Nationale

#TITRE

256

Maintien de la suprématie des partis de la mouvance présidentielle

6 mai 2017 | 20:32
Hani Rabah

La coalition gouvernementale FLN-RND continuera encore à gérer les affaires du pays. Avec la majorité relative obtenue par le vieux parti du président de la République Abdelaziz Bouteflika et la « remontada » d’Ahmed Ouyahia, les deux formations clés de la mouvance présidentielle ne sont plus obligés de nouer des alliances pour former un cabinet exécutif.

Le nombre des sièges obtenus pour la future APN par les deux partis, 261 sur 462, conforte largement leurs positions dominantes.

De plus, avec les sièges obtenus par les autres partis qui font partie de cette ancienne coalition gouvernementale, le MPA d’Amara Benyounès, TAJ de Amar Ghoul et accessoirement l’ANR de Belkacem Sahli, la suprématie parlementaire est totale pour les partis qui se sont engagés à soutenir le programme présidentiel et ses actions futures.

Pour les analystes, trois enseignements majeurs ressortent de ces élections. D’abord, le fort taux d’abstention, qui dépasse les 62 % , soit presque les deux tiers de l’électorat. Un score qui démontre une fois de plus que les législatives algériennes n’intéressent plus les citoyens et qu’il existe un désaveu manifeste de leur part contre l’action parlementaire.

Certains expliquent cela par le manque de crédibilité de cette institution, aussi bien pour son rôle et ses missions que pour le respect de l’éthique de la part de ses membres élus. Depuis de longues années, cette institution traîne une image bien terne et une réputation politique sulfureuse, que même certains députés récalcitrants, avertis ou combatifs n’ont pu effacer. La sanction sociale est lourde de sens.

En plus de ce taux relativement faible, 37,09%, il y a lieu de s’interroger sur l’ampleur des bulletins blancs qui ont atteint des seuils alarmants (deux millions de bulletins non validés). Bien qu’aucun chiffre n’ait été donné sur les voix obtenues par chaque parti, des informations éparses font état d’un score inquiétant, en attendant la validation du Conseil constitutionnel.

Second enseignement pour les observateurs : les résultats qui furent un véritable désaveu pour une bonne partie de l’opposition, notamment celle de la mouvance islamiste. Regroupés autour de blocs ou alliances, rodés sur le plan politique et électoral, les islamistes ont été les grands perdants de ces élections, bien qu’Abderrezak Mokri, le patron du MSP, justifie ces échecs par la fraude et les nombreuses irrégularités.

Il faut noter que même avec des recours, les islamistes, comme troisième force parlementaire de la prochaine mandature, ne pourront aucunement déranger la suprématie du duo FLN-RND. Même constat pour les autres partis appartenant à la mouvance démocratique, comme le FFS ou le RCD, dont les scores sont restés figés depuis des années. Pour l’opposition de gauche représentée par le Parti des travailleurs, c’est un recul lourd de sens.

Le discours de Louisa Hanoune et sa propension à critiquer l’oligarchie et les pouvoirs de l’argent ne semblent guère avoir cnvaincu les catégories moyennes et les couches laborieuses. Globalement, cette opposition devra rester minoritaire encore dans l’hémicycle de Zirout Youcef.

Enfin, il faut noter qu’en dépit des pertes importantes pour le FLN - plus de 25% de sièges perdus-, les chiffres dévoilés par Noureddine Bedoui montrent que notre électorat a choisi la stabilité et la continuité.

Garder les mêmes et poursuivre, faute de changement ou de solution intermédiaire. Un électorat qui refuse d’opter pour des forces politiques synonymes « d’aventurisme », « d’incertitudes », de « risques sociaux et économiques » ou de « dangers » politiques.

Il convient aussi de noter la présence permanente de listes indépendantes qui ont raflé 28 sièges faisant de ce « bloc » la quatrième force politique à l’Assemblée. Faute d’alternative sérieuse ? Cet électorat est-il mûr pour changer de fruit ou de le cueillir ? Qui pourrait accuser notre société d’immobilisme, quand le contexte politique et la conjoncture économique ont écrasé les voix des citoyens, même dans les isoloirs ?

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter