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Les prix s’envolent dans l’indifférence

24 mai 2017 | 21:05
Nabil Chaoui

Avant même que le mois de ramadhan ne commence, la hausse des prix a touché l’ensemble des produits de large consommation. Ces prix font peur aux consommateurs. Ces derniers savent que cette situation est, par tradition, spécifique au mois de ramadhan.

Ils semblent pour le moment indifférents mais restent tout de même perplexes face à cette frénésie des prix. Les carottes, qui étaient à 60 dinars, s’affichent à 100 DA, la courgette et la salade à 100 et 120 dinars.

Lors de notre virée aux marchés de la ville d’Annaba, nous avons constaté que les prix vident les poches des pauvres consommateurs en ces achats préliminaires du mois de ramadhan, des prix qui n’obéissent à aucune règle commerciale.

Lorsqu’un citoyen essaie de comprendre le pourquoi de cet état de fait, les marchands de légumes et fruits essaient d’inventer des arguments qui ne tiennent pas la route.

« Les marchands de gros ont procédé à une hausse, nous ne faisons que suivre la chaîne », disent-ils. Au marché couvert du centre-ville d’Annaba, les prix affichés des fruits et légumes, bien que certains soient des produits de saison, donnent le tournis au citoyen à faible revenu. 

Cédée il y a quelques jours entre 70 et 100 dinars le kilo, la tomate a atteint hier les 120 dinars. L’oignon, vendu entre 40 et 50 DA, passe à 60 dinars le kilo avant même le ramadhan. Les poivrons s’affichent sous les yeux des contrôleurs entre 130 dinars et 160 dinars. Les haricots verts sont entre 120 et 160 dinars. Idem pour dame pomme de terre, la marmite du pauvre, qui est écoulée entre 60 et 70 dinars.

Pour ce qui concerne les dattes, elles sont tout simplement hors de portée puisque cédées à 1 000 dinars, une augmentation de 500 dinars sur le kilogramme comparativement à l’année passée. « C’est insensé, dira une ménagère, où sont passés les contrôles promis par le ministre du Commerce ? (…) c’est scandaleux qu’on laisse ces commerçants vendre leurs produits à des prix exorbitants échappant à tout entendement humain « .

Pour un contrôleur de la DCP rencontré sur place et questionné par nos soins, « les prix des fruits et légumes ne sont pas subventionnés par l’Etat et, par conséquent, sont concurrentiels ; ce n’est pas le cas des viandes importées, mais nous veillerons à ce que les prix n’atteignent pas l’insensé ! « .

Les fruits sont intouchables au chef-lieu de wilaya et dans de nombreuses localités : la pomme s’est stabilisée à 600 dinars, la banane 380 dinars, les raisins d’importation 650 dinars. Le prix du poulet et de la viande sont déjà en hausse, pour le premier entre 350 et 400 DA, et 1500 DA pour la seconde.

Même son de cloche que pour les fruits et légumes, les contrôleurs et les inspecteurs de la DCP sont ligotés du fait que les commerçants sont protégés par les lois, celles d’un marché libre et de l’offre et de la demande. Leur action se limite à un regard sur les défauts d’étiquetage, la date de péremption …

Des clients nous ont déclaré hier, soit à deux jours du ramadhan : « Le citoyen algérien s’est habitué à ce rythme des prix pendant ce mois. »

Un autre d’ajouter : « Au niveau des divers étals ce n’est pas le client qui est roi mais les marchands qui font la loi « . Enfin une dame conclut en affirmant : « Les prix changent selon l’humeur des mandataires à cause d’une gestion opaque de nos gestionnaires, alors nos marchands de légumes et de fruits ne dérogent pas à la règle !

Les citoyens se demandent où sont passées les associations de protection des consommateurs » . Ils se demandent surtout jusqu’où ira cette spéculation qui revient chaque année.

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