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Le panel sur le fil du rasoir

25 août 2019 | 19:30
APN Karim Younès Aziza Mehdid


Soumis une forte pression de pans entiers au sein de la classe politique et la société civile depuis son installation le 25 juillet dernier, le panel de dialogue et de médiation que dirige Karim Younès poursuit ses concertations auprès des différents partis et personnalités dans un climat politique national tendu.


Après plusieurs rencontres la semaine dernière avec Talai El-Houyat, Jil Jadid, et le Front El-Moustakbal, l’équipe de Karim Younès a été reçue hier par le président du Mouvement El-Binna, Abdelkader Bengrina en son siège. Le panel, visiblement, se force à conduire la mission de dialogue, alors qu’il subit des critiques de toutes parts. Si Bengrina prône le dialogue et le retour à l’ordre constitutionnel, il n’en demeure pas moins dubitatif quant à la réussite de la mission du panel. Bengrina est allé prendre langue avec les sociétaires de l’équipe Younsi pour leur livrer une feuille de route de huit points qui tient compte à la fois des revendications du hirak et réclame l’exclusion des partis ayant participé au désastre durant les 20 dernières tout en accordant à l’armée le rôle de garante de la phase de changement escomptée par son parti. Pour le leader islamiste, la mission du panel est loin de correspondre aux visions qui circulent dans la sphère populaire et politique. Au lendemain de sa mise en place, la commission de dialogue a été sévèrement critiquée lors de la 23e marche populaire et ses premiers membres violemment conspués. L’économiste Smail Lalmas, un des six premiers membres du panel reçus par le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah à la présidence de la République, s’est retiré juste après le discours du chef de l’état-major refusant les préalables posés par l’Instance de dialogue en vue d’amorcer une démarche politique sérieuse et responsable. Lalmas avait déclaré qu’il subissait une affreuse pression de la part du Hirak, considérant illégitime cette même Instance qui, trois jours après, a vu le retrait d’un autre membre à savoir Azzedine Benaissa, professeur à l’université de Tlemcen.


D’autres personnalités approchées pour adhérer à l’équipe de Karim Younès, tels le syndicaliste Lyes Merabat, le sociologue Nacer Djabi, l’activiste politique Islam Benatya ou encore le militant pour les droits de l’homme Said Salhi, ont aussitôt décliné l’offre.


Pour le militant des droits de l’homme et avocat Ali Yahia Abdennour, « le panel de dialogue n’est pas sur la bonne voie ». Il avait reçu, la semaine écoulée, les membres de la commission de dialogue en son domicile suite à leur demande, et préféré aller droit au but en rendant son verdict sur la démarche entreprise par l’ancien président de l’APN et ses collègues. « Pour moi, le panel de dialogue et de médiation mis en place n’est pas sur la bonne voie pour apporter les réponses aux attentes de la ²population », assène-t-il dans un message. Le dernier des doyens du mouvement national de la lutte de libération nationale et fervent défenseur des droits et des libertés en Algérie préconise aux membres du panel « d’explorer d’autres moyens pour aller réellement dans le sens des revendications reprises par des millions d’algériens chaque vendredi ».


De son côté, la communauté estudiantine, fer de lance du mouvement populaire du 22 février 2019, s’inscrit dans cette optique et n’a de cesse d’exprimer chaque mardi son rejet, en bloc, de l’initiative de Karim Younès. Ils estiment qu’il y a anguille sous roche ! « Ce panel n’est pas l’émanation du peuple, il ne peut pas être légitime », nous a indiqué Inès, étudiante à la Faculté centrale et membre d’une des structures ayant émergé du Hirak. D’autres étudiants dénoncent le fait que le panel procède, à tort et à travers, à des rencontres de consultation avec les organisations partisanes et estudiantines (FLN, RND, UGEL) appartenant à l’ancien régime,


faisant ainsi la sourde oreille aux revendications du peuple. « Les anciennes organisations estudiantines impliquées dans la crise qui secoue actuellement le pays ne peuvent plus représenter les étudiants, et encore moins être partie prenante dans la solution à ce blocage », martèle Anis, étudiant à l’Université de Bab Ezzouar.


Une position que les étudiants ont réitérée lors de leur 26e marche à travers le fameux slogan : « Makach hiwar m3a el3issabat » (pas de dialogue avec les gangs), scandé à l’envi devant le siège de l’Instance en question rue Larbi-Ben-M’hidi.


Aussi, les dynamiques de la société civile qui se sont réunies avant-hier à Alger avec les différents partis politiques ainsi que d’autres personnalités nationales dans le cadre d’une conférence consultative, soulignent la nécessité de revoir la copie du dialogue national de sortie de crise. Pour le sociologue Nacer Djabi, « l’Instance de dialogue souffre dès sa naissance d’une crise identitaire ». « Ses membres tergiversent quant à l’origine de cette initiative, chose qui a vite mis à mal leur crédibilité et acculé la mission de dialogue à un sort incertain », estime-t-il. Ces postures signifient que l’adhésion au projet du panel est loin de faire l’unanimité prolongeant en demeurant les projections d’une sortie de crise.

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