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Macron à Alger : Une visite sans enjeu politique

5 décembre 2017 | 20:57
Hocine Adryen

Le président Emmanuel Macron arrivera aujourd’hui à Alger en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et du ministre du Budget, Gérald Darmanin, selon des informations fournies par le palais de l’Elysée.

Des artistes, des écrivains et des créateurs de start-up français feront partie de la délégation présidentielle, une délégation - »assez réduite », selon l’Élysée, composée d’élus (dont la députée Fadila Khattabi, présidente du groupe d’amitié France-Algérie à l’Assemblée nationale).

Juste après son arrivée à l’aéroport d’Alger vers 11h00, où il sera accueilli par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Benslalah, Emmanuel Macron marquera une première halte au monument des Martyrs à El Madania pour un geste de recueillement en souvenir des martyrs de la Révolution. Suivra une déambulation du président Macron et de sa délégation à la rue Larbi-Ben M’hidi, avec un petit détour à la librairie du Tiers monde.

Le bain de foule devrait se prolonger dans la rue Didouche-Mourad, avec un crochet à la Fac centrale pour un pèlerinage de la première dame.

Le chef de l’Etat français se rendra ensuite à la résidence de l’ambassade de France à El Biar pour un déjeuner avec des représentants de la société civile. En début d’après-midi, le président Macron aura les premiers entretiens avec le Premier ministre Ahmed Ouyhaia avant de se diriger à Zéralda pour une audience avec le président Bouteflika.

Une conférence de presse entre 18 h et 18 h30 est prévue à l’hôtel Aurassi, avant un dîner de travail avec le président du Conseil de la nation.

Le président Macron achèvera sa visite à 22 h. A l’Elysée, cette visite d’amitié et de travail exprime « la profondeur, la densité des liens entre nos deux pays et la volonté de s’ouvrir à l’Algérie, à travers des relations économiques importantes qui répondent d’ailleurs au souhait des autorités algériennes d’accueillir des investissements français en Algérie et de diversifier son économie », ajoute le communiqué qui n’identifie pas les secteurs à développer.

Les questions sécuritaires seront au programme de cette visite, notamment le Sahel et la Libye, deux dossiers sur lesquels Alger et Paris entretiennent une coopération suivie, ajoute-t-on de même source.

La dimension mémorielle sera très présente lors de cette visite avec un « focus sur les relations humaines et une vision tournée vers le futur et les nouvelles générations », dit-on encore.

A propos de mémoire, on parle d’une « annonce forte » de la part du président Macron qui pourrait, laisse-t-on entendre, annoncer la restitution officielle des crânes des résistants algériens. Mais point de déclaration officielle sur les crimes coloniaux. Comme si cette question était devenue pour le moins gênante, voire mortelle pour tous les présidents français qui se sont succédé.

Une seconde visite officielle souhaitée

C’est la deuxième visite du président Macron en Algérie en une année, après celle qu’il a effectuée en qualité de candidat à la présidentielle française au mois de février dernier, au cours de laquelle il avait qualifié la colonisation de crime contre l’humanité.

« C’est une séquence franco-algérienne qui va se dérouler cette semaine », a-t-on indiqué du côté français, mettant en valeur « la profondeur et la densité des relations entre la France et l’Algérie, appelées à se développer davantage » et soulignant que la France « souhaite accompagner l’Algérie dans sa vision stratégique de développement ».

L’hôte de l’Algérie veut marquer le soutien à plusieurs projets entre les deux pays avec une « vision renouvelée et partagée de la coopération ».

L’Elysée a indiqué que cette visite « sera suivie ultérieurement par une autre d’Etat qui nécessite, elle, une préparation, sans pour autant avancer de date, du fait de la place importante occupée par l’Algérie ». L’Algérie « occupe une place importante, une place de passerelle en Méditerranée et en Afrique.

C’est un grand pays voisin avec qui nous souhaitons consolider nos relations en raison de sa place singulière », a-t-on souligné, notant que le président Macron « voulait effectuer cette visite rapidement pour montrer l’importance de ce pays ». Selon le communiqué, la coopération entre la France et l’Algérie « doit aller plus loin ».

Reconnaissant le rôle de l’Algérie dans le règlement des conflits régionaux ainsi que son expérience dans la lutte contre le terrorisme, notamment en ce qui concerne les filières terroristes, et contre le radicalisme, qui « intéresse la France », la source a apprécié « la qualité de partenariat dans ce domaine ».
Si les deux parties n’aborderont pas la question mémorielle, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a tenu à le rappeler à l’hôte de l’Algérie.

« Les relations algéro-françaises ne seront pas tout à fait normales sans la présentation des excuses, l’indemnisation et reconnaissance des crimes coloniaux », a indiqué le ministre sur les ondes de la radio, considérant que « ces revendications sont légitimes et doivent trouver des réponses positives.

On attend beaucoup de cette visite du président Macron, en espérant qu’elle sera l’occasion d’un règlement des dossiers en suspens en rapport avec la mémoire, afin de créer un climat de confiance », poursuit-il lors de son passage au forum de la radio nationale.

Tayeb Zitouni a identifié quatre dossiers, à savoir les archives de la Révolution, les disparus pendant la guerre de libération, l’indemnisation des victimes des essais nucléaires dans le Sud et la restitution des crânes des résistants.

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