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Les touristes algériens boudent leur pays pour la Tunisie

30 novembre 2018 | 14:30
Sofiane Abi

L’Algérien continue de bouder son pays pour faire du tourisme en raison de la cherté des séjours, du mauvais accueil et de la médiocrité des services dans les infrastructures hôtelières publiques ou privées du pays.
L’alternative est venue de la Tunisie où le nombre de touristes algériens ne cesse de battre tous les records chaque année. Avant même la fin de 2018, le cap de 2,2 millions d’Algériens ayant visité la Tunisie est déjà franchi, une première depuis des dizaines d’années.
L’Algérie, le plus grand pays d’Afrique et qui regorge de potentialités pouvant en théorie en faire un pôle d’attractivité touristique de premier plan, n’arrive toujours pas à décoller en matière de tourisme. La preuve, sur les dix premiers mois de 2018, le nombre de touristes algériens ayant visité la Tunisie, à défaut de trouver de meilleures conditions dans le pays d’origine, a dépassé la barre des deux millions. Une progression de l’ordre de 4.9% par rapport à 2017, avec des recettes de l’ordre de 415 millions de dinars (125 millions d’euros), contre 396,7 millions en 2017 (120 millions d’euros). Ce chiffre a été dévoilé, avant-hier, par Moez Kacem, expert international en tourisme et directeur du magazine tunisien en ligne spécialisé TourismView, dans un entretien accordé par le site d’information russe Sputnik. Très surpris par le grand nombre de touristes algériens en Tunisie, qui ne cesse de s’accroître depuis 2011, l’expert tunisien les a qualifiés de touristes « résilients », car même dans les situations financières des plus difficiles les Algériens continuent de débarquer en masse pour passer des séjours agréables en Tunisie. Il a également souligné que ce chiffre record ne renseigne que sur une progression continue et multifactorielle des parts de marché algérien en Tunisie, voire depuis le chamboulement du secteur touristique en 2011. « C’est un record si l’on se réfère à cette barre symbolique des deux millions. Mais en réalité, le flux n’a fait que poursuivre son évolution régulière et irréversible depuis 2011 », note Moez Kacem.
Pour la seule période estivale de 2018 (entre juin et août passés), les hôtels tunisiens ont affiché complet grâce au rush, en croissance infernale, des touristes algériens.
Les hôteliers de Tunisie tout comme les professionnels du tourisme du pays du jasmin avaient les yeux rivés vers les établissements secondaires algériens. En 2018, les touristes algériens ont grandement contribué à la renaissance du tourisme tunisien, où plus d’un milliard d’euros ont renfloué les caisses tunisiennes, explique Moez Kacem à Sputnik. Pour cet expert international, l’année 2018 a été marquée par la domination des touristes algériens qui ont été les plus nombreux parmi les autres touristes de différentes nationalités.
De son côté, l’Etat tunisien avait, au début de l’année 2018, de sérieuses craintes sur son secteur du tourisme, car il s’agit d’un secteur capital pour l’économie tunisienne, où plusieurs milliards d’euros sont en jeu. Balayée par des « tempêtes » politiques et parfois sécuritaires, la Tunisie espérait beaucoup de son secteur touristique pour glaner quelques milliards d’euros qui seront injectés dans les secteurs social et économique du pays. Et pour y arriver, l’Etat tunisien a procédé à de multiples démarches administratives et consulaires pour permettre un meilleur accès aux millions de touristes algériens désirant séjourner en Tunisie.
Les jeunes étudiants étaient notamment ciblés. Durant les dix premiers mois de l’année 2018, plus de 709.000 jeunes touristes algériens, candidats au bac, ont passé leurs vacances en Tunisie, ce qui renseigne sur une particularité du tourisme algérien qui demeure avant tout un tourisme familial.
C’est d’ailleurs un point en commun qu’il a avec le marché tunisien. Côté algérien, ce grand intérêt porté par les touristes nationaux à la Tunisie est un grand manque à gagner pour les établissements hôteliers du pays, surtout en ces temps durs dominés par la crise financière mondiale appuyée par la chute sans précédent des prix du pétrole. Pourtant, l’Algérie est un immense pays, voire le plus grand en Afrique et possède des sites parmi les plus beaux au monde, à l’image du grand Sahara pouvant en théorie constituer un pôle d’attractivité touristique de premier plan. D’ailleurs, en matière de tourisme, l’Algérie avait connu dans les années 1970 ses heures de gloire.
Des complexes touristiques étaient construits et des zones d’extension touristiques (ZET) aménagées. La prestigieuse école du tourisme de l’Aurassi attirait de nombreux candidats aux carrières du tourisme, y compris des Tunisiens. Mais depuis les années 1980, la succession de crises économiques et sécuritaire ainsi que des choix politiques ont entravé l’éclosion d’une véritable tradition touristique.
Aujourd’hui, les Algériens regrettent un manque à gagner important alors que leur pays est à la recherche d’une diversification de son économie pour sortir de l’indépendance aux hydrocarbures. Une diversification qui peut commencer par le tourisme local.

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