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Les mosquées à l’abri de la politique

3 mars 2017 | 20:35
Amine B.

Plus question de laisser planer le doute sur la neutralité des mosquées lors des joutes électorales. Tous les partis restent égaux devant la loi.

Aucune mosquée ne devrait servir de tremplin électoral. Ils ne seront par conséquent autorisés à mener campagne qu’au niveau des seuls sites et tribunes désignés et aménagés pour la circonstance.

Plus question donc d’entretenir le flou autour du rôle des lieux de culte dans la société. Comme il fallait s’y attendre, et c’est presque devenu une habitude à l’approche des rendez-vous électoraux, l’autorité religieuse vient d’instruire ses représentants à travers le territoire national de « protéger « les mosquées des incursions politicienne durant la prochaine campagne électorale, dont le coup d’envoi est prévu à la mi-avril.

Et, c’est par la voix du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs que l’instruction a été annoncée. Mohamed Aissa a en effet révélé, en marge d’une séance du Conseil de la nation dédiée aux questions orales, que son département avait enjoint à toutes les directions des affaires religieuses et des wakfs du territoire national de ne pas impliquer les mosquées et les écoles coraniques de la République dans la campagne électorale pour les prochaines législatives.

Le ministre a affirmé qu’il était strictement interdit aux imams des mosquées de la République et enseignants du Coran de faire usage des tribunes des mosquées pour s’impliquer en faveur de tel ou tel candidat dans le cadre des prochaines élections législatives.

Les lieux de culte doivent rester neutres, a-t-il insisté, appelant les imams à respecter les lois de la République et les règles éthiques et à observer la totale neutralité vis-à-vis de la campagne électorale pour les élections législatives prévues en mai prochain.

L’exploitation des lieux de culte durant les premières années du multipartisme a été à l’origine de nombreux dérapages. Prêches et autres moyens subversifs y avaient alors été utilisés par les militants des partis islamistes, notamment ceux du parti dissous, pour porter leurs revendications devant de simples citoyens souvent contraints de suivre un discours politique au sein des mosquées, auquel ils n’étaient pas forcément préparés.
Des dérapages qui ont même permis à ces partis « religieux » de faire d’importantes cueillettes de fonds.

Des tribunes auxquelles, par contre, les autres formations politiques n’avaient pas accès. Des imams et autres prêcheurs, carrément versés dans le militantisme politique, ont alors accaparé des saints lieux pour déverser des discours à la limite de la haine contre le pouvoir, accusé d’être à l’origine de tous les maux de la société ou encore contre les autres partis accusés, eux, d’être à la solde du pouvoir.

Des pratiques qui avaient été condamnées par certains partis politiques dits de la mouvance démocratique, notamment celle se réclamant du noyau dur socialiste. Et la raison était évidente : si pour certains partis, il fallait attendre l’autorisation de l’autorité compétente pour tenir dans une salle ou autre gymnase un simple meeting, les partis politiques proches de la mouvance islamiste pouvaient, eux, se permettre des meetings à longueur de journée dans au moins la moitié des 18 000 mosquées éparpillées à travers le territoire.

Il aura fallu attendre la crise de 1991 pour que l’Etat prenne conscience de la gravité de la situation à laquelle étaient confrontés les lieux de culte, dont la neutralité avait été carrément prise en otage par l’islamisme politique.

Des décisions seront alors prises, quelques plus tard, limitant l’accès aux mosquées aux seules heures de prière temps interdisant ainsi toute autre activité dont les causeries et prêches en dehors du vendredi, un rendez-vous hebdomadaire dont l’autorité religieuse a même « recadré « à plusieurs reprises les thèmes choisis par les imams.

Plusieurs d’entre ces derniers monteront d’ailleurs au créneau pour fustiger cette « injonction « officielle dans le discours religieux, mais c’était compter sans l’intransigeance des pouvoirs publics à vouloir récupérer au plus tôt les lieux dans le seul but de pousser les intervenants à la modération, loin de tout dessein politique.

Désertées par les fidèles durant la décennie rouge, pour de multiples raisons, dont celle justement liée à la violence du verbe, les mosquées réussiront tout de même à reconquérir-graduellement- les adeptes de la prière en Jamaâ, notamment à partir des années 2000.

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