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Les étudiants maintiennent le cap

27 août 2019 | 17:00
Algérie Hirak Aziza Mehdid


La 27e marche des étudiants a été signée ce mardi 27 août et la dernière de ce mois.
Force est de constater qu’à Alger, la mobilisation reprend progressivement dans les rangs des étudiants, qui ont réussi à assurer la « permanence » pendant la saison estivale dans des conditions peu favorables.
Comme il est d’usage, les marcheurs, et avant d’entamer la manifestation hebdomadaire, débattent de l’actualité nationale à la place des Martyrs.
De ce court échange se dégage un état d’esprit infaillible qui démontre leur forte mobilisation pour le changement politique radical.
Il était 10 h 35 quand les manifestants, munis de pancartes, d’étendards et du drapeau national, ont entamé leur marche. Ils étaient déjà plusieurs centaines entre étudiants et citoyens lambda. Aussitôt après l’hymne national, ils ont commencé à scander sans interruption « Dawla madanya machi askarya » (Etat civil, pas militaire), « Makach hiwar m3a el3issabet » (pas de dialogue avec les bandes), « Djazayer horra dimoukratya » (Algérie libre et démocratique), …
Les contestataires refusent d’être représentés par une quelconque organisation estudiantine ou syndicale, notamment celles ayant servi de relais au régime contesté. « Nahnou toulab mounadamat maymatlounache » (Nous les étudiants, les organisations ne nous représentent pas), « les syndicats à la poubelle ! », scandaient les marcheurs à Bab Azzoun. 
Soulignant dans le même sillage qu’ils sont des étudiants, pas des terroristes « H’naya tolab machi irrhab », et que le peuple demande l’indépendance « E-chaâb yourid el-istiklal ».
Par ailleurs, la manifestation d’hier a vu la présence remarquée et remarquable des enseignants universitaires qui, hormis une poignée, étaient absents de ce rendez-vous estudiantin des semaines durant. Certains d’entre eux estiment qu’un moment de répit est indispensable pour une bonne reprise.
La foule, traversant les rues Bab Azzoun et Ali Boumendjel s’amplifiait au fur et à mesure, et frisait le millier de manifestants, occupant de la toute la rue Larbi Ben M’hidi de long en large. Une image impressionnante qui s’offrait aux passants, qui l’admiraient depuis le piédestal de la statue de l’Emir Abdelkader.
Devant le siège de l’Instance de dialogue, les étudiants ont pris cette habitude de marquer une halte et scander des slogans rejetant le panel de dialogue conduit par Karim Younès. « Makach hiwar m3a el3issabet » (pas de dialogue avec les bandes), « Ya lal3ar 3issaba t’koud el-hiwar » (quelle honte, une bande qui conduit le dialogue !), « Loujnet el-hiwar machrya b’dinar » (La commission de dialogue achetée pour un dinar), « Makach l’vote ya s’hab kaskrout » (pas de vote pour les partisans de la corruption)…
Les citoyens qui se joignaient aux étudiants en guise de soutien à leur mouvement, considèrent qu’ils ne font que leur devoir, car il s’agit d’une cause nationale et de l’avenir des futures générations. Ils lançaient à l’adresse des passants, « Ayouha elwakifoune, kouloukom ma3niyoun, ayouha elwakifoun kadiya watanya » (vous êtes tous concernés, la cause est nationale).
Les différentes structures estudiantines émergeant du Hirak sont, en outre, résolues à intensifier la mobilisation pour faire aboutir les revendications qu’ils considèrent légitimes. En effet, des étudiants du Forum des étudiants (FE), du Pôle des étudiants algériens (PEA-Alger), de l’Union des étudiants Alger1, du Comité autonome des étudiants Alger2 ont battu le pavé ensemble en cette 27e marche pacifique.
Anis, du FE, nous explique que « les membres de leur structure veillent à ne pas rater ce rendez-vous et fixent encore une fois les mêmes revendications légitimes ». « Nous demandons un changement radical, une justice indépendante et une presse libre », ajoute-t-il. Sur la solution à la crise politique, Anis a indiqué : « Nous sommes pour un processus électoral, mais avec toutes les garanties pour un scrutin libre et transparent. »
Il a, dans la foulée, souligné l’unité des étudiants et dénoncé toute tentative de division ciblant la communauté de ceux-ci. De son côté, Abdenour, étudiant à Bab Ezzouar, a déclaré que (les étudiants) maintiennent le cap sur les mêmes revendications. « Nos revendications sont les mêmes. C’est après le départ du gouvernement Bedoui et de l’actuel chef de l’Etat, et la remise en liberté des détenus d’opinion, la liberté de la presse et l’indépendance de la justice, que nous pourrons parler d’une démarche de dialogue », assène cet habitué des marches estudiantines de chaque mardi. « Les conditions actuelles ne permettent pas d’amorcer un dialogue franc et responsable », poursuit-il, avant de souhaiter que le peuple en général, et les étudiant en particulier restent unis et solidaires, mais surtout patients dans leur combat. Zakarya, du Pôle d’Alger, voit que l’objectif est de construire une vraie démocratie et d’aller vers un équilibre des pouvoirs à même d’éviter les régimes présidentialistes précédents. Pour ce faire, ajoute-t-il, « une période d’assainissement » est indispensable aux fins d’éradiquer la mafia politico-judiciaire et d’établir un Etat de droit. En tout état de cause, le mouvement estudiantin, qui gagne en maturité, reprend en force et promet une rentrée universitaire exceptionnelle. 
Aziza Mehdid

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