cœur les cinq couplets de l’hymne national alors qu’en général, les gens arrivent à apprendre seulement 3 ou 4 couplets », a relevé le wali. Quant au président de l’APC, il a souhaité réaliser une version kabyle de tous les films où a joué Chafia Boudraâ, notamment El-Hariq.

L’actrice, âgée 86 ans, a récité, émue, un poème patriotique où le kabyle et le chaoui s’alternaient. Toutefois, c’est le journaliste Rachid Hammoutène qui a résumé la signature faite par le trio Mohamed Dib – Mustapha Badie – Chafia Boudraâ en clamant : « A travers El-Hariq, madame, vous avez réussi à nous inculquer le nationalisme. »

Il est aussi vrai qu’il existe une ressemblance frappante entre la signature portée par Mohamed Dib, Mustapha Badie et Chafia Boudraâ sur l’œuvre El-Hariq et celle portée sur les Raisins de la colère par John Steinbeck, John Ford et Jane Darwell.

Tous les connaisseurs en cinéma trouvent en Chafia Boudrâa une grande ressemblance avec l’Américaine Jane Darwell, tant sur le profil caractériel de chacun de leurs personnages incarnés que sur le jeu purement comédien. Jane et Chafia jouent toujours le rôle de mères sévères et soucieuses de la bonne conduite des affaires de la maison, mais cette sévérité cache une grande tendresse.

Mais qui est donc Chafia Boudraâ ? Chafia Boudraâ, de son vrai nom Atika Latrèche, est née le 22 avril 1930 à Constantine. Veuve de chahid, son défunt mari étant tombé au champ d’honneur, les armes à la main, en 1961, et ce dans la wilaya IV. A l’indépendance, plus exactement en 1964, Chafia Boudraâ quitte son Constantinois natal pour s’installer à Alger.

Apès quelques petits métiers par-ci par-là pour gagner sa vie, elle se lance dans le cinéma. Elle est révélée au grand public, grâce ses grandes prestations, dans El-Hariq.

Dès lors, elle se lance dans une carrière fulgurante. Sa reconnaissance se fait alors aussi bien à Cannes (France) qu’aux Etats-Unis, pays du cinéma par excellence.

Des acteurs, à l’instar de Mohamed Adjaïmi, ont témoigné aussi de la grandeur tant artistique qu’humaine de l’actrice. Notons enfin qu’une exposition de photos et une projection de vidéos sur la vie et l’œuvre de l’artiste ont été au programme, en sus du monologue intitulé Liberté, interprété par le maestro Ahmed Ghebouba. L’artiste y a interprété des chansons satiriques. Une chose est cependant sûre. Ahmed Ghebouba, avec le son produit par sa guitare, fait penser à feu Johnny Cash.

Comme c’est de coutume dans pareil événement, les initiateurs de la manifestation ont gratifié Chafia Boudraâ d’une robe kabyle et de son portrait, lequel a été exécuté par les étudiants de l’Ecole des beaux-arts d’Azazga.

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