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Les rats de la presse

1er janvier 2016 | 22:51




Le ministre de la communication, Hamid Grine, fait du développement de la presse, de la promotion du journaliste et l’organisation de la profession, un sacerdoce voire un pari obstiné. Il rappelle cette orientation à chaque sortie sur le terrain.

L’intention est louable. Le défi suscite des adhésions. Or, face aux parasites qui ont décidé de faire du métier de la presse privée un business, quels que que soient les pots cassés sur le dos de l’éthique et de la transparence, la mission ne vas être de tout repos.

Son ambition ressemblerait aux douze travaux d’Hercule tant la présence de ces parasites constitue le principal virus qui gangrène le secteur et réduit les chances de tout essor tant professionnel que social du journaliste. Ayant squatté des postes à la tête des entreprises de presse privée, ces rats sont une entrave sur le chemin de cette démarche. Les cortèges de journalistes qui accèdent au monde du travail se heurtent à une réalité, celle voulue par eux et non pas celle enseignée dans les manuels de gestion éditoriale, dans le média management ou préconisée par le ministre de la communication.


Directeur ou capo de la pègre ?
Certains qui ne s’embarrassent pas de rouler en 4x4, portant costume, cravate et Ray Ban avec une allure d’un "capo" de la pègre de Brooklyn, n’ont jamais rien apporté à la grande et noble œuvre de l’information notamment depuis l’avènement du pluralisme politique et médiatique. Leur carte de visite se limite à leur apparence et leur CV à un ramassis de bluff. Ils s’adonnent avec délectation à l’étalage de leur bien-être et de leur confort pendant que des journalistes souffrent le martyre pour joindre les deux bouts tant ils sont otages, des années durant, d’un humiliant salaire (une moyenne de 25000 DA) dans une conjoncture économique de plus en plus pénible.



Ils affichent leurs aisance financière sans jamais rendre public leurs salaires et leurs comptes annuels comme il est de coutume dans la majorité des médias du monde ou conformement à l’article 30 de la loi organique portant code de l’information.

En plus du maigre salaire qu’ils daignent leur accorder, ils contraignent leurs employés à un rendement journalistique infernal à telle enseigne que dans des rédactions, journalistes tout comme les chefs, font un travail de plusieurs personnes tant les rédactions sont rachitiques en termes de ressources humaines.

Le métier est plus une corvée qu’un épanouissement intellectuel ou une participation sereine à la transmission de l’information. Et s’ils se trouvent dans les rédactions des esprits ayant des velléités syndicalistes, ils n’hésiteront pas à les envoyer à la trappe ou à les marginaliser en les forcant à travailler de l’exterieur de la rédaction. Ayant une certaine roublardise dans la gestion, ils savent que l’université d’Alger déverse des cortèges de diplômés en attente d’embauche, prêts à accepter des broutilles que de rester en chômage.

Le développement ou le déploiement pour assurer davantage de sources de financement en vue d’améliorer les salaires et des conditions de travail optimales ? Balivernes !.
Et même s’ils essayaient, ne possédant pas l’expertise et la vision à long terme, ils blâment leurs subalternes sinon toute la planéte sauf eux. A leur yeux, le média-management est une hérésie tandis que le respect de la déontologie et l’honnêteté intellectuelle et la probité sont des slogans creux et utopiques ou des vœux pieux d’idéalistes.


Quand ils s’attachent eux-mêmes à designer des journalistes pour des couvertures au lieu et place des rédacteurs en chef ou les directeurs de la rédaction, ce n’est certainement pas par souci d’informer mais celui de glaner des privilèges ou couvrir leurs affaires.

Un journaliste envoyé couvrir la visite d’un ministre du commerce ou suivre un wali est un tremplin pour cueillir les bonnes grâces du décideur qu’il ne manquera pas de critiquer s’il tombe en disgrâce, changeant d’oripeaux au gré des intérêts.

Dans leur posture de thuriféraire, un directeur du port a plus d’importance à leurs yeux que le chef de l’Etat ou qu’une session de formation de journalistes ou un stage de perfectionnement payant. Peu leur importe la qualité du contenu, rien n’a plus de valeur que le quota publicitaire et la quantité d’encens consacrée à tel ou tel autre.


Ignorance du métier

Souvent il s’agit de squatteurs qui n’ont jamais mis les pieds dans un lycée, ils n’ont jamais su ce que signifie un lead, un compte rendu indirect, un round-up. Ils ne savent pas distinguer le reportage de l’enquête, le commentaire de l’éditorial, ce que signifie le workflow, comment tenir un briefing, un planning, un fil conducteur ou élaborer un concept, un plan multimédia, analyser des métriques des réseaux sociaux ou comprendre à quoi sert un CMS.

Leur présence dans les hauts postes de commandements constitue une insulte , une imposture et un avilissement de la fonction qui est occupée par des gens intègres. 
Et lorsqu’ils constatent que cette ’’combine" fonctionne, ils sont convaincus de la validité de leurs propres triche et fourberie et finissent par développer un ego surdimensionné. C’est ainsi qu’ils ont instrumentalisé la profession tout en se prévalant de l’esprit de corps et d’un patriotisme de vitrine.

Il y a fort heureusement des responsables honnêtes qui tentent tant bien que mal de préserver l’honneur de la profession et la dignité de leurs employés tout en faisant face aux réalités du marché. Ces gens-là, même s’il n’arrivent pas à assurer un salaire décent à leurs employés, ils ont au moins l’honnêteté de ne pas se pavaner devant eux en voiture de luxe et de ne pas recevoir une fiche de paie qui fait souvent 40 fois le SMIG sans compter les dividendes.

Certes, le ministre de la communication a fait état de cette exécrable réalité, et a promis de “ne ménager aucun effort pour nettoyer la corporation de ces vautours’’, mais la démarche réclame que la transparence soit la régle qui régit et régule le fonctionnement des entreprises. Le journaliste est dans son droit de réclamer les résultats annuels y compris réclamer un droit de regard sur les salaires de ses employeurs car c’est lui le véritable artisan du produit source de leur enrichissement.

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