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Les lieux de mémoire : quelle problématique ?

6 mai 2018 | 22:14
BenaissaSafiBenaissa Safi Benaissa


Un historien français Emmanuel Alcaraz a pourfendu les autorités algériennes -en tant que représentant de l’Etat – à travers son livre Les lieux de mémoire de la guerre d’indépendance algérienne dont l’objet apparent est de traiter la Guerre de libération nationale.
Le résumé et les prises de position que nous en donne le journaliste traduisent non un travail d’études historiques fondé sur des faits, des événements qui les lient de cause à effet, mais sur un traitement sélectif de lieux de mémoire qui serait opéré par le pouvoir algérien qui mettrait en scène sa légitimité.



Prendre comme angle de lecture les commémorations des lieux de mémoire organisées par l’Etat algérien comme objet d’études sur la Guerre de libération nationale pour en faire un procès de tendance relève de l’imposture.
Les commémorations de lieux de mémoire, les récits historiques, les remémorations des grandes batailles ou d’actes de bravoures dans les guerres -dont certains sont devenus légendaires- ont de tout temps été l’apanage des états nationaux et font partie du patrimoine immatériel de la nation et renforcent la cohésion nationale.
La France qui nous est plus proche historiquement et culturellement a multiplié les lieux de mémoire et de commémoration et le rappel d’actes héroïques de personnages qui sont devenus historiques ou de groupes de résistants qui se sont distingués par des actions spectaculaires contre l’occupant Nazi pour ne retenir, dans sa longue histoire, que la période 1940-1944.


L’Etat algérien, à l’instar de tous les Etats, a toute la légitimité de commémorer ses lieux de mémoire. Leur reconnaissance qui ne pouvait qu’être échelonné dans le temps, a été établi sur la base, de témoignages d’anciens moudjahidines, des populations des régions où se sont déroulés, soit les batailles soit les accrochages ou d’actions spectaculaires de héros de leur localité, ou sur la base d’archives détenus par l’organisation politico-militaire des différentes localités, écrites ou filmées.
Cette recherche est constante et participe à la reconstitution des faits et de leurs causes pour rétablir des vérités méconnues.
Il est du devoir de l’Etat de mobiliser tous les moyens adéquats pour chercher les sources qui peuvent alimenter la recherche et la construction de la mémoire.
L’écriture de son histoire reste dépendante aussi de la restitution des archives détenues par l’ex-puissance occupante.
C’est alimenter par tous ces matériaux que les historiens –au lieu de conjecturer – sur la base de méthodes et de techniques propres à leur science, avec le recul du temps, peuvent se consacrer à leurs travaux historiques.


Les lieux de mémoire comme déconstruction de la Révolution
Nous n’avons pas lu le livre*. Mais les extraits et les résumés de l’article qui lui sont consacrés sont assez révélateurs, sous couvert d’un récit historique, d’une interprétation tendancieuse que fait son auteur des lieux de mémoire.

Des chefs de la révolution au congrès de la Soummam


Présenté comme un travail historique sur la Guerre de libération nationale, il ne prend pas le recul d’un historien pour expliquer le sens de l’histoire du mouvement national et l’évolution des événements qu’il a engendré.
Il hache l’histoire de la Guerre d’indépendance pour la présenter comme celle d’hommes politiques et militaires en compétition ou en opposition et non celle du combat d’un peuple qui a sacrifié un million et demi de martyrs que symbolisent les lieux de mémoire.
C’est un travail de révisionniste malintentionné.

Comment, par exemple, opposer l’armée des frontières à l’armée intérieure sans poser le problème du commandement, des problèmes logistiques dont elle aurait souffert. Avions-nous eu une armée de l’intérieur déconnectée de son état-major ou sans liens entre elles ? Des wilayas régionalistes ? Ou scissionnistes ? Ne craignant pas le ridicule de la légèreté de son analyse, il explique « l’ALN de l’extérieur véritablement unifiée par le colonel Boumedien a donné naissance à l’ANP », continuant sa charge « le musée cherche donc à lui donner une légitimité guerrière en l’associant aux luttes livrées par l’ALN de l’intérieur », plus loin « les dirigeants de l’ALN de l’extérieur ont pris une grande part au coup d’Etat de 1965 qui a renversé Ben Bella ».
Notre armée recèlerait deux courants, l’un actif et l’autre passif.
Sachant que Ben Bella avait été le candidat soutenu par l’armée dans son unité organique, sa déposition s’est faite par la même force sans lutte de pouvoir. D’où tient-il cette affirmation ? (Dichotomie au sein de l’armée).
Ce récit pernicieux – partition au sein de l’armée – s’ajoute à son approche de délégitimer l’Armée de son action politico-militaire en soutenant « qu’elle n’aurait qu’une culture de guerre associée à la mémoire religieuse » et par son « occultation de la dimension politique incarnée par le congrès de la Soummam et la création du GPRA ».
Mais concomitamment ne s’embarrasse guère, dans ses contradictions pour soutenir sa thèse de reconsidérer l’armée dans son unité en soutenant qu’elle n’aurait qu’une culture de guerre.

