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Médéa, un terrain ouvert pour Jound El-Khilafa ?

11 juin 2016 | 21:30
Sofiane Abi

Le groupe terroriste de Jound El-Khilafa (soldats du Califat), créé le 14 septembre 2014 suite à une dissidence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et auteur de l’enlèvement et de l’égorgement du ressortissant français Hervé Gourdel, tente de s’installer dans les maquis de Médéa après plusieurs coups sévères portés par l’Armée nationale populaire (ANP) à Boumerdès et à Bouira, entre 2014 et 2015, et qui a permis de décimer une grande partie dudit groupe armé.

Quatre terroristes abattus et un autre capturé vivant, tel est le bilan provisoire communiqué avant-hier par le ministère de la Défense, dans le cadre d’une vaste opération antiterroriste lancée depuis mercredi passé et qui se poursuit à ce jour dans les maquis de Médéa.

Médéa, cette ville forteresse peuplée de montagnes vertes qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Khemis Miliana (Aïn Defla) et à 40 km seulement de la wilaya de Blida, va-t-elle renouer avec le terrorisme après une accalmie qui a duré plus de 16 ans. Pour rappel, c’était l’ancien fief de l’ex-Groupe islamique armé (GIA), où les sept moines français de Tibhirine avaient d’ailleurs été enlevés et égorgés en 1996 par un commando du GIA.

Après plusieurs coups sévères portés contre ses membres, Jound El-Khilafa, est en train de chercher un « abri », voire un refuge salutaire pour fuir Bouira. L’élimination par un détachement de l’ANP de quatre terroristes à Médéa, dans le cadre de la lutte antiterroriste, prouve que des groupes armés veulent faire de Médéa leur nouveau sanctuaire.

La menace est de taille si Jound El-Khilafa parvient à construire son nid dans les maquis de Médéa.Selon un communiqué de l’ANP, les quatre terroristes ont été neutralisés le 8 juin passé à 22 h00, suite à une embuscade tendue dans la zone de Rouakeche, près de la commune de Baâta, wilaya de Médéa (1re RM). Quatre pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov et une quantité de munitions ont été récupérés. Un abri et une bombe de confection artisanale ont également été détruits.

Près de 24 heures après cette offensive, les troupes de l’armée ont capturé un terroriste qui tentait de se cacher non loin d’un village à Médéa.

Selon le ministère de la Défense, un détachement de l’Armée nationale populaire a capturé un terroriste, dans l’après-midi du 9 juin 2016 dans la zone de Rouakeche, près de la commune de Baâta, wilaya de Médéa (1re RM), et a saisi un pistolet mitrailleur de type Kalachnikov, une paire de jumelles nocturnes, cinq chargeurs pour munitions et sept téléphones portables.

Les forces de sécurité suspectent un dangereux terroriste, un certain Messaoudi, « émir » très influent dans les maquis de Médéa avant d’être le commandant de la sinistre phalange d’El-Ghoraba.
Abdelmalek Gouri (abattu en 2015 aux Issers), alias Abou Mossaâb Abdelouadoud et Khaled Abou Souleimane (37 ans), présenté comme le chef de Jound El-Khilafa depuis l’annonce de son soutien à l’Etat islamique au début de septembre 2014, avait quitté les maquis de Médéa pour rejoindre ceux de Bouira, son objectif étant de laisser le terrain libre à son concurrent, Messaoudi.

Les experts savent peu de choses sur Messaoudi sinon qu’il était responsable de plusieurs katibate (phalanges) au centre du pays et que son frère, Khaled, a été tué par les forces de sécurité dans une opération antiterroriste menée en 2013. Il était le conseiller de Droukdel et aurait passé cinq ans en prison à la fin des années 1990. Très surveillé par les services secrets, il a donc beaucoup de difficultés à se déplacer.

Les « informateurs », source d’inquiétude pour les services de sécurité

Ce que redoute le plus les services de sécurité, c’est bien la complicité de certains « informateurs », qui fournissent d’importants renseignements aux terroristes toujours actifs à Médéa.

L’arrestation le 28 janvier 2015 dans la commune de Bordj El-Emir Abdelkader, des quatre « informateurs », qui ont contribué à l’assassinat du P/APC de ladite commune en décembre 2014 est un cas de figure flagrant de cette menace.

Les quatre « informateurs » d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, âgés entre 30 et 38 ans et dont deux ayant des antécédents judiciaires, ont rejoint Aqmi quelques mois avant l’assassinat du P/APC de Bordj El-Emir Abdelkader.

Ils ont fourni nombre de renseignements aux terroristes qui, eux, sont retranchés dans les maquis de Médéa. Grâce à ces informations, les terroristes de plusieurs phalanges ont pu échapper aux opérations de l’ANP, tout comme ils ont mené quelques attaques contre les services de sécurité, à l’instar de celle menée en 2013 contre le wali de Médéa.

Il est difficile de connaître le nombre exacte des informateurs des groupes armés en activité clandestine à Médéa, toutefois, entre 2013 et 2016, plus d’une centaine d’entre eux ont été arrêtés pour aide et assistance aux groupes terroristes, non-dénonciation de criminels et apologie du terrorisme. 

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