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Les victimes des essais nucléaires seront indemnisées

14 février 2018 | 00:14
Zineb M.

La date du 13 février doit être proclamée Journée nationale de commémoration des victimes des essais nucléaires français en Algérie.
Une revendication exprimée ce mardi par Maître Ben Brahem Fatima-Zahra. Pour elle, le dernier décret du Conseil constitutionnel français, qui étend les réparations à toutes les victimes de la guerre d’Algérie, est une nouvelle lueur d’espoir pour rétablir la vérité historique sur la réalité du colonialisme et dédommager les Algériens, notamment les victimes des essais nucléaires.
D’autant que l’indemnisation est limitée aux personnes qui vivaient entre 1954 et 1962 sur le sol algérien, ce qui inclut d’emblée les victimes de Reggane et des villes limitrophes. Le dernier arrêt du Conseil constitutionnel français étend désormais le droit à pension à toutes les victimes de la guerre d’Algérie qui résidaient à l’époque dans le pays, alors qu’auparavant seules les victimes de nationalité française en ouvraient droit. « Cela implique un changement de la loi de 1963 qui prévoit un droit à pension pour les Français uniquement en excluant les Algériens », a déduit l’avocate lors d’une conférence au forum d’El Moudjahid. Elle a affirmé que cela permettra à l’Algérie de remettre sur le tapis le dossier des victimes des essais nucléaires dans le sud du pays. Pour cette militante des droits de l’homme et chercheur en histoire, les Français font des efforts dans ce sens sous la pression de la société civile et des intellectuels. « Ils sont en train de dire oui on a commis … mais on est en train de réparer », a-t-elle affirmé en citant par ailleurs la suppression, en 2017, de la loi Morin sur la notion du risque négligeable des essais nucléaires et qui empêchait, jusqu’à cette date, la plupart des victimes des essais nucléaires de formuler leur demande d’indemnisation à la France. Reste à connaître les mécanismes et les méthodes envisageables pour recenser ces victimes. L’hôte d’El Moudjahid affirme détenir des documents lourds concernant ce dossier sur lequel elle travaille depuis des années. Des données qu’elle ne peut plus garder pour elle seule. « Des copies de ces documents devraient être déposées au musée et au centre de recherches », a-t-elle indiqué en soulignant la nécessité pour l’Etat algérien de tout faire pour accéder à d’autres documents qui restent jusque-là dans les archives françaises. « Il faut absolument que l’Etat français lève le secret défense sur les documents militaires pour faire avancer les choses », a-t-elle insisté. Abondant dans le même sens, le vice-président de l’association des victimes des essais nucléaires « Taourite », Abdelkrim Touhami, a revendiqué un recensement des victimes des essais nucléaires, en réclamant à la France les documents relatifs à ce dossier afin d’aider à la réalisation d’une évaluation chiffrée et exhaustive de la situation. Mais il demande surtout à l’ancien colonisateur de révéler dans quelle région du pays il a effectué l’enfouissement des déchets nucléaires qui, selon lui, n’a pas été fait selon les normes. Il a avancé comme preuve les taux élevés des cancers et des malformations génétiques répandues dans cette zone du fait de la contamination des eaux et des ressources animales et végétales par la pollution radioactive. Pour sa part, la présidente de l’association de lutte contre le cancer « El Amel », Hamida Kettab, s’est référée à une étude sur le cancer du sein en Algérie qui a été réalisée par son association en partenariat avec le ministère de la Santé. Les résultats du dépistage ont révélé une prévalence de ce cancer supérieure à la moyenne chez les femmes de Reggane et des villes limitrophes. L’enquête incrimine l’impact de ces essais mais pour le prouver la présidente de l’association préconise une enquête épidémiologique dans cette zone.

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