Aussi ce type de narration est une extraversion vers un lectorat qu’il cible. Mais, les citoyens, curieux de leur histoire ne sont pas dupes. Ils connaissent les différents épisodes qui ont jalonné leur guerre de libération par différents canaux d’information, que la mémoire collective a sédimenté, que l’unité des principaux partis politiques sur leur histoire et celle de l’armée confirment. Il n’est pas ici dans notre intention de soulever quelques controverses qui ont marqué, au cours de la révolution, quelques acteurs importants -la force la plus organisée les a aplanis – mais chacun d’eux a bien mérité de la patrie.

Il est notoire que l’action politique et sociale au sein de la population a été menée par le pouvoir multiple incarné partout par l’ALN comme « instance suprême de fait politico-militaire ». C’était la seule organisation possédant un esprit de corps qui englobait les deux côtés des frontières et les troupes armées des différentes wilayates.
Le G.P.R.A détenteur officiel de l’autorité nationale et internationalement consacré, n’avait pas d’autorité sur le terrain sous forme d’un parti structuré maintenant son autorité et sa direction sur la lutte armée par rapport à la masse des militants organisés et aux combattants de l’intérieur.


Les membres du GPRA

La dynamique du mouvement révolutionnaire algérien ne peut être comprise si l’on nie son caractère collectif qui a intégré tous les mouvements nationaux dont les revendications convergeaient vers l’émancipation du peuple algérien de la domination coloniale, et, qui se sont fondues dans l’action d’ensemble sous la bannière du Front de libération nationale.

Son autorité politique s’était diluée et fondue avec les structures combattantes sur le territoire national. Organisation de lutte armée politico-militaire et de guerre révolutionnaire le FLN ne s’est pas soucié de délimiter ses structures propres, d’agir en tant que partie de direction « avec une hiérarchie militante d’encadrement autonome » qui lui aurait assuré une « aura » constante, permanente au-dessus de tous.
Les évolutions de la guerre et la nature des combats l’ont contraint à se démettre en faveur de l’ALN. Cette stratégie que préfigurait le congrès de la Soummam n’a pu être concrétisée. La division territoriale (en wilayates) et le retrait du CEE à l’extérieur ont renforcé l’autorité de l’ALN. Par son exil du territoire national le CEE s’est privé du commandement et du contrôle par une politique présente sur le terrain avec une structure qui maintiendrait sa direction sur la lutte armée : il a fait place à un pouvoir multiple incarné partout par l’ALN qui a maintenu sa cohésion par le maintien des relations entre les différents corps d’unités d’action, par l’approvisionnement en armes, par la télécommunication et l’échange d’informations par des agents de liaisons.

En s’appropriant une interprétation subjective du Congrès de la Soummam, par une force politique interne, cet historien procède d’une distraction de l’étude prétendument historique et se compromet par son parti pris pour une version partisane.
L’appropriation de ce haut lieu de l’histoire (la Soummam) de la guerre de libération ne peut être à l’apanage d’une partie au détriment de l’autre. Ce lieu de mémoire est un patrimoine national. Il ne peut être revendiqué comme « un tournant raté de la démocratisation », du fait qu’il s’inscrit comme un moment de jonction de la révolution qui a évolué avec les contraintes que la guerre a imposées : les instances du congrès qui s’étaient prononcées sur la primauté du politique sur le militaire se sont diluées.

La démocratisation suit son cours. La démocratie ne se décrète pas. Elle se construit par toutes les forces sociales, à l’image de l’occident -qui est souvent rappelé comme modèle – par l’antagonisme des classes sociales qui s’était étendu sur près de deux (2) siècles.
Par conséquent quelle remarque et que peut-on déduire de l’approche globale que fait M. Alcaraz de sa reconstruction de l’histoire ?

