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Le poker menteur de Mohamed VI

9 novembre 2018 | 20:02
Algérie Maroc Hocine Adryen

Le roi du Maroc Mohamed VI croit bien faire en proposant son idée de relancer les relations bilatérales sur de bonnes bases. Il semble oublier tout ce que son trône a semé ces quinze dernières années. Il a été trop versatile et insolent pour effacer d’un seul trait les virulentes attaques à l’endroit de l’Algérie.

Lors de ses discours marquant les anniversaires de son accession au trône, il n’hésitait jamais à s’en prendre à l’Algérie et à ses dirigeants. Comment aujourd’hui peut-on oublier ce passif et proposer un canevas pour la résolution des problèmes -et ils sont nombreux- sans se remémorer ses attaques aussi inutiles que gratuites ? Le roi du Maroc est allé trop loin dans ses résurgences. De son côté, l’Algérie n’a jamais usé d’un ton belliqueux et encore moins de propos désobligeants à l’encontre de dirigeants alaouites. En 1994, Hassan II avait unilatéralement décidé d’instaurer des visas d’entrée pour les Algériens à la suite de l’attentat terroriste d’un hôtel à Marrakech, accusant les forces de sécurité algériennes d’en être les commanditaires tout en faisant subir une humiliante chasse à l’homme aux Algériens présents au Maroc.

L’Algérie, qui avait décidé de faire jouer la réciprocité, a fermé sa frontière en 1994. Le Maroc croit-il pouvoir encore une fois duper l’Algérie ? Les Algériens n’ont pas oublié les sévices et autres humiliations qu’ils avaient endurés à l’époque des faits. En 2005, le Maroc a encore une fois montré la pleine mesure de son arrogance. Invité à se rendre au Maroc, Ahmed Ouyahia, alors chef du gouvernement, a été déclaré persona non grata-celui-ci se préparait à discuter de grands dossiers, dont celui des frontières. L’initiative algérienne n’a jamais reçu d’écho favorable de la part des autorités marocaines. Ces dernières voulaient toujours inclure le dossier du Sahara occidental. Alors, annoncer que Rabat « continue de prendre des initiatives en toute sincérité pour rétablir des relations normales entre le Maroc et l’Algérie » est un leurre.

En fait les autorités marocaines, en appelant à faire table rase du passé, sont beaucoup plus soucieuses de ranimer l’économie de l’est et du sud-est du Maroc que de véritablement souhaiter une normalisation des relations politiques qui, elle, est placée en seconde ou troisième position dans les priorités du roi du Maroc. Ses soucis : lutter contre le chômage, la pauvreté galopante, l’inflation et une crise économique qui perdure dans cette partie du royaume chérifien. Dernière accusation en date : le Maroc accuse l’Algérie d’abriter des mercenaires iraniens lesquels sont accusés à leur tour de fournir des armes aux militaires sahraouis. Pour mémoire, le 1er mai, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a annoncé posséder des « preuves irréfutables » et des « données très précises » qui le démontrent. Selon Rabat, le soutien miliaire dont aurait bénéficié le Front Polisario serait à travers le Hezbollah, mouvement chiite libanais allié de Téhéran, et l’implication de l’ambassade de Téhéran à Alger pour lui livrer des armes de pointe, notamment des missiles Sam 9, Sam 11 et Strela. Le ministère algérien des Affaires étrangères a catégoriquement réfuté le 2 mai les allégations marocaines concernant « une implication directe de l’Algérie » dans une supposée opération de livraison d’armes du mouvement chiite libanais Hezbollah au Front Polisario, qui aurait transité par l’ambassade d’Iran à Alger. Plus près encore dans un entretien avec la Chaîne France 24 en marge du sommet de l’UA à Nouakchott, Nasser Bourita a fait de nouveau dans la provocation et travesti la réalité. Il a expliqué que l’Algérie est l’acteur principal dans le dossier sahraoui : « Par le passé, il y avait deux parties, deux États en conflit. Aujourd’hui, il y a une reconnaissance qu’il y a d’autres parties qui ont un rôle dans le dossier. L’acteur principal pour nous est l’Algérie. Tout le monde sait qui abrite, qui finance, qui mobilise son appareil diplomatique dans ce dossier », a-t-il affirmé.

Et la liste est longue à énumérer. Le geste du roi du Maroc n’a rien d’exceptionnel. Il s’agit plutôt d’une diversion diplomatique dans un but caché que d’une vraie volonté d’apaiser ses relations avec l’Algérie. Comme son père Hassan II, Mohamed VI tente un coup dernier de poker menteur. Mais cette fois, il joue avec un Etat qui n’affectionne pas les jeux d’enfants ni leurs caprices.

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