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Les tarifs aériens du continent plus excessifs que dans d’autres parties du monde

10 avril 2018 | 23:22

Les tarifs aériens en Afrique sont deux ou trois fois plus élevés que dans d’autres parties du monde pour des distances comparables. C’est le constat de la Banque de développement (BAD), publié sur son site web à l’occasion d’une rencontre de consultation sur l’avenir du transport aérien en Afrique.

Organisée par cette institution financière, la réunion a regroupé des représentants des compagnies aériennes africaines, des organisations de l’industrie aéronautique, de l’aviation civile et des autorités réglementaires, des avionneurs, des financiers et des partenaires au développement. La BAD a lancé cette consultation pour recueillir les points de vue des parties prenantes en vue de la préparation de son plan d’action sur l’aviation dans la foulée du lancement par l’Union africaine de l’initiative du marché unique du transport aérien africain (SAATM) en janvier. L’aspect central de la SAATM est de permettre aux compagnies aériennes membres de desservir les aéroports des pays africains membres pour réaliser un ciel ouvert en Afrique, stimulant ainsi le trafic et le commerce et atteignant une croissance à deux chiffres dans l’industrie d’ici 2023, conformément à l’initiative SAATM, explique la BAD. De nombreuses suggestions sur les politiques et les solutions ont émergé lors de cet événement de deux jours incluant une forte recommandation pour une approche régionale pour accélérer les plans de sûreté et de sécurité, et l’extension de la formation de renforcement des capacités à tout le personnel technique et exécutif. Les délégués ont appelé à mettre davantage l’accent sur la taille de la flotte, en accordant la priorité aux aéronefs à fuselage étroit et aux avions régionaux dans le financement de l’aviation. Ils ont également appelé à un engagement accru des gouvernements et à un alignement des cadres juridiques nationaux sur les conventions internationales. La réunion a exhorté les gouvernements à adopter une approche de prise de décision plus collaborative, avec des consultations au niveau régional, pour la construction de l’infrastructure des aéroports et des services de navigation aérienne. Les délégués ont fréquemment fait référence à une étude « InterVISTAS » de 2014, commandée par l’Association du transport aérien international (IATA), qui a modélisé l’impact d’un accord de ciel ouvert entre 12 pays africains. Le trafic de passagers dans ces pays devrait augmenter de plus de 80%, passant de 6,1 millions à 11 millions de passagers.

L’étude a estimé que le PIB augmenterait de 1,3 milliard de dollars avec la création de 155 000 emplois. « Nous allons préparer un plan d’action, non seulement pour la Banque mais pour toutes les parties prenantes. « Lorsque cela sera fait, nous élaborerons le cadre stratégique de la Banque pour l’aviation », a déclaré le directeur du Département de l’infrastructure et du développement urbain de la BAD, Amadou Oumarou. Au cours de la dernière décennie, la BAD a investi près de 1 milliard de dollars dans la construction et l’expansion de terminaux aéroportuaires, ainsi que dans la sécurité aérienne et le financement d’avions.

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