L’analyse politique minima, des événements, depuis le déclenchement de la Révolution en 1954, qui ont marqué son évolution et son impact sur le devenir des acteurs et des groupes révolutionnaires est inexistant.
Isoler des forces – l’armée et ses instances-, les événements – congrès de la Soummam -, les représentations – GPRA – pour les opposer, va au-delà du procès du « pouvoir » -présenté comme hégémonique –, participe d’une volonté (par son auteur) de décrédibiliser tout le processus d’émancipation de la nation algérienne de sa longue nuit coloniale.

Toutes les révolutions, nécessairement porteuses de contradiction, ont connu des renversements de situations à l’exemple de la Révolution française de 1789 – et celles qui lui ont succédé 1830, 1848 – a entraîné des bouleversements dans les institutions -jalonnés par des exécutions et de différents régimes- jusqu’à pratiquement l’échec des monarchistes et le vote des lois constitutionnelles de la IIIe République.

L’histoire récente française, après l’occupation de la France par l’Allemagne Nazie, enseigne que la légitimité du pouvoir a été reconnue au général de Gaulle qui était en exil malgré le combat de résistance mené par des représentants de partis politiques divergents (particulièrement les communistes).
Ceci dit, il est évident que les paysages politiques et l’histoire de ces deux pays sont différents.


Scrutons ce récit par une analyse du contenu
Toute sa technique d’écriture est d’entraîner ses lecteurs dans le sillage d’une interprétation tendancieuse des commémorations des lieux de mémoire et les remémorations des faits et des événements de la guerre de libération :
1- « Les commémorations organisées dans ces lieux avec leurs rituels sont particulièrement importantes pour le pouvoir qui peut mettre en scène sa légitimité en tant qu’héritier des combattants qui ont mené la lutte pour l’indépendance de l’Algérie ».
Il énonce à ses lecteurs que ce pouvoir s’approprie les hauts faits d’armes pour se légitimer.
Pourtant il est notoire que ces cérémonies sont organisées avec leurs rituels dans tous les pays qui ont subis des guerres pour consolider leur unité (jusqu’à ce jour en France) ; Ça n’a pas empêché notre historien d’en faire grief au pouvoir (!?) il fait abstraction de la légitimité de l’Etat de remplir son devoir de mémoire.

Des moujahdine de la wilaya2

2- Mieux encore : « la Guerre d’indépendance algérienne est une ressource émotionnelle à cause du profond respect de la population pour les chouhadas et pour les moudjahidines ».
Il glisse « ce pouvoir abuse de l’émotion que suscite l’évocation des anciens combattants -Chouhadas et moudjahidines- auprès de la population pour s’affirmer ». Autrement dit cette population est dominée par l’émotionnel et non par les éléments fondateurs d’une nation, des luttes du peuple contre le colonialisme dont les lieux de mémoire en sont l’expression les plus abouties.
La société algérienne n’est-elle pas fondée par une histoire commune dont la guerre de libération nationale est l’apothéose, pour vouloir l’isoler de l’institution étatique qui la représente ? Quelque soit le parti qui représentera le peuple il s’astreindra à toutes les manifestations mémorielles.


3- Il continue, « face aux difficultés du présent -terrorisme, dégradation de la légitimité de l’Etat à cause de la mauvaise gouvernance, instabilité sociale consécutive aux difficultés de la vie quotidienne d’une partie de la population -, le pouvoir réactive la guerre des mémoires contre l’ennemi d’hier pour tenter de reconstruire une unité nationale », et finit par lâcher « le pouvoir algérien fait appel au roman national afin de conserver son hégémonie culturelle ou du moins idéologique sur la société ».
Cet amalgame entre récrimination gratuite et intrusive dans une société qui lui est étrangère, et l’agression terroriste dont il avait été tragiquement victime – qu’il a pu vaincre, seul, malgré le jeu trouble occidental –, témoigne de l’hostilité, clairement exprimée, de son auteur, non envers le pouvoir qu’il désigne nommément mais contre l’Etat algérien « indomptable ».


C’est à dessein qu’il complète le portrait qu’il brosse cet Etat qui le « fuit » en hasardant « l’hégémonie culturelle ou idéologique » sans en préciser les contours : c’est à ses lecteurs de le décrypter.
Cet historien « engagé » ne peut se départir de cette image dévalorisante de l’ex-colonisé incapable de s’émanciper, avec en arrière-fond, la déculpabilisation du crime de la colonisation.
Ce qui nous désole n’est pas tant ce que répand ce chercheur « orienté », mais ceux de chez nous qui ingurgitent ces élucubrations, ces extravagances, les assimilant avec complaisance à une étude méthodique des faits historiques, alors qu’il procède d’une tentative de discréditer, non ce qu’il appelle le « pouvoir » en tant qu’héritier des combattants – qui reste, une abstraction non identifiée- mais l’Etat en tant qu’entité politique, titulaire de la souveraineté.


