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Les enseignants manquent à l’appel

4 septembre 2016 | 19:56
Aïssa Hadj Daoud

Une demi-journée à peine depuis la rentrée scolaire à Ghardaïa, et comme chaque année et à différents degrés, des lacunes sont déjà signalées, notamment le déficit en personnel enseignant.

Des problèmes qui ne cessent de s’accumuler, rendant leur traitement difficile. Cette fois, la direction de l’éducation de Ghardaïa est confrontée à une équation très difficile à résoudre avec la contrainte de la désignation des nouveaux enseignants.

Les premiers responsables du secteur déclarent que le nombre d’enseignants doit nécessairement augmenter pour l’encadrement du nombre croissant des élèves, qui s’élève cette année à plus de 93 000, tous paliers confondus.

Cette déclaration a été faite lors d’un forum d’évaluation des préparatifs de la rentrée scolaire 2016/2017, organisé par la radio locale de Ghardaïa, en présence d’un responsable de la direction de l’éducation.

Ainsi, plusieurs réunions de concertation ont été aussi, semble-t-il, tenues au sein de la direction de l’éducation, bien avant la rentrée scolaire, ayant pour effet de pallier quelques insuffisances. Cette direction a décidé de recourir à l’installation des nouveaux enseignants ayant été admis lors des différents examens de recrutement, à travers certains établissements scolaires de la wilaya.

Inopportunément, selon une pétition signée par quelques associations de la société civile mozabite ainsi que des associations de parents d’élèves des 19 établissements scolaires à majorité mozabites, qui ont catégoriquement refusé d’envoyer leurs enfants à l’école et, par conséquent, boycotté la rentrée de cette nouvelle année scolaire. Compte tenu de la désignation des enseignants arabes au sein de leurs écoles. 

Selon le président des associations des parents d’élèves, Cheikh Babaoumoussa, cette désignation a été faite au détriment de plusieurs autres contractuels mozabites qui auraient réussi aux différents examens de recrutement et qui figurent sur une liste d’attente.

D’autre part, devait-il ajouter, les nouveaux enseignants arabes/malékites, qui, souvenons-nous, avaient par le passé refusé d’enseigner les élèves mozabites), ne jouissent pas d’une édifiante conscience professionnelle pour dispenser un enseignement correct à nos enfants.

Allusion faite aux retards et absentéismes répétés, aux demandes de congés inventés et aux excuses mensongères. Cependant, le mouvement de protestation a touché l’ensemble des établissements scolaires à majorité mozabites, à travers la ville de Ghardaïa en particulier.

Selon M. Alihoum, directeur de l’école primaire « Cheikh Saïd-Kerbouche », seulement 50% des élèves et 40% des enseignants se sont présentés à son école. Par ailleurs, aucun des enseignants nouvellement désignés ne s’est présenté. Ainsi, au niveau des 19 établissements scolaires protestataires, la majorité des nouveaux enseignants arabes rechignent à s’y installer.

Par ailleurs, cette nouvelle rentrée scolaire 2016/2017 remet également sur le tapis la politique de la refonte du système scolaire qui, comme le souligne un responsable de la direction de l’éducation, n’est pas accompagnée de moyens financiers conséquents.

Pourtant, selon ce même responsable, beaucoup d’argent a été dépensé pour ce projet par l’instance chargée de le faire aboutir, à savoir le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), ne serait-ce qu’à l’occasion des différentes rencontres au niveau national et régional qu’il avait organisées à cet effet. 

A ce sujet, à Ghardaïa, plusieurs rencontres auraient donc eu lieu entre le directeur de l’éducation et son encadrement, durant lesquelles il a été constaté par plusieurs observateurs la prédominance des questions de forme sur celles ayant trait au fond. Cette refonte, rappelons-le, a été maintes fois annoncée par la ministre de l’Education nationale. Il y a lieu de s’interroger donc sur l’application de ce projet.

Ces rencontres se sont également penchées sur la question du manque de classes préparatoires pour les enfants de moins de 6 ans, d’enseignants de la langue tamazight et de cantines, dans la majorité des établissements scolaires à travers la wilaya.

La direction de l’éducation n’a jamais pensé ni même évoqué les lacunes signalées à chaque rentrée scolaire, en matière de manque de cet outil de base pour les élèves des premières années scolaires au sein des écoles primaires, à majorité mozabites, à savoir le manque d’enseignants bilingues (arabe/mozabite).

Cela, en dépit, de nouveaux recrutements. Interrogé à ce sujet, un enseignant dans une de ces écoles primaires nous dévoile, avec beaucoup de conviction et d’honnêteté, que réciproquement les petits élèves mozabites et les enseignants arabes trouvent d’énormes difficultés à se faire comprendre, particulièrement en première année du primaire, ce qui influe négativement sur la qualité de l’enseignement dispensé à ces enfants. 

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