Articles similaires

Opinions


3675

Macron ou l’affranchi générationnel

17 février 2017 | 20:05
ColonisationFrance M’hamed Khodja

« Le colonialisme est un mauvais élève », disait le général Giap à propos de cette France coloniale qui excelle dans le déni et l’entêtement dans la bêtise.

La déclaration du candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron, à propos du caractère criminel et génocidaire de la colonisation française en Algérie rompt avec cette propension du personnel politique de la Ve République à entretenir le mythe d’une œuvre civilisatrice bâtie avec les ossements de millions de victimes algériennes en 132 ans de nuit coloniale.

Jamais depuis l’indépendance de l’Algérie une déclaration d’un présidentiable français n’a fait autant polémique, non pas parce que l’objet du propos est infamant, bien au contraire, le propos de Macron est juste, légitime et révolutionnaire. Au tollé provoqué dans l’Hexagone, l’ancien ministre de l’Economie persiste et signe.

« L’équivalant d’une vie d’homme s’est écoulée depuis la fin de la guerre d’Algérie. Ma génération ne l’a pas connue. Sommes-nous aujourd’hui condamnés à vivre à jamais dans l’ombre de ce traumatisme pour nos deux pays ?

Il est temps de clôturer ce deuil », a répondu le favori actuel de l’élection de mai prochain. Balayant d’un revers de main les grimaces d’un François Fillon empêtré dans les scandales en cascade et les vociférations d’une Marine Le Pen, héritière de son père tortionnaire assassin tant au Vietnam qu’en Algérie, Emmanuel Macron entend pacifier les mémoires afin de mieux appréhender le futur entre les deux pays.

En fin politique, l’ancien locataire de Bercy sait que les affaires se font dans un climat serein. Et quoi de mieux que l’apaisement mémoriel pour construire une relation durable.

L’homme, qui affirme ne pas porter sur ses épaules le poids des années difficiles, se défait facilement et avec une grande aisance d’un traumatisme qui hante la classe politique française, toujours travaillée par les ultras de l’OAS et des nostalgiques de l’Algérie française.
C’est pour ces raisons que la qualification par Macron du colonialisme comme étant un « crime », « un crime contre l’humanité », fait scandale.

La leader du Front national peut-elle envisager la comparution de son criminel de père, Jean-Marie Le Pen, devant un tribunal de type Nuremberg ? François Fillon peut-il imaginer la même chose, même à titre posthume, pour ses lointains ancêtres du gaullisme ? Idem pour Benoît Hamon avec Guy Mollet ou Jacques Soustelle ?

La liste s’arrête aux protagonistes contemporains de la révolution algérienne. Quid des Bourmont, Clauzel, Bugeaud, Saint Arnaud et des centaines de militaires et de politiques qui ont massacré tout un peuple au nom de la France des droits de l’Homme et des Lumières ?

C’est justement au nom de cette France que Macron entend tourner la page, lui qui est libéré des pesanteurs des partis traditionnels veut également se libérer des pesanteurs du passé pour mieux regarder l’avenir.

Aura-t-il le courage d’aller jusqu’au bout de ses idées, osera-t-il révolutionner les politiques et la politique de la France à l’égard de son histoire avant de l’être à l’égard de l’Algérie et des Algériens ?

En politique justement, les propos de campagne ne sont pas toujours la trame de décisions prises après la victoire des urnes. Osons croire qu’Emmanuel Macron ne commettra pas ce crime.

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Etes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo dans la coupe du monde de football ?

Facebook

Twitter