4- Les commémorations seraient sélectives, selon le commentateur, quand l’historien parle « d’étudier les familles du nationalisme algérien mises en scène dans ces lieux et celles qui sont peu mises en valeur (?) voire oubliées (!?) ».
La nuance est dans la discrimination des familles politiques dont certaines sont plus valorisées que d’autres ou délaissées selon l’auteur. Pourtant les écrits et les témoignages foisonnent dans les institutions chargées de traiter la mémoire nationale dans toutes ses déclinaisons ; mais ce qui se profile derrière le mot « oubliées » c’est la version politique ou l’interprétation faite par certains partis.


5- Les lieux de mémoire portent les traces de ces divergences et trahissent une crise identitaire du peuple algérien « La richesse du multicultarisme –arabe, berbère, musulman – est souvent niée dans les lieux de mémoire officiels » ; affirmation dénuée de tout fondement. Le rétablissement de l’identité plurielle de l’Algérie est une reconstruction qui se consolide par la réappropriation de ses éléments constitutifs que 130 ans de déculturation, de reniements subis et d’autres formes de division et de renoncements -statut personnel- avaient alternés.


6- Après le commentaire perfide du journaliste « après la nationalisation des hydrocarbures Boumediène nationalise l’histoire » l’auteur écrit « pour ne pas laisser le monopole de l’écriture de la guerre d’indépendance aux Français, le pouvoir algérien décide de prendre en charge davantage la gestion de la mémoire nationale ».
Ô ! Combien il avait raison ! Cette défiance se confirme. Cette préoccupation était légitime. Il appartient au jeune état naissant de recenser et restituer les faits d’histoire à sa nation pour entretenir leur mémoire et amasser les matériaux historiques pour leur réinterprétation et leur écriture par les futures générations d’historiens de manière apaisée.


Le rappel du retard algérien par rapport à la France est inconvenant -pour ne pas dire un mépris- à l’encontre d’un pays aujourd’hui souverain qui était plongé dans l’ignorance pendant 130 ans par le colonisateur.


7- La démarche algérienne de se réapproprier son histoire est dénigrée : « la fabrication de la mémoire nationale est donc l’objectif privilégié et non l’étude critique » écrit-il.
Le ton péjoratif de cette phrase est significatif de toute l’acerbité qu’il manifeste à l’encontre de l’Etat algérien : il accuse les autorités publiques de faire dans la manigance pour produire la mémoire de manière pernicieuse. Un historien, comme il est présenté, sait que l’étude critique est un travail de professionnel qui exige un éloignement dans le temps pour une analyse plus objective des fais historiques. Pour expliciter sa sentence, il énonce les fondations d’institution qui seront chargées de traiter les fonds documentaires, de leur rattachement à d’autres institutions, la périodisation des réhabilitations de dirigeants de la Guerre d’indépendance ou d’autres lieux de mémoires établis dans le temps comme éléments de fabrication.
Un esprit impartial ne peut-il voir, à travers ces actions, le souci d’un jeune pays renaissant de s’adonner à un travail de reconnaissance et de recensement, autant de la mobilisation et la contribution des anciens dirigeants politiques et militaires, que des hauts faits d’armes et d’événements historiques.
C’est volontairement vouloir pervertir ce souci que de le présenter « comme une structuration du champ mémoriel » fabriquée.
La détermination de l’Etat a forgé et a renforcé l’unité nationale par la reconstruction de l’histoire et a trouvé sa pleine expression par la politique de réconciliation instaurée par le président de la République après une période de maturation.
C’est l’aboutissement, après les convulsions de la Tragédie nationale et le développement socio-culturel au sein de la société, qui a permis à la nation de se réconcilier avec elle-même, avec sa culture et son histoire de manière évolutive.


