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Le rapport accablant de la GN sur la situation sociale

9 août 2016 | 19:44
Sofiane Abi

La Gendarmerie nationale a interpellé hier, dans un rapport trimestriel, les autorités publiques sur la grogne sociale qui,
malgré une légère baisse par rapport à l’année passée, est toutefois « préoccupante » en tenant compte, comme l’a expliqué
la Gendarmerie, des dépassements signalés lors des distributions de logements sociaux et de l’accès très difficile à l’emploi,
cela sans compter d’autres facteurs affectant la paix sociale.

« Les citoyens continuent de revendiquer des solutions à leur malaise et préoccupations à caractère social et liés à la vie quotidienne, par le recours à des attroupements sur la voie publique et à des grèves.

Ces mouvements de contestation sont liés essentiellement aux difficultés rencontrées, notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, à l’alimentation en eau potable, le raccordement en électricité et à l’amélioration des conditions de vie en général.

Ces préoccupations devraient être considérées comme étant une priorité des pouvoirs publics, qui n’ont ménagé aucun effort pour atténuer l’intensité des foyers de tension. ». C’est ce qu’a indiqué hier la Gendarmerie nationale dans son rapport du 2e trimestre 2016 sur la situation sociale, qui demeure fragile malgré les efforts déployés par les autorités publiques dans le cadre de sa politique sociale.

Le rapprochements avec les citoyens et les négociations avec les contestataires constituent le cheval de bataille de la Gendarmerie nationale pour faire face à la situation sociale qualifiée par l’institution de sécurité de « préoccupante ».

Le rapport, dont nous détenons une copie, ne s’arrête pas là puisqu’il indique que malgré la diminution constatée des attroupements et des contestations de citoyens, la paix sociale demeure « préoccupante » vu les nombreux facteurs majeurs à caractère social qui planent présentement. Cette fragilité de la situation est caractérisée par le nombre des interventions menées par les unités de la Gendarmerie au cours de la période allant de mars à juin dernier.

Sur ce registre, les gendarmes sont intervenus dans 493 cas d’atteintes à l’ordre public, avec une moyenne de 5 cas par jour, et ont arrêté 788 personnes, ce qui illustre une situation sociale « préoccupante » malgré une baisse de 14% par rapport à la même période de l’année écoulée, où il a été constaté 502 cas de trouble à l’ordre public.

« Durant le deuxième trimestre 2016, la paix sociale a connu une amélioration à travers l’ensemble du territoire national, qui se traduit essentiellement par la régression des attroupements et des contestations sociales, en comparaison avec la même période de l’année précédente.

Ce calme est le résultat de la réaction des pouvoirs publics par la prise en charge effective des préoccupations à caractère socioéconomique exprimées par les populations. Malgré la diminution constatée, la situation sociale reste préoccupante et demeure marquée par la récurrence des contestations à caractère social, se rapportant essentiellement au revêtement des routes, à l’alimentation en eau potable, au transport scolaire, au raccordement au réseau de gaz et d’électricité, à l’accès à l’emploi et à la distribution de logements sociaux », a expliqué le rapport de la Gendarmerie nationale.

Face à la situation sociale, les autorités administratives semblent ne pas prendre en charge les doléances des citoyens, pis encore, elles appellent souvent à l’intervention des gendarmes pour faire face à la grogne sociale. Cette façon de gérer les choses a été condamnée par le Commandement de la Gendarmerie nationale qui, à travers son rapport, a tiré à boulets rouges sur ce comportement irresponsable de certains responsables.

La Gendarmerie nationale a indiqué qu’au lieu de privilégier le dialogue, non d’utiliser la force, les autorités administratives continuent de choisir l’action des unités de la Gendarmerie pour faire face à la grogne. En se démarquant de ce comportement irresponsable, la Gendarmerie nationale a indiqué que sa politique de négociation et de rapprochement des administrateurs des citoyens constitue sa devise.

« L’action des unités de la Gendarmerie nationale s’est toujours caractérisée par l’information des autorités administratives, contribuant ainsi au rapprochement des administrateurs des citoyens pour favoriser et privilégier le dialogue au lieu de recourir à l’utilisation de la force publique », a rapporté la Gendarmerie.
Parlant des conséquences de la situation sociale, la Gendarmerie nationale n’a pas manqué l’occasion d’évoquer la délinquance et la criminalité qui, malgré une légère baisse durant le 2e trimestre, demeurent un facteur majeur et l’une des principales causes de cette situation.

Selon le rapport, la délinquance et la criminalité de droit commun, qui constituent un facteur qui affecte le sentiment de sécurité chez les citoyens, ont connu une baisse par rapport à la même période de l’année précédente. « Néanmoins cet environnement reste encore affecté par des comportements inciviques et indécents qui touchent à la sécurité publique », a affirmé le rapport.

Le rapport de force

Face à la grogne des citoyens, les unités de la Gendarmerie nationale ont été, parfois, contraintes d’utiliser la force pour rétablir l’ordre public. Sur le plan intervention, le rapport a estimé que durant le 2e trimestre, et dans le cadre du rétablissement de l’ordre, les unités de la Gendarmerie nationale ont exécuté 23 réquisitions, dont 11 avec l’emploi des moyens de maintien de l’ordre.

La comparaison avec le 2e trimestre 2015 fait ressortir une augmentation de 15% par rapport aux 20 réquisitions délivrées. Les wilayas concernées par la délivrance de réquisitions sont : Médéa, Alger, Boumerdès, Aïn Defla, Blida, Batna, Annaba, Guelma, Skikda, Mila.

Sur un autre plan, les unités de la Gendarmerie nationale ont exécuté 1 204 opérations coup-de-poing à travers le territoire national pour lutter contre les foyers abritant la criminalité, qui a enregistré une hausse de l’ordre de 3% par rapport au 2e trimestre 2015.

Ces opérations se sont soldées par l’identification de 591.286 personnes et 261 799 véhicules, avec l’arrestation de 1 456 personnes, dont 500 ayant fait l’objet de mandats de justice. D’autre part, le nombre des infractions aux lois spéciales a connu une baisse entre mars et juin passé.

Durant ladite période, l’activité des unités de la Gendarmerie nationale en matière de police judiciaire s’est caractérisée par l’établissement de 25 017 procédures réparties comme suit :
Concernant les affaires liées aux atteintes contre les personnes qui englobent les homicides volontaires, les coups et blessures volontaires, les menaces et les enlèvements, les unités de la Gendarmerie nationale ont traité 4 821 affaires. 98 affaires constatées d’homicides volontaires ont pu être résolues par les enquêteurs de la Gendarmerie nationale, atteignant un taux de réussite de 75,51%.

Plus fréquents, les coups et blessures volontaires demeurent l’infraction dominante dans cette catégorie avec 3 304 affaires, représentant un taux de 68,53%. Néanmoins, cette criminalité a enregistré une légère hausse de 1,04% par rapport à la même période de 2015. Les wilayas ayant enregistré un nombre élevé sont : Alger (423), Sétif (422), Oran (253), Tébessa (184), Béjaïa et Tizi-Ouzou (176 chacune).

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