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Macron entre pesanteur coloniale et ambitions commerciales

4 décembre 2017 | 21:50
Hocine Adryen

Emmanuel Macron va effectuer sa première grande visite en Algérie, le 6 décembre, depuis son accession à la présidence de la République, lors de laquelle il tentera d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la France avec l’Algérie.

Cependant, une telle chose n’est pas facile à faire. Il sera donc face à un défi de taille. En effet, le déplacement d’un chef d’État français en Algérie s’accompagne toujours d’un peu de pression. Et surtout, va-t-il réussir à dépasser le passé entre les deux nations ?

A la veille de sa première visite officielle en Algérie en tant que chef d’Etat, le président français, Emmanuel Macron, a déjà esquissé ce que sera le fil conducteur de son discours sur la colonisation.

Il a d’ores et déjà affirmé qu’il ne sera pas le président qui prononcera la repentance de son pays par rapport aux crimes commis durant la colonisation : « J’ai souvent dit : ni déni ni repentance ».

« Il faut regarder les choses en face, c’est notre histoire commune », a-t-il ajouté, appelant à regarder de manière très dépassionnée cette période : « Ce passé c’est notre viatique pour l’éternité, comme disait Jankélévitch.

Mais ce qui compte, c’est notre avenir commun », a conclu le président français, dont les propos ont été rapportés par l’AFP. Emmanuel Macron s’exprimait en réponse à un Français d’origine congolaise qui l’interrogeait sur la possibilité de le voir faire un geste en faveur d’une reconnaissance du passé colonial. 

« Cette jeune femme n’a pas vécu la colonisation, donc elle ne peut se construire sa vie, son projet de vie, la relation avec le pays où elle est, la France, avec ça. Je ne vais pas dire la France doit verser un subside, ou reconnaître ou indemniser, ce serait totalement ridicule. En termes de mentalité, ce n’est pas une façon de construire son avenir », a lancé Macron.

Le chef de l’Etat français veut-il imposer son agenda en reniant son discours tenu au mois de mars à Alger, lors d’une interview télévisée privée, que la colonisation relevait d’un « crime contre l’humanité » ? Une déclaration qui a soulevé une grosse polémique en France, notamment dans les milieux ultranationalistes.

Il est vrai aussi que le candidat à la présidentielle française n’était pas encore confronté à la réalité quotidienne et aux puissants lobbys qui l’ont propulsé à ce poste. La question de la repentance est ainsi évacuée alors qu’elle vient à peine d’être soulevée.

Près d’un demi-siècle après l’indépendance, les démons du passé polluent le présent et obèrent l’avenir des relations entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale. Toutefois, les questions de mémoire n’expliquent pas à elles seules les convulsions cycliques qui caractérisent le dialogue franco-algérien.

La 4e réunion de la Commission mixte économique algéro-française (Comefa), tenue à la fin du mois de novembre dernier, s’est soldée par la signature de plusieurs accords de partenariats dont l’annonce de l’installation à Oran de l’usine Peugeot. Deux autres accords ont été également signés.

Il s’agit d’un accord en vue de la création d’un consortium baptisé « Agro-med « , pour l’exportation des fruits et légumes « bio » algériens vers la France.

Le second accord concerne la création en Algérie d’une unité de fabrication de postes électriques moyenne et basse tensions ainsi que des armoires de protection pour les systèmes de contrôle de commande, en partenariat entre le groupe algérien ELEC- El Djazaïr et Schneider Electric, spécialisé dans la gestion de l’énergie et en automatisation.

Le 9 novembre dernier, le Sénat français a entériné une nouvelle convention judiciaire entre Paris et Alger. Aux termes de son article 21, la partie algérienne devra être informée de toute plainte visant l’un de ses ressortissants qui serait poursuivi sur le territoire français pour des faits commis en Algérie.

Une disposition largement inspirée du protocole judiciaire signé entre la France et le Maroc en 2015 et qui avait mis fin à un an de gel des relations diplomatiques bilatérales. L’Algérie a demandé à bénéficier des mêmes avantages que ceux qui avaient été consentis à son voisin.

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