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Législatives : Du grand cafouillage sur les listes

5 mars 2017 | 20:01
H. Rabah

La plus grande bataille des partis politiques vient de s’achever. Le dépôt des listes des candidats a pris fin hier à minuit. Rien ne pourra les changer, pas même le décès d’une tête de liste ou autres contraintes, comme cela est mentionné dans l’article 96 de la loi électorale. Il aura fallu un mois, parfois plus, pour que ces listes soient prêtes. Mais des dizaines de candidats ont dû quitter l’aventure avant le délai pour plusieurs raisons.

Mais des dizaines de candidats ont dû quitter l’aventure avant le délai pour plusieurs raisons. Des indépendants ont dû travailler dur pour valider des centaines de signatures et ils ne seront pas nombreux au rendez-vous du 4 mai prochain. La confection des listes est devenue aussi bien pour les partis structurés que pour les « lilliputiens » un casse-tête et un vrai cauchemar. Il faut s’attendre à des remous, des démissions et des grognes un peu partout pour exprimer le mécontentement.

En plus de quelques blocages administratifs dénoncés, des contraintes au niveau des collectivités locales en plus de la répulsion de la population aux législatives (un comportement devenu une tendance lourde depuis 1997), pratiquement tous les partis politiques ont buté sur des contestations quant aux choix des têtes de liste, aux refus des classements de candidats ou leur positionnement selon des régions ou zones urbaines et l’exclusion d’autres cadres et militants. Cette dernière semaine, c’est la cacophonie avec la publication de communiqués de soutien ou de colère, de messages de dénonciation ou d’avertissement de la part des bureaux locaux et régionaux. Des structures partisanes de l’intérieur du pays ont fait le forcing pour faire tomber certains nababs.

On a assisté pour la première fois à des guerres virtuelles, sur les réseaux sociaux, entre des clans et des potentiels candidats. Certains ont usé de manipulation, de désinformation, d’accusations, voire du fameux « fake news » pour déstabiliser leurs rivaux. Toutes les armes étaient mobilisées pour atteindre l’objectif.

Cependant, il faut croire que cette aventure des législatives n’a pas retenu l’attention de l’opinion publique, ni suscité l’engouement des couches populaires ou de la jeunesse. Pour les observateurs comme pour les acteurs politiques, il y a toujours un grand désintérêt pour les législatives de la part de la population, beaucoup plus préoccupée par l’inflation, les tracas quotidiens et le vécu social. D’ailleurs, on nous confirme dans les milieux partisans que la recherche des parrainages pour faire valider des listes est devenue une mission impossible.

Certains ont mis en action les « vertus » de la « chkara » pour faciliter le « travail », créant une véritable bourse de valeurs. Des élus d’APC et d’APW faisaient du marchandage aux ambitieux politiques. Dans certaines régions, il aura fallu actionner les vieilles recettes du tribalisme pour brasser large.

Même cela ne signifie point une victoire d’avance, quand on sait que les mécontents se comptent par milliers. Le recours aux zaouias n’est pas en reste, non pas pour chercher la baraka des cheikhs, mais pour faire valider des soutiens potentiels. Car depuis longtemps on ne fait plus confiance aux députés. Pour l’opinion publique, l’APN et les législatives sont juste de la promotion sociale et rentière. L’image de marque de cette institution populaire et républicaine est tellement ternie que même les partis politiques les plus structurés ne prennent plus en considération les avis de la population, voire de leurs propres cadres et militants. Aucun parti, aucune formation, « mouallette » et « mouâradha », n’ont daigné jouer à des primaires locales ou régionales pour démocratiser un tant soit peu les choix de leurs listes. Pourquoi une tête de liste, qui conduit les idées de son parti et de ses supporters, ne passe pas par une « tazkiya » organique et interne, s’il est vraiment aimé, populaire et convaincant ?

Les primaires organiques ou ouvertes à la population locale, au moins dans certaines agglomérations ou arrondissements, seraient un excellent test politique et un meilleur baromètre de popularité. En continuant de mépriser la population et, par ricochet, ses propres militants de la base dans le choix des députés potentiels, les partis politiques les poussent à l’abstention. Et c’est ce qui va arriver, de l’avis des acteurs politiques eux-mêmes. Hier, un handicapé moteur, très actif dans une association caritative dans une grande ville de la Mitidja, a fait le tour des permanences des trois plus grands partis du pays dans le chef-lieu de sa wilaya. Il a interrogé les responsables de ces formations sur la présence de candidats handicapés sur leurs listes. Aucun. Faut-il créer un autre système de quotas pour handicapés, comme cela a été fait pour les femmes ?

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