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Le sirocco sur les braises

4 février 2015 | 20:36
Nordine Mzalla

Que s’est-il passé au sommet de l’Etat pour qu’on décide de traiter, avec autant de maladresse, la protestation au sujet du gaz de schiste dans le sud du pays ?

Cela fait pourtant quelques temps que les pouvoirs publics algériens montrent qu’ils savent gérer avec subtilité la protesta, sans en plus trop recourir à la matraque quand le dialogue social finit toujours par ramener la sérénité.

On a encore en tête la riposte ingénieuse des patrons de la sécurité intérieure qui ont décidé à l’hiver 2011, lorsque des cercles occultes promettaient de propager la fièvre des printemps arabes dans la capitale, de ramener la jeunesse algéroise à de meilleurs sentiments.

D’aucuns furent étonnés de constater que les chefs émeutiers les plus féroces se transformèrent en de souriants vendeurs de pétards ce jour du Mawlid Ennabaoui qui mit un terme à ce vent de révolte importé.

On ne comprend donc pas pourquoi l’agitation du Sud, fondée sur des revendications précises et une opposition clairement exprimée contre l’exploitation d’une ressource naturelle qui présente des risques pour l’environnement, n’a pas reçu le traitement mérité.

Celui d’une confrontation d’arguments, qui devait passer par une concertation large et adossée à un discours scientifique indiscutable pour que les Algériens du Sud, conscients et engagés à protéger leur cadre de vie et le patrimoine des générations futures, puissent participer à la décision.

Un minimum, lorsqu’on prétend aspirer à la démocratie participative, slogan entendu à chaque fois que l’APN révise un texte portant sur l’organisation de la commune ou d’un autre démembrement de l’Etat. Mais, curieusement, le président de la République a voulu répondre à la colère citoyenne par l’annonce d’un redécoupage administratif au profit de la région en ébullition. 

Une promesse hors sujet qui n’a pas su établir le calme à In Salah et a eu comme effet pervers de provoquer des frustrations bruyantes dans les régions voisines. Le conseiller du Président qui a inspiré une si mauvaise manœuvre a-t-il été relevé ou continuera-t-il à sévir en soufflant sur les braises ? Nos lendemains nous le diront.

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