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Logement:La wilaya de Tizi Ouzou est vraiment à la traîne

11 septembre 2018 | 20:58
LogementsTizi-Ouzou Saïd Tissegouine


En matière de logement, la wilaya de Tizi Ouzou est vraiment à la traîne. Et pourtant, l’Etat lui a octroyé des programmes gigantesques. Aussi, rien que dans le cadre des formules AADL 2, LPP, LPL, LSL, RPHP, LSP, LPA et EMPI, les travaux à l’arrêt portent sur au moins 3 812 unités et les travaux non lancés sur 10 645 unités.


Au fil du temps, il devient impossible d’avoir une idée précise sur la gabegie qui règne dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Ce qui est sûr, les formules AADL 2013 et les programmes quinquennaux 2004-2009 et 2009-2014, le nombre de logements retenus à titre de réalisation est d’au moins 42 329. Il se trouve, hélas, qu’en sus des projets de construction à l’arrêt ou encore non lancés, ceux en cours de réalisation ne connaissent, pour la plupart, qu’un avancement dont le taux dépasse rarement les 15 %. Beaucoup de questionnements sont légitimes sur ces retards flagrants dans la réalisation. Si un projet de réalisation d’une trentaine de logements pris en charge par une entreprise, dont la bonne réputation est connue de tous, a été entamé il y a quatorze ans, n’est toujours pas mais achevé les raisons du retard sont à rechercher ailleurs que dans la structure ou le profil de l’entreprise elle-même chargée de la réalisation des travaux.


Comment une même entreprise réalise t-elle des projets plus consistants et dans des délais relativement court dans d’autres wilayas du pays alors qu’à Tizi Ouzou, c’est le contraire qui se produit projet moins consistant et délai de réalisation beaucoup plus long ? Où réside donc la faille ? Nous nous sommes pour cela rapprocher d’un certain nombre d’entrepreneurs pour comprendre un tant soit peu certains secrets du monde des marchés de construction. : « Tizi Ouzou est la wilaya la plus difficile de tout le pays » Leur demandant d’être plus explicites, nos différents interlocuteurs ont pointé du doigt la bureaucratie et la mentalité exécrable des fonctionnaires.


Les textes législatifs se rapportant à l’entreprise de construction et aux marchés publics sont les mêmes pour toutes les wilayas du pays. Quel est donc le véritable mal qui sévit à Tizi Ouzou ? Une seule corruption et le racket ainsi l’entrepreneur verse de 10 % du montant global du marché au représentant du maître de d’ouvrage. Il s’avère que la tête de la pieuvre aux multiples tentacules se trouve au service des marchés publics de l’OPGI. Reste à savoir qui exactement versent dans le racket des entrepreneurs certainement pas tous les travailleurs et toutes les travailleuses de cet organisme d’Etat qui acceptent d’empocher de l’argent sale.


Mais quel est entre eux le mode opératoire de ces racketteurs d’entrepreneurs ?


Ce n’est qu’après avoir entamé les travaux et enregistré un certain taux d’avancement qu’on signifie à l’entrepreneur la nécessite de payer les 10% du montant global du marché jamais avant. On procède d’abord au blocage des situations financières. Pour justifier le non versement de situation, on lui invoque le manque de telle ou telle pièce administrative. Dans d’autres cas, on reproche la malfaçon d’un tel ou tel ouvrage. On fait courir le malheureux entrepreneur jusqu’au moment où il est sur le point de craquer. Alors on lui fait savoir ce qu’on attend réellement de lui. S’il refuse de se soumettre à un tel diktat, ses projets sont dès lors bloqués. Et c’est donc pour cette principale raison qu’il existe des chantiers à l’arrêt depuis plus de 15 ans.


Comment se fait le mode de versement de ces dessous-de-table ? le versement de la patente ne se fait jamais directement de la victime (entrepreneur) fonctionnaire véreux. Il faut


d’abord savoir que le versement se fait en espèces, mais jamais par chèque, et ce dans le but évident de ne pas laisser de trace pour un éventuel qui serait enquêteur chargé de suivre le mouvement des capitaux à travers les institutions financières. Le versement non seulement en espèce. Ainsi par le biais d’intermédiaires, mais aussi pour sa part de la patente laisse passer un certain temps avant de la percevoir des mains de l’une de ses personnes intermédiaires. C’est ce qui s’appelle la marge de sécurité. En effet, si un enquêteur se mettait sur le coup juste après le versement de l’argent par la victime, il arrêterait la personne intermédiaire. Et à partir de là, la parole du principal destinataire de la patente contre sa personne intermédiaire, et ce dans le cas naturellement où cette celle-ci craquait, c’est-à-dire révélait l’identité de la personne à qui elle devait remettre l’argent. Si pareille situation venait à se produire, la justice, qui se base toujours sur des preuves matérielles, ne pourrait rien contre le principal criminel.


Dans le meilleur des cas, une condamnation par sursis. Les cas d’entreprises subissant l’arrêt de leurs projets sont nombreux. Dans une correspondance adressée au Président de l’APW de Tizi-Ouzou par la Fédération des entrepreneurs de la wilaya de Tizi-Ouzou en date du 2 avril 2017 et dont nous détenons une copie en dépit de sa rareté renseigne suffisamment sur le calvaire que subissent les entrepreneurs. Dans cette lettre, les entrepreneurs désignant le directeur général de l’OPGI de Tizi Ouzou comme le principal coupable. Les signataires de la correspondance demandent effectivement demandé au président de l’APW d’intervenir pour mettre « un terme à ces pratiques destructrices de notre outil de travail ». Dans le même document, les signataires ont signalé pas moins de quinze entreprises souffrent de situations financières non perçues et de différents autres maux causés principalement par l’OPGI. Citons quelques exemples relevés dans le document en question : Entreprise Belouis : situation non réglée depuis 2016, avenant non établi dont le montant est de 4 500 000,00 DA et entreprise pénalisée à raison de 680 000,00 DA. Entreprise Amara : situation non payée dont le montant est de 3 000 000, 00 DA, retenue non récupérée d’un montant de 2 250 000, 00 DA et pénalité sur le marché au taux de 10% de son prix. Un simple calcul arithmétique nous renseigne que ces quinze entreprises détiennent des créances impayées auprès de l’OPGI d’un montant de 147 300 000,00 DA. Avec une telle somme il n’est pas étonnant de compter de plus en plus de corrompus, voir des judas se dresser de compter de plus en plus de corrompus d’autant plus qu’un sentiment d’impunité est ressenti par chacun d’eux. Justement concernant cette question d’impunité, bon nombre de citoyens de la wilaya de Tizi Ouzou s’interrogent sur l’absence de volonté de la part de la wilaya d’Alger de la part de la wilaya de dépêcher des enquêteurs à Tizi-Ouzou, contrairement aux autres wilayas du pays.


En effet, le Tizi-Ouzien est souvent informé par la presse nationale de neutralisation des corrompus et autres prévaricateurs dans le reste des wilayas du pays alors que rien de tel ne se fait à Tizi Ouzou. Ce sentiment de frustration est renforcé par le fait que dans la wilaya de Tizi Ouzou, ceux qui sont chargés de lutter contre ce genre de criminalité ne jouissent d’aucune crédibilité auprès du simple citoyen. Notons enfin que la première institution élue de la wilaya a prévu de discuter de la problématique du logement et de l’habitat lors de la prochaine session, laquelle aura lieu certainement à la fin du mois en cours ou, au plus tard, à la mi-octobre prochain. Le président de la commission de l’urbanisme et de l’habitat de l’APW, Saïd Farsi, a déclaré au Jeune Indépendant que toutes les questions relatives au secteur du logement et de l’habitat seront soulevées et discutées lors de la prochaine session.


Notons enfin que notre interlocuteur, connu et respecté pour sa compétence et son honnêteté professionnelles a mis en avant le principe véhiculé par l’arrêt n° 07 du 3 mai 2017 signé par le wali et portant création d’une commission ad hoc pour le règlement des conflits entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. La composition humaine de ladite commission est assurée par les représentants du wali, du secrétaire général de la wilaya, de la direction du logement, de la DUC (Direction de l’urbanisme et de la construction), de l’OPGI, de l’Hydraulique, de la DEP (Direction des équipements publics), de la CNL et enfin du Trésor de la wilaya. Cette commission ad hoc, depuis sa création, a déjà réglé six conflits. Seize autres sont en attente de règlement.

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