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Les costards et les oripeaux pour fêter l’Aïd à Constantine

29 juin 2016 | 18:41
Amine B.

Peu ou pas de répit pour les ménages. Le soupire poussé au fur et à mesure que s’égrènent les derniers jours du mois sacré est vite rattrapé par la lassitude des projets dépensiers des fêtes de l’Aïd, gâteaux traditionnels pour la maison et vêtements pour les bambins en tête de liste. Au finish, un essoufflement auquel peu, très peu de petites gents pourraient faire de la résistance.

La coutumière tâche à laquelle s’affairent les parents en pareilles circonstances a, en effet, fini par devenir au fil des ans une bien pénible besogne.

Mais le cœur dans ce cas précis passe bien avant la raison, et donner un coup d’éclat à la tenue des gosses le jour de l’Aïd est, pour beaucoup, capital. Du coup, magasins et autres points de vente sont pris d’assaut par des familles entières de diverses couches sociales.

A Constantine, même la multitude de points de vente ayant poussé ces dernières années s’avèrent insuffisants en pareil événement. Au centre de la cité, à Sidi Mabrouk, ou encore à la ville nouvelle Ali-Mendjli, principales concentrations de magasins d’habillement pour enfants, le constat est presque le même.

Les boutiques grouillent la nuit, surtout de parents désabusés par la contrainte de bien vêtir et au bon prix leurs enfants. Des pères souvent obligés d’opter pour des achats nocturnes pour fuir la chaleur suffocante du siroco diurne sont le plus souvent accompagnés de leurs bambins qui, de leur côté, appâtés, cachent maladroitement leur enchantement devant les devantures des magasins aux couleurs et aux formes multiples.

Les marchés et autres bazars spécialisés en habillement, ayant poussé ces dernières années un peu partout à travers la cité, font qu’il est désormais aisé pour quiconque de trouver chaussure au pied de son gamin.

A la ville nouvelle où le foisonnement de nouvelles boutiques est le plus flagrant, des familles venues de toute la région convergent dès 21 heures vers ces points fixes à l’architecture moderne et d’autres mobiles improvisés souvent en plein air par des revendeurs opportunistes qui étalent, pour la plupart, des étoffes aux origines orientales.

Il faut dire que les produits de l’empire du Milieu et ceux de l’Asie mineure pullulent dans les souks, de sorte qu’il est quasiment rare de dénicher un étiquetage issu d’une autre contrée.

Les rares boutiques aux vêtements ramenées du Vieux Continent, peu fréquentées au demeurant par monsieur tout le monde, ont quant à eux fini par fidéliser une clientèle souvent aux poches bien remplies.

Une robe pour une fillette de 3 ans peut coûter jusqu’à 8 000 DA et un tee-shirt pour un gosse de 2 ans aux alentours de 4 000 DA. « Intouchable » pour certaines petites bourses sorties exsangues du mois sacré.

Si pour les produit made in CE la facture peut s’avérer salée, pour ceux made in China ou Turkey, des économies peuvent être faites. Bien que cette années, les prix ont quelque peu, de l’avis des clients, connu des hausses significatives pour une qualité moins bonne.

A moins de cinq jours des fêtes, il faudrait dépenser au moins 6 000 DA pour se payer une tenue (pull, pantalon et chaussures) pour un garçon de six ans, et pas moins de 8 000 pour habiller une fillette du même âge.

Des prix qui seront revus à la hausse, cette semaine, à en croire des revendeurs d’un centre à Ali-Mendjli. « La marchandise ayant été écoulée aux premiers jours du ramadhan, il faudra attendre la première semaine de l’Aïd pour voir le prochain arrivage. La marchandise est en dédouanement et les nouvelles procédures de taxation ne nous laissent plus le choix », précise l’un d’eux.

Un manque à gagner, selon notre interlocuteur, qui fait perdre à la boutique des centaines de millions ». Mais entre les convoitises des hommes aux costards et les contraintes de ceux des oripeaux, le fossé continue de se creuser. Un fossé qui, désormais, fait que certains pères de famille seraient prêts à tout pour habiller leurs enfants, quitte à opter pour la fripe.

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