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Les participants s’inquiètent d’une baisse dans le financement

24 juillet 2016 | 19:05
Rédaction JI


Les participants à la 21è conférence internationale sur le sida, qui s’est ouverte à Durban en Afrique du Sud, se sont inquiétés d’une baisse dans le financement des pays donateurs dans la lutte contre la maladie.


« J’ai peur », a admis le directeur de l’Onusida, Michel Sidibé, à Durban, ville portuaire de l’est du pays qui accueille jusqu’à vendredi la conférence.


« Le monde doit faire face à des priorités qui sont concurrentes, notamment le terrorisme et la crise migratoire (...). Pour la première fois, je vois une baisse dans le financement des pays donateurs » dans la lutte contre le sida, s’est-il inquiété. « J’ai peur parce que je vois plus de jeunes femmes infectées, a-t-il poursuivi. Si nous continuons ainsi, nous ne serons pas capables d’éliminer le sida d’ici 2030 », l’objectif fixé par l’ONU.


« Le risque est d’avoir une résurgence de l’épidémie », a-t-il averti à l’ouverture de la conférence. Un message amplement relayé par les participants à la conférence de Durban où sont attendus quelque 18.000 scientifiques, militants, hommes politiques, bailleurs de fonds et personnalités, comme le prince Harry, des chanteurs où acteurs.


« Il y a un décalage énorme entre les promesses politiques faites pour mettre fin au sida et la réalité sur le terrain, avec des financements insuffisants et des systèmes de santé au bord de l’implosion », ont dénoncé pour leur part plusieurs organisations spécialisées dans l’accès aux soins.


« Nos gouvernements sont engagés dans un jeu cynique de promesses pour mettre fin à la crise du sida, mais ils refusent de mettre les fonds sur la table pour y parvenir », a estimé Asia Russell, directrice de l’organisation Health Global Access Project.


Médecins sans frontières (MSF) a exhorté les participants de la conférence de Durban « à mettre en place un plan d’action pour résoudre l’accès critique au traitement VIH » en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où le taux de traitement est inférieur à 30 %. 


Les progrès enregistrés ces dernières années ne doivent pas « cacher la réalité », met en garde l’association AIDES, alors que 37 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le virus du sida, la plupart en Afrique subsaharienne. « Tous les mois, 100.000 personnes meurent du sida et 160.000 sont contaminées », détaille AIDES, qui dénonce « des inégalités sociales inacceptables » entre pays riches et pauvres.


« Si nous ne faisons pas les bons choix stratégiques, nous risquons de voir annuler les gains durement acquis », a prévenu le président de la Société internationale sur le sida, Chris Beyrer.


Les progrès dans la lutte contre l’épidémie qui a fait 30 millions de morts en 35 ans ont été très significatifs ces dernières années. En 2000, « seul un million de personnes dans le monde avaient accès » aux antirétroviraux, essentiellement dans les pays du Nord, selon AIDES. « Seize ans plus tard, plus de 15 millions de personnes y ont accès. Quatre millions de morts ont ainsi été évitées », se réjouit l’association. 


Les progrès à accomplir pour mettre fin à l’épidémie en 2030 restent toutefois colossaux, alors que la recherche en vue d’un vaccin n’a pas encore abouti. Tant que nous ne parvenons pas à atteindre efficacement les jeunes et à obtenir d’eux qu’ils soient impliqués (dans la lutte contre le sida), rien ne va changer », a estimé Charlize Theron.


Le sida reste la première cause de mortalité chez les jeunes âgés de 10 à 19 ans en Afrique, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). La conférence internationale sur le sida, qui se tient tous les deux ans, est organisée pour la deuxième fois à Durban. En 2000, le congrès qui s’était tenu dans cette ville de l’océan Indien avait marqué un tournant historique dans la riposte mondiale contre l’épidémie, avec le vibrant appel de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela à l’accès de tous les malades aux traitements antirétroviraux.

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