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Marche des étudiants : Encore un rejet du projet de loi sur les hydrocarbures

15 octobre 2019 | 19:03
EtudiantHirak Aziza Mehdid

La capitale a été ce mardi le théâtre d’une très forte mobilisation marquant la 34e marche des étudiants. Un mardi qui a fait oublier aux Algériens les actes de violence qu’ont subis les étudiants en leur 33e marche pacifique sur les mêmes lieux.

Ainsi, les contestataires réitèrent non seulement les revendications du 22 février dernier, à savoir le départ des résidus du système contesté et l’instauration d’un Etat de droit, mais ils disent aussi « halte au bradage des ressources naturelles de ce pays ».

Après le rassemblement rituel à la place des Martyrs, la foule, massive et compacte, a pu démarrer dans la sérénité et à pas sûr. Pas de séparation entre étudiants et citoyens lambda. Comme un seul homme, la marée humaine avançait dans les rues d’Alger-centre, non sans voir les passants se joindre par groupes aux contestataires. Parmi les premiers slogans entonnés : « ba3ouha el-khawana, ba3ouha », (ils l’ont vendue, les traîtres), « blad bladna wendirou rayna, makach el’vot » (ce pays est le nôtre, nous faisons ce que nous voulons, pas de vote », « ya Ali ya Abane, ba3ouha lal’marikane » (Ali, Abane, ils l’ont vendue aux Américains). D’autres slogans expriment la communion et la solidarité indéfectible des manifestants tels : « Adouna ga3 lal habs, chaâb mahouch habess » (emmenez-nous tous en prison, le peuple ne va pas s’arrêter), « libérez les détenus », « jibouha ya talab jibouha » (les étudiants, vous allez arriver et triompher).

Les manifestants continuaient à battre le pavé avec plus de détermination. Même les personnes souffrant d’une incapacité physique ont adhéré à la manifestation, bravant leur maladie, tenant une canne à la main ou étant carrément sur une chaise roulante.

Visiblement, une conscience collective prend corps au sein du Hirak. Les contestataires, tout en mettant le cap sur les principales revendications, ne perdent pas de vue leurs camarades qui ont été arrêtés durant les manifestations hebdomadaires et sont actuellement en détention provisoire ; « libérez Yasmine Dahmani », scandaient les étudiants qui réclamaient la remise en liberté de cette étudiante arrêtée depuis plus d’un mois. Abdelhak, venu spécialement pour soutenir les étudiants, nous a déclaré à ce propos : « Après la répression et l’empêchement de la marche des étudiants la semaine passée, nous avons promis le vendredi suivant de sortir avec eux. Et nous sommes là aujourd’hui pour marcher avec nos étudiants. Ce sont eux l’avenir, leurs revendications légitimes sont les nôtres ».

Par ailleurs, un cadre dans une entreprise était muni d’une pancarte où l’on pouvait lire « Gouvernement illégitime, le peuple dit l’Algérie n’est ni à vendre ni à hypothéquer ». Il nous a indiqué que « le peuple est conscient et sait défendre son pays et ses richesses. Il faudrait qu’on écoute sa voix et qu’on ouvre un débat national sur les questions stratégiques ». Avec les générations montantes, estime-t-il, il est illogique de continuer à fonctionner selon des « méthodes caduques ». De son côté Wafa, étudiante à l’université d’Alger (1), a qualifié la mobilisation de ce 34e mardi « d’une réponse suffisante aux tenants du pouvoir et que ce peuple est uni plus que jamais, qu’il est conscient et il ne sert à rien de l’intimider et le priver de ses droits civiques de manifester pacifiquement ».

Il était midi passé et le boulevard Colonel Amirouche était noir de monde. Les manifestants clamaient à tue-tête « Dawla madanya, machi 3askarya » (Etat civil pas militaire), « djazayer hora democratya », (Algérie lire et démocratique), « makach l’vot wallah mandirou… » (pas de vote, nous n’allons pas le faire) …

Tout compte fait, la communauté estudiantine a fait, encore une fois, preuve de son engagement et de sa volonté afin de faire aboutir ses revendications. Mais ce qui impressionne le plus c’est son pacifisme, sa solidarité et sa tolérance exemplaire. C’est ce qu’affirme l’un des coordinateurs des marches estudiantines, qui s’adressait à ses collègues vers la fin de la manifestation : « Camarades, nous devons rester pacifiques, unis, solidaires et surtout tolérants envers nos frères de la police, tous ensemble entonnons l’hymne national ! » Il convient de signaler que ce 34e mardi a été marqué, également, par un allègement du dispositif sécuritaire, sans aucun recours à des actes de répression.

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