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Le spectre d’une grande sécheresse

2 juillet 2017 | 22:37
Aissa Hadj Daoud

L’eau de pluie et les eaux de ruissellement des oueds manquent énormément. La sécheresse et la canicule, désagréablement ressenties jusqu’aux hauts plateaux en ce début d’été, suscitent, si elles venaient à perdurer, une vive appréhension chez les fellahs du sud du pays et de la vallée du M’zab en particulier. Ces derniers redoutent en effet de voir leurs récoltes et les fruits de leurs palmiers réduits à néant.

Les wilayas du sud du pays devraient s’attendre, entre les mois de juillet et de septembre, à une extrême sécheresse mais aussi à d’éventuelles inondations. Ghardaïa, entrant dans sa dixième année ayant enregistré la pire sécheresse depuis 2008, doit désormais prendre des mesures pour capter et économiser chaque goutte d’eau.

&²La sécheresse qui touche Ghardaïa et sa région met à rude épreuve les nappes d’eau souterraines et menace l’approvisionnement en eau dans cette région, où vivent plus de 500 000 personnes, préviennent les oumana essil (les gestionnaires des eaux de ruissellement) de la ville de Ghardaïa.

Dans le cadre de leur étude, ces responsables se sont penchés sur une dizaine de palmeraies qui composent la vallée du M’zab (l’ancienne palmeraie de Ghardaïa, celles de Guerrara, Berriane, Bounoura, Beni-Izguen, Daïa, El-Atteuf et sur tout le prolongement jusqu’à El-Ménia, en passant par Mansourah et Hassi Lefhel). Les dix dernières années sont les plus sèches jamais enregistrées depuis plus d’un quart de siècle, concluent les oumana essil.

Et, fait aggravant, les trois quarts des pertes en eau proviennent du sous-sol. « C’est une perte énorme. Nous nous doutions que la situation était mauvaise mais, à ce point-là, c’est vraiment choquant », a expliqué M. Yahia, membre du groupe des oumana essil et expert en ressources hydrauliques à Ghardaïa.

Pire, « nous ne connaissons pas avec précision le volume d’eau qui reste en sous-sol. Nous ne pouvons donc pas prévoir quand ces réserves seront épuisées », a-t-il expliqué.

Et d’ajouter que seul un satellite pourrait effectuer et fournir des relevés sur la gravité terrestre. Le satellite est capable de mesurer les variations de la force gravitationnelle de la région en fonction de la baisse des réserves d’eau. Selon les experts, il est aisé de déterminer les niveaux des cours d’eau, mais la tâche est autrement plus ardue pour les aquifères, ces poches d’eau souterraines, d’où l’importance des données à établir.

La hausse des températures de ces dernières années ont entraîné un manque d’eau. D’autres voix annoncent qu’un nouveau climat est en train de s’installer dans la région du M’zab. « Les Ghardaouis devraient s’attendre donc, entre les mois de juillet à septembre, voire plus, à toute sorte de fluctuations extrêmes et contradictoires (chaleur et vents de sable). Cette période sera marquée par une intense sécheresse mais aussi par d’éventuelles inondations.

Donc, que faire face à ce nouveau climat ? Il faut reconnaître que nous vivons dans un autre climat dans lequel l’exception est devenue la règle. Aussi, les autorités locales ne doivent plus se justifier en avançant que ces phénomènes naturels sont devenus exceptionnels, mais doivent agir en conséquence.

D’où une nécessaire mise à niveau des structures sociales et économiques pour minimiser les dégâts du changement climatique et profiter des avantages de cette nouvelle réalité. Tous ces événements sont, semble-t-il, dus au réchauffement climatique.

« A Ghardaïa et ses régions, une nouvelle politique de distribution de l’eau doit être prise en considération. Une petite quantité de pluie peut éventuellement tomber à n’importe quel moment, entre juillet et septembre.

De même, la sécheresse peut persister », ont noté les oumana du essil. Ces changements brutaux sont devenus une réalité. « Depuis la dernière semaine du mois de ramadhan à ce jour, la chaleur a augmenté brutalement, au moment où les pluies sont absentes ».

Vu le manque de pluie et des eaux de ruissellement des oueds, le potentiel des ressources en eau renouvelables dans les puits des palmeraies ont baissé de façon inquiétante. Les niveaux des nappes continuent aussi à s’approfondir en raison d’une faible recharge et d’un accroissement des prélèvements dans les puits et forages.

La qualité des ressources en eau subirait éventuellement une dégradation supplémentaire en raison d’une plus faible dilution de la pollution d’origine humaine (infiltration des eaux usées brutes, des engrais chimiques et pesticides, etc.)

Compte tenu de cette importante sécheresse, chaque jour, le désert grignote des terrains un peu partout, même dans certaines wilayas du nord du pays, en juxtaposition avec le Sud. Cette situation devrait contraindre les autorités locales à instaurer de nouvelles mesures d’économie d’eau pour faire face à la sécheresse historique qui touche la wilaya de Ghardaïa et ses régions depuis une dizaine d’années.

Les responsables locaux de contrôle des ressources en eau devraient, quant à eux, promulguer une politique pour la réduction obligatoire de la consommation d’eau pour l’ensemble des communes en exigeant de celles-ci de ramener la consommation d’eau à son minimum possible et d’éviter toutes sortes de gaspillage.

Quant à l’Algérienne des eaux de la wilaya de Ghardaïa, elle est tenue, pour sa part, de ne ménager aucun effort pour réparer les fuites d’eau qui se comptent par milliers à travers les treize communes de la wilaya.

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