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« Les saisons mortes », le nouveau roman d’Iris

8 novembre 2018 | 00:45
Iris Nassim. M

Du vécu à l’imaginaire, et de l’imaginaire à la réalité préconçue. Même si le début s’accroche au fil détenant la pelote, mais tout nous échappe à mesure que les pages tournaient.
L’influence du ressenti dans la vie quotidienne, ses ambivalences et ses outrances parsèment les feuilles de ce nouveau roman, « Les saisons mortes », d’Iris.
De sa Kabylie aux rencontres imprévues dans Paris, l’auteur pénètre l’indicible en faisant rejaillir les sentiments enfouis, engrangés par les réticences croisant des itinéraires ambigus. D’une solitude peu commune tiraillée par les souffrances et les difficultés, du doute dissimulé à l’incertitude combinée, et d’une réalité assumée à une existence consumée, Mohand-Lyazid Chibout (de son vrai nom) met en exergue la fragilité de son personnage principal, Ilès, qui, en se positionnant devant sa dualité, établit des corrélations non contiguës sur lesquelles venaient achopper non seulement son optimisme mais aussi son pessimisme. Et dans ces états d’âme l’ayant acculé entre l’espoir et le désespoir, il se résignait à simplement vivre.
« Les saisons mortes » comme titre métaphorique, et « Vivre dans la peau de celui qui n’a jamais vécu / et exister dans un monde qui n’a jamais existé » comme vers mélancolique ayant amorcé le roman, sont tout autant tranchants que révélateurs.
Le texte porte en lui la quintessence de tous les déboires auxquels se heurtent l’exode de toutes les espèces du globe terrestre, les pauvretés accumulées et les poids des labeurs ingrats. Faisant ainsi parler la langue universelle de ses émotions, Iris envoie, par ce biais, une lettre aux âmes consciencieuses et, aussi et surtout, aux bêtes humaines transcendant leurs prérogatives matérielles au détriment des plus fragiles et de la nature délétère suffoquant sous leurs regards et goujateries.
Dans un style factuel, et parfois poétique et lyrique, « Les saisons mortes » requièrent une tranquillité et un calme absolu pour ainsi être en phase avec les confessions de son auteur. Extirpant tout ce qui lui taraudait les méninges, et en sachant saisir son verbe du côté où celui-ci se réclamait, vif et sans détour, Iris s’assumait en nous éclairant par le bout de sa plume les chemins sinueux et ombrageux sur lesquels pataugeaient les métamorphoses conjoncturelles, sociales et politiques.
Se confondant à son ombre, et sur les traces de son narrateur, il plongeait dans les méandres obscurs de ses pensées, et toute la gymnastique de son esprit s’associait aux pas hasardeux bifurquant plus d’une fois ses espoirs dans Paris.
Atterri, là, perdu et sans repères dans son monde nouveau, sa quête existentielle se minimisait à mesure qu’il se cherchait et cherchait des espaces à ses exiguïtés. Se montrant du doigt, il responsabilisait sa personne tout en arborant le sens des implications de chacun afin d’agir, tant qu’il est temps, pour demain et pour ce monde tel qu’il sera.
Conscient de tout, il évoque les maladies incurables et les débordements inconcevables tout en cherchant à identifier leurs causes en apportant les précautions préconçues établies à son échelle. Accentuée par ses visions sagement et hautement mesurées, sa franche lucidité tranchante mise en exergue, façonne deux mondes opposés : l’un humble et honnête, et l’autre prétentieux et véreux.
Ce roman profond dresse un tableau au vitriol de la condition existentielle et des jeux de miroirs dans lesquels nous nous confrontons et auxquels nous nous heurtons.
D’une actualité évidente à l’espoir renouvelé, l’auteur nous conseille de ne pas trop espérer pour ainsi se satisfaire que d’une mièvre récompense et de l’incomplet.
Certes, son texte est courageux et limpide tellement il aborde naïvement la complexité et les égarements moraux de l’être humain autant que les moments douloureux de son personnage solitaire.
Il est, en somme, une consolation aux esprits affectés par les moments tristes de la vie et des nostalgies vaines passées inaperçues, tel un éclair, du ventre d’une mère à la tombe dans la terre.
Comme il attise notre curiosité, il s’ouvre aussi à notre confiance en entrebâillant les fenêtres sur le bonheur recherché, celui de l’Amour salvateur et des ententes ovationnées.

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