Reconstruit-on l’histoire en schématisant les conditions du choix des lieux de mémoire en les périodisant ?
Le recensement des hauts faits d’armes et les lieux de combats ou de résistance, pour les retracer et les ériger en patrimoine historique de la collectivité nationale est un devoir de tout Etat envers sa nation. C’est une approche assassine que de présenter cette tâche de portée nationale comme celle d’un pouvoir non identifié – il serait en parallèle avec l’Etat- pour conserver son hégémonie sur la société – l’Algérie serait-elle une exception dans le concert des nations pour cet auteur : ses lieux de mémoire seraient des butins de guerre d’une caste-.
Son travail de recherche a consisté à recenser les lieux de mémoire comme points de fixation pour des interprétations subjectives conduisant à pourfendre l’Etat -lui parle de pouvoir- pour le discréditer.
Le plus piquant est la confusion entretenue par ce récit :
a) Tantôt les algériens sont boulimiques en matière de commémoration dans toutes les villes et villages.
b) Ensuite, les lieux de mémoire seraient peut-être (?) les éléments fondateurs d’un sentiment national ; alors qu’en France écrit-il « la nation précède les lieux de mémoire » (comprendra qui voudra). Posons-nous donc la question d’où a surgi le mouvement national algérien à l’origine du déclenchement de la Guerre de libération ?
c) Tantôt, « c’est la flatterie du particularisme régional » qu’il déploie pour entretenir complaisamment l’égo de leur population, sous-entend-il.
Cet argument de « flatterie » a la même consonance que l’émotionnel, ils ont le même rapport à l’affect ; comme il sera développé ci-dessous le peuple algérien a conscience de son épopée.
d) Pour recourir à l’émotionnel qui serait une ressource à laquelle recourt « ce pouvoir » pour contourner ses difficultés. Dire que pour le peuple algérien, la Guerre d’indépendance et le souvenir des chouhada et des moudjahidine serait une ressource émotionnelle c’est faire preuve d’une méconnaissance totale de la représentation nationale dont sont l’objet ces symboles de la Révolution auprès du peuple algérien. Cette guerre et les hommes qui l’ont déclenchée et conduite -chouhada et moujahidine – sont auréolés de prestige et de gloire pour le sacrifice consenti afin de libérer le peuple de cette domination coloniale arrogante et humainement dégradante qui a duré 130 années ; les rancœurs accumulées contre l’occupant ont trouvé dans ces forces libératrices, les héros légendaires de leur libération. Cette image sublimée a acquis une valeur sociale qui s’est transmise de génération à génération, a intégré la mémoire collective.
Le peuple algérien aujourd’hui n’est pas dupe. Il a conscience des enjeux politiques. Il est attentif à l’agitation politique qui se distingue uniquement par la surenchère politico-socio-économique.

Emmanuel Alcaraz


La motivation de M. Alcaraz est de présenter l’Algérie comme un pays non émancipé d’un pouvoir qui serait tutélaire et dont la légitimité depuis l’indépendance est controversée.
C’est un raccourci complaisant à l’égard d’adversaires, d’ici et d’ailleurs.
Une étude objective doit remonter au mouvement national dans sa complexité depuis sa naissance, dans ses composants et les couches sociales qui le représentaient pour comprendre son développement et son évolution vers le type de société qu’il a engendré, pour saisir la réalité du pouvoir, qui elle-même ne peut être comprise que par les rapports interactionnels qu’elle a tissés avec la population.
Notre société se construit. Sa représentation politique n’a que le choix d’être à l’écoute de ses pulsions, pour l’accompagner à réduire ou à dénouer les tensions ou situations tendues qui l’agitent.


Conclusion
Nous pouvons aisément conclure que cet historien a présenté un simulacre d’approche historique. Ça ne peut être une analyse historique. Elle est construite sur des probabilités et des présupposés.


Elle prend appui sur des conjectures formulées par une opposition qui par projection leur prêtent une existence objective.
Tout historien honnête ne compartimente pas les faits qui structurent le récit historique pour en faire une lecture conjoncturelle.
L’inventaire et la reconnaissance par l’Etat des lieux de mémoires a été un long processus de recueil, de témoignages écrits et oraux, de recoupement.
Ces lieux de mémoires constitueront des matériaux de travail pour une réelle étude et écriture de l’histoire loin de toute subjectivité de génération actrice ou encore à la proximité de la Guerre de libération, par les générations futures qui seront mieux outillées avec plus de rigueur, par un travail d’analyse et de profonde réflexion sur les faits historiques pour la recherche de la vérité historique.
Sous couvert d’une reconstruction de l’histoire par la mémoire il commet une intrusion politique en piétinant le code de déontologie qui sied à une profession d’une part et en s’immisçant dans la conduite des affaires politiques d’un pays tiers en prenant faits et cause pour une partie contre l’autre.


* Le livre n’est pas disponible dans les libarairies en Algérie

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