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Les boutiques prises d’assaut

29 juin 2016 | 18:45
Amel Saïdi


Les Algériens vivent la dernière semaine du mois sacré. Une période où le spirituel est censé prendre le dessus sur toute autre considération, mais à l’approche de l’Aïd el-Fitr les deux voies peuvent s’associer. Il est question en effet de vêtir les enfants comme le veut la coutume. Et pour ce faire, les familles n’hésitent pas à prendre d’assaut les artères commerçantes dès la dernière bouchée du repas du f’tour.


Lundi 27 juin à 22H00, l’avenue Ali-Khodja, qui traverse El-Biar d’est en ouest, grouille de monde. La circulation automobile est dense. L’endroit est connu comme étant une destination de choix pour ses nombreux magasins et boutiques d’effets vestimentaires.


C’est un véritable lieu de convergence pour de nombreuses familles qui viennent vêtir leurs enfants à l’approche de chaque Aïd. Le klaxon des voitures coincées dans l’encombrement qui attendent pour garer ne se fait pas attendre.


Foule… sur la ville


 


Les tympans en prennent un sacré coup. La colère chez les automobilistes est perceptible : « Wallah c’est la misère, mais je suis obligée d’atterrir dans ce bourbier, je suis là pour acheter des fringues à mes deux fils et mes deux filles pour l’Aïd », nous lance Karima tout en manœuvrant son volant pour essayer de garer sa petite QQ, au fond d’une ruelle contigüe à la poste d’El Biar. Et d’ajouter : « Heureusement que je connais un magasin où je pourrai acheter des tenues complètes pour mes enfants ».


Les boutiques sont prises d’assaut depuis une bonne heure, selon une famille rencontrée sur les lieux. Les magasins offrent un choix varié : de la jolie robe pour fillette, parée d’objets scintillants, aux belles tenues pour garçonnets. Heureuse nouvelle pour les parents, la marchandise pour cet Aïd 2016 est disponible pour les grands comme pour les petits.


« Les prix restent abordables, certains effets affichant même de légers rabais par rapport à l’année passée « , nous dit Fadhila, une maman de trois enfants âgés de 6 à 13 ans.
« Mais il ne faut pas omettre que vêtir un seul enfant ne vous coûtera pas moins de 8 000 DA. Multipliez donc par trois et vous aurez une facture de 24 000 DA ! », tonne notre interlocutrice qui dit être femme au foyer. « Donc un seul salaire : celui de Monsieur ».


Pour le riche comme pour le pauvre, le bonheur pour tous…
Quant à Romaïssa, jeune maman de 27 ans rencontrée dans un magasin voisin, elle jette son dévolu sur le coin réservé aux bébés. « J’ai des jumeaux de 9 mois. Des filles. Je dois acheter deux tenues identiques.


J’ai déjà « flashé » deux robes sublimes. Elles sont magiques, mais le problème c’est que je n’ai pas assez d’argent pour les deux. Le prix d’une robe est de 8 500 DA », se plaint cette femme ingénieur dans une firme d’intrants agricoles internationale. La solution ? « Ne vous en faites pas, j’ai appelé mon mari pour couvrir le reste. Heureusement que Ayoub sera là.


Il adore ses filles ». S’il est fêté avec ferveur et joie, surtout par les enfants, l’Aïd El-Fitr est géré selon les moyens de chacun.
Tout comme Mahmoud, père de 6 enfants de 7 à 17 ans, qui lésine plutôt sur les moyens pour habiller sa progéniture et qui nous confie : « Je ne peux pas me permettre des vêtements dont les prix donnent le tournis.


J’achète selon mes moyens. J’ai mis un budget de 30 000 DA. C’est déjà beaucoup par rapport à mon maigre salaire de 33 000 DA. J’ai dû emprunter autour de moi. » A chacun sa bourse mais la satisfaction est pour tous. Saha aïdkoum.

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