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Les dépenses excessives de la CNR à la rescousse du gouvernement

12 juillet 2016 | 20:06
Amine B.

La décision du gouvernement d’annuler les départs anticipés à la retraite continuent de susciter d’une part l’adhésion de sphères acquises à la théorie des « équilibres économiques » prônée par le gouvernement et d’autre part le mécontentement du monde du travail.

Face à la ripostes des syndicats autonomes opposés dans leur majorité à la décision tenue au cours de la dernière tripartite, le choix du gouvernement de Sellal semble presque irrévocable, surtout qu’au regard des dernières données filtres par la Caisse nationale des retraites (CNR) faisant état d’une augmentation des dépenses de la caisse, il serait difficile de prévoir le contraire.

Les dépenses mensuelles de la CNR en matière de pensions et allocations de retraite ont en effet atteint près de 86 milliards des dinars en mai 2016, en hausse de près de 18% par rapport à la moyenne mensuelle de 2015.

Ainsi, selon la CNR, « la dépense mensuelle de la CNR est passée de 73 milliards de dinars en janvier 2015 à près de 85,7 milliards de dinars en mai 2016, en matière de pensions et allocations de retraites ».

Au total 2 880 180 dossiers de pensions et d’allocations de retraite sont gérés par la CNR, dont 2 016 817 retraites normales (âge 60 ans), soit près de 70,1% du total des dossiers. Les autres ont répartis comme suit : 594 247 retraites proportionnelles, 261 717 retraites sans condition d’âge, 507 retraites anticipées et 6 892 retraites servies à l’étranger, soit un total de 29 9% des retraités.

La caisse a enregistré 130 000 nouveaux dossiers en 2014, 180 000 autres en 2015, alors que pour le premier semestre (janvier-juin) 2016 seulement, elle a enregistré 100 000 nouveaux dossiers, selon les responsables de cet organisme, lesquels s’attendent à 200 000 nouveaux dossiers d’ici à la fin de l’année en cours.

L’augmentation des dépenses d’une manière « constante » est due à l’augmentation du nombre de bénéficiaires de cet organisme à caractère « hautement social », explique-t-on par ailleurs.

Des chiffres qui viennent, si besoin est, corroborer les récentes données publiées au mois de mai par l’ONS (Office national des statistiques) faisant état d’une hausse notable de l’espérance de vie des Algériens. Des statistiques qui les placent désormais en haut du tableau des « séniors » africains. L’espérance de vie moyenne des Algériens se serait établi pour l’année 2015 à 75,6 ans, à en croire les données publiées par l’ONS.

Ainsi, les Algériens vivent plus longtemps que leurs voisins tunisiens (75,3 ans) et marocains (74,3 ans). Reste que leur longévité n’est pas toujours synonyme de bonne santé.
En effet, toujours d’après l’ONS, l’Algérien a un taux de probabilité de mort de 22,1% entre 30 et 70 ans d’une des quatre principales maladies non transmissibles (maladie cardiovasculaire, cancer, diabète et maladie respiratoire chronique). Un taux qui place l’Algérie dans la mauvaise partie du classement mondial dans cette catégorie. 

Deux orientations qui semblent en tout cas tomber à point nommé pour offrir un coup de pouce à la décision pondue au mois de mai par le triumvirat gouvernement-patronat-UGTA. Deux orientations qui, au passage, pourraient aussi constituer une occasion inespérée pour le parton de la Centrale syndicale pris aux filets de ses compères de la tripartite. En effet, le mécontentement des travailleurs et des organisations syndicales ne s’est pas fait attendre.

Vite montés au créneau aussitôt la décision d’aller vers l’annulation du départ anticipé entériné par la tripartite, les travailleurs et leurs représentations n’ont pas tardé à accuser Abdelmadjid Sidi Saïd d’agir à l’encontre des intérêts des travailleurs. Un mécontentement qui continue de prendre de l’ampleur.

Après les travailleurs du secteur économique de la pétrochimie – les premiers à être montés au créneau pour critiquer la décision – il est fort probable que celui de la Fonction publique ne restera pas passif. Le secteur de l’éducation, où le taux de demandes de départ à la retraite anticipé a été le plus élevé durant ces dernières années, pourrait reprendre le flambeau à la rentrée. Sauf si Sellal entérine sa décision au plus tôt dans l’espoir d’étouffer l’embryon dans l’œuf.

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