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Face à d’éventuelles tensions sociales

Le président Bouteflika exige de dire la vérité

5 octobre 2016 | 19:55
Hocine Adryen

C’est la seconde fois que le président Bouteflika presse le gouvernement Sellal de dire la vérité au peuple. Pourquoi le Président insiste-t-il auprès de son Exécutif à libérer la parole ?

Le compte rendu du Conseil des ministres, qui a consacré sa réunion à loi de finances de 2017, n’a pas révélé les grandes tendances de cette loi de programmation pour l’année prochaine.

Il a juste rappelé que les subventions de certains produits de première nécessité au titre de transferts sociaux (lait, sucre, huile et semoule) seront maintenus ainsi que la politique dite de l’effort de l’Etat pour le développement social, notamment le soutien aux couches défavorisées.

Par contre, le compte rendu n’a soufflé mot sur une prochaine hausse de taxes de l’électricité, de l’eau, du gaz, du tabac et du carburant. De même que pour les autres produits annoncés, comme la taxe sur le logement et les produits électroménagers.

Par ailleurs, la taxe intérieure sur la consommation sera étendue et relevée pour certains produits dits « de luxe ». Déjà augmentée en 2016, la taxe (TIC) concerne notamment les véhicules de grosse cylindrée, les fruits exotiques, le saumon et le caviar. 

Le gouvernement envisage de mettre en place une taxation des marges sur les opérations de vente et de livraison de biens meubles d’occasion. Cela concernera notamment le marché des véhicules d’occasion.

Par ailleurs, la location des habitations individuelles sera soumise à un nouveau taux de 10% d’imposition sur le revenu global (IRG). Dans le même temps, les plus-values sur les cessions d’immeubles bâtis se verront imposées à hauteur de 5% (IRG) libératoire d’impôt. Ce prélèvement pourra néanmoins faire l’objet d’abattements (jusqu’à 100%) selon la durée de conservation du bien.

Autre mesure fiscale annoncée : les contrats de production et de diffusion de publicité faite au profit des produits non fabriqués localement feront l’objet d’une taxe spécifique.

Faut-il dire toute la vérité au peuple ?

Pour anticiper et atténuer d’éventuels mécontentements, le président Bouteflika a demandé au gouvernement « de dire la vérité », à travers l’information régulière des citoyens sur les difficultés et les enjeux, ainsi que sur la démarche économique (nouvelle politique économique) mise en œuvre pour rallier l’adhésion populaire « en cette période cruciale que traverse le pays », dit-il.

Aussi a-t-il exigé du gouvernement de favoriser un dialogue avec les partenaires économiques et sociaux, à l’effet de « désamorcer les tensions sociales qui ne manqueraient pas de se manifester à moyen terme ».

Le président Bouteflika a exigé du gouvernement de dire toute la vérité sur les réalités économiques, financières et sociales du pays. Le pays est-il entré dans une nouvelle étape exigeant des sacrifices exceptionnels, des mesures et des solutions inédites ?

Reste que la directive du président Bouteflika de « dire la vérité au peuple » ne doit pas rester lettre morte. Elle doit au contraire être érigée en une exigence de vérité pour couper court aux spéculations et aux manipulations. L’exercice du pouvoir politique a pour but l’instauration et la préservation d’une société ordonnée, stable, si possible juste.

Dès lors, la recherche de cette stabilité n’implique-t-elle pas qu’il faille parfois ne pas tout dire pour préserver l’ordre social ? Et pourtant c’est bien à une exigence, une revendication citoyenne de vérité que de tels secrets se trouvent souvent confrontés lorsque l’on en demande, par exemple, la levée